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15/11/2014

Accord législatif PS/EELV, un anniversaire que personne ne souhaite célébrer ...

C'est le 15 novembre 2011 que les deux formations politiques menées par Martine Aubry (PS) et Cécile Duflot (EELV) s'accordaient sur un contrat de mandature. Au menu : dominer la finance, réorienter l'Europe pour un monde plus solidaire (système bancaire, mondialisation, multilatéralisme), un nouveau modèle de développement économique, social et écologique (produire autrement, travailler tous et travailler mieux, un impôt plus juste, plus citoyen et plus écologique), la transition énergétique, la qualité de vie au quotidien, l'avenir de notre jeunesse ou encore une République nouvelle. Trois ans après, l'état des lieux est n'est pas réjouissant ...

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En matière financière, les banques sont aujourd'hui les structures économiques les mieux rétablies après la crise de 2008. La séparation entre les banques d'affaire et les banques de dépôt est inexistante, et l'Europe a donné aux établissements bancaires tous les outils pour se développer. La BCE leur prête à des taux historiquement bas, et les banques établies au Luxembourg ont profité du dumping fiscal offert aux grandes multinationales. Sur l'Europe, c'est un fiasco complet. L'Union européenne négocie des accords avec le Canada et avec les États-Unis, au détriment des citoyens européens, et elle est incapable de promouvoir sur le vieux continent des politiques industrielles pérennes. Les distorsions sociales au sein des états membres accentue les échecs économiques nationaux (cf. situation de la Bretagne), et puis elle reste un nain politique sur la scène internationale. Les intentions des socialistes en novembre 2011 se sont traduites par des politiques libérales depuis 3 ans, et le parti de la rue de Solférino est bien plus proche politiquement de l'UDI, du Modem et de l'UMP que des autres formations de gauche. J'ai déjà évoqué dans une précédente note l'échec de ce Président vis à vis de la jeunesse, et nul n'ignore son ignorance totale pour les enjeux écologiques.

Les écologistes y auront toutefois gagné un groupe à l'Assemblée nationale. Cela leur donne une plus grande visibilité politique, mais le pouvoir corrompt et beaucoup trop de parlementaires écologistes s'enlisent dans une posture de vassalisation. A l'Assemblée, Isabelle Attard et Noël Mamère ont quitté EELV, et au Sénat c'est Marie-Christine Blandin qui a fait de même au printemps. Cela témoigne du fossé qui sépare les écologistes à l'écoute de la société et les écologistes institutionnels.

Désormais, et vu le paysage politique national, il ne reste plus à EELV que d'incarner une écologie debout. Loin de la résignation ou de la colère, nous devons au contraire affirmer l'urgence à mettre en œuvre la transition écologique de nos sociétés modernes. Et cela sans se compromettre dans des négociations de marchands de tapis ...

L'année 2015 donnera l'occasion aux écologistes de défendre leur projet lors de deux scrutins : les départementales en mars et les régionales en décembre. Pour ces élections-là, c'est l'autonomie qui doit prévaloir. De toutes façons, nous savons d'expérience que les accords électoraux sont toujours plombés par des dissidences bien parrainées, et quand nous arrivons dans les assemblées c'est bien souvent pour servir de garde-fou. Oui, c'est salutaire d'avoir des élus écologistes pour ne pas laisser les élites politiques glisser dans le laisser-faire 100% libéral, mais ce serait mieux que les écologistes puissent réellement peser sur les politiques publiques locales, nationales et européennes.

18:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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