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05/03/2015

L'eau, un bien commun à préserver collectivement

La Lergue, la Vis, la Buèges et l'Hérault sont les principaux cours d'eau qui jalonnent mes promenades dans ce très beau canton du nord de l'Hérault, mais la ressource en eau de ce vaste territoire situé au pied du plateau de l'Escandorgue, du causse du Larzac, du causse d'Hortus (les plus connus) et de la montagne de la Séranne suscite autant de craintes que de certitudes. Ni la croissance démographique sur ce 11ème canton ni ses activités humaines ne font craindre de pénurie durable de la ressource, mais sa qualité reste très sensible et elle suscite l'attrait des zones plus urbaines au sud.

Le lac du Salagou en est un exemple significatif. Ce réservoir construit en 1968 avait une vocation agricole, à savoir d'alimenter l'Hérault d'où les agriculteurs pourraient pomper l'eau nécessaire pour leurs exploitations. Et puis les besoins agricoles ont été moins prégnants, et le site s'est transformé en un très bel espace pour le tourisme et pour les loisirs. Deux usages concurrents de cette centaine de millions de mètres-cubes d'eau s'affrontent, l'usage hydraulique contre l'usage touristique.

Or, le réchauffement climatique comme la pression démographique dans le département de l'Hérault nous incitent à préserver cette ressource. Il ne doit pas être question de pomper sans mesurer au préalable les impacts environnementaux, mais il ne faut pas non plus avoir des positions trop dogmatiques (ou trop individuelles). L'eau est un bien commun, et si sa consommation au robinet ne peut pas se faire gratuitement, sa marchandisation alimente bien trop d'appétits.

Il nous a semblé évident, à nous quatre candidats écologistes et citoyens sur ce canton d'organiser une réunion publique sur le thème de l'eau. Ce sera à Soubès le lundi 16 mars à 18h30. Quel est l'état de la ressource ? Quels en sont les usages ? Quelle est la qualité de l'eau des nappes souterraines et de nos rivières ? Qu'attendre des structures (privées ou publiques) qui gèrent la ressource et qui alimentent les abonnées en eau potable ? Que penser de la tarification sociale ou saisonnière de l'eau ? Intercommunalités et syndicats mixtes de bassin versant sauront-ils rapidement se coordonner pour gérer les milieux aquatiques et prévenir des inondations ? Le Département continuera-t-il d'être solidaire des communes et de leurs regroupements pour investir dans la réhabilitation et la modernisation de leurs réseaux et de leurs équipements d'adduction d'eau potable ? Voilà tant de questions qui nécessitent que nous en parlions, que nous prenions des décisions et que nous menions les évaluations nécessaires pour améliorer nos orientations et nos pratiques.

Bien évidemment, le permis d'explorer des hydrocarbures conventionnels ou des gaz de schiste sur ce territoire (cf. Permis de Nant) ne doit plus jamais être accordé à quiconque. Il ne manque pas de résidus industriels  qui peuvent polluer nos eaux sur ce territoire pour y ajouter les cocktails de produits chimiques de la fracturation hydraulique !

Ce qui nous guidera si nous sommes élus, et cela vaut bien au delà de la problématique de l'eau, c'est l'écoute et la participation citoyenne. Déjà, une décision politique ne doit pas se prendre sur la seule base des dossiers commandés à des bureaux d'étude, il est indispensable d'écouter les acteurs de terrain. Il vaut mieux interroger un pêcheur sur l'état des rivières ou un vigneron sur l'état des vignes plutôt que de le demander à un ingénieur assis dans un bureau à Montpellier ou ailleurs ... Trop souvent, et nous le voyons avec les conseillers généraux du Tarn à propos du barrage de Sivens, les élus affichent leurs certitudes sans jamais mettre en balance des avantages et des inconvénients. A les écouter, il n'y aurait toujours que des avantages ... Ensuite, un projet éclairé par des avis multiples doit faire l'objet d'une concertation avec les citoyens. En fonction de la taille du projet, la concertation peut concerner les habitants d'un village ou les associations et les professionnels d'un territoire plus étendu, mais si cela doit dépasser les limites d'un bassin de vie, alors il faut faire l'effort d'y mettre les formes. Il est intéressant pour cela de visiter le site web de la commission nationale du débat public (CNDP), avec par exemple la possibilité offerte à ceux qui veulent se faire entendre de pouvoir diffuser un cahier d'acteur.

Mais je ne peux pas achever cette note sans évoquer un sujet vivement polémique sur ce canton, il s'agit de la source des Cents-Fonts sur la commune de Causse-de-la-Selle. Déjà en 2005, quand le Président André Vézinhet avait lancé parallèlement des essais de pompage et des réunions de concertation, j'avais pris position en tant que Secrétaire départemental des Verts de l'Hérault (cf. communiqué de presse de juillet 2005). Dix ans plus tard, les installations d'essai sont toujours en place alors que les études in situ ont démontré que cette source-là ne répond pas du tout aux attentes d'approvisionnement du territoire du Grand Pic Saint-Loup. Pire, les pompages altèrent la qualité du milieu. Aussi, le principe pollueur-payeur nous permettra de plaider au sein de la future assemblée départementale pour que le site des Cents-Font soit remis dans son état naturel de l'époque.

Le sujet de l'eau est passionnant ... et souvent passionné. Mais il doit être abordé avec les acteurs de terrain, sans tabou et avec modestie. Et nous commencerons dès le 16 mars 2015 à Soubès.

Commentaires

c'est quand les élections ?
y a plein de débats qui s'ouvrent en ce moment...

Écrit par : vieille dame | 05/03/2015

Le premier tour est le 22 mars, et le second le dimanche suivant. Vu les persectives de participation et vu les conditions pour se maintenir au second tour, seuls les deux premiers du premier tour pourront aller au tour suivant. Il ne faut donc pas se tromper le 22 mars.

Écrit par : DUPONT Laurent | 05/03/2015

Les commentaires sont fermés.