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24/11/2014

Une envie de ... révolution !

Je signalais dans une récente note qu'un parlementaire UDI avait déposé un amendement à l'Assemblée nationale sur le projet de loi de finance 2015 pour revenir sur le jour de carence des fonctionnaires ; l'amendement a été rejeté par la majoriité.

Et là, le 21 novembre en commission des finances du Sénat, toujours sur le projet de loi de finances pour 2015, c'est Monsieur Albéric de Mongolfier, rapporteur général de la commission des finances, qui a fait passer un amendement pour infliger trois jours de carence aux fonctionnaires qui sont en arrêt maladie.

Montgolfier.JPG

Et qu'est-ce qui motive ce parlementaire ? Tout d'abord la lutte contre l'absentéisme. Le texte de son amendement évoque des statistiques de l'INSEE et du groupe SOFAXIS qui expliquent que par défaut de jour de carence les fonctionnaires en profiteraient un maximum ... SOFAXIS est un courtier en assurances, principal partenaire des collectivités territoriales et des hôpitaux, mais ça reste une société financière qui aimerait bien que les fonctionnaires souscrivent demain une garantie complémentaire pour couvrir ... les jours de carence. CQFD !

L'autre argument de notre sénateur, ce sont les économies pour le budget de l’État et des établissements publics. Avec trois jours non rémunérés pour les arrêts de travail des fonctionnaires, c'est environ 500 millions d'euros qui pourraient ainsi être économisés !

Enfin, le citoyen de Montgolfier voit dans son amendement une mesure d'équité. Puisque les salariés du privé ont 3 jours de carence, alors les fonctionnaires doivent s'aligner ... toujours vers le bas, bien entendu. Il ne serait pas venu à l'idée de l'élu qu'on pourrait aussi supprimer les 3 jours de carence dans le privé ;-) Car en matière d'égalité, le texte de l'amendement reconnait que deux tiers des salariés du privé voient leurs jours de carence pris en charge par leur employeur.  Alors que pour les fonctionnaires, leurs employeurs seraient dans l'impossibilité d'outrepasser la loi !

Cf. texte de l'amendement (format HTML / format JPEG)

Mais la principale question, celle de l'accès aux soins de personnes à faible revenu n'est jamais évoquée. Monsieur de Montgolfier ne donne pas dans son amendement le nombre de français qui renoncent à se faire soigner parce que leur activité professionnelle ne leur en laisse pas le temps ou  que le coût est souvent rédhibitoire ; et en ne soignant pas de petits maux on s'expose à des accidents plus sévères. Mais ça, le sénateur de Montgolfier s'en moque totalement.

Alors oui, quand on voit de tels propositions soumises, et parfois adoptées par le Parlement, ça donne envie d'aller renverser ces pouvoirs altiers. Je crains que les élites de la République, qu'elles soient politiques, financières, journalistiques ou énarchiques, ne comprennent pas les soulèvements populaires qui naissent ici et là. On peut minimiser chaque manifestation, stigmatiser les débordements, mais c'est une colère profonde qui s'exprime à chaque fois; Jusqu'à ...

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