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07/11/2014

La jeunesse, totalement incomprise par ce gouvernement anachronique

C'était une promesse de campagne du candidat François Hollande : «Je veux redonner confiance dans l’avenir et retrouver la promesse républicaine, et d’abord pour notre jeunesse». Et dans son livre programme de février 2012, titré "Changer de destin", François Hollande précisait : «La jeunesse est la grande sacrifiée de la société française (...) C’est pourquoi j’ai décidé d’en faire la grande cause de cette élection».

Puis cette ambition pour la jeunesse s'est ensuite déclinée sur deux axes, le premier concerne l'emploi des jeunes (contrat de génération, emplois d'avenir, ...), et le second l'école avec le recrutement de 60000 postes dans l’Éducation nationale.

Mais la jeunesse n'a plus confiance dans cette classe politique qui l'invite uniquement à revivre "Les Temps modernes" de Charlie Chaplin (1936). Alors que pendant toute l'enfance les jeunes ont accès de plus en plus facilement à des équipements, à des services et à des outils modernes qui rendent la vie en société plus agréable, plus confortable et plus égale, le passage à la vie active est évidemment un choc. Et les jeunes sont nombreux à refuser cette société-là ...

Un premier exemple de jeunesse qui aspire à un autre monde, ce sont tous ceux qui militent pour l'environnement, une cause que eux ne négligent pas. Les plus radicaux d'entre eux se retrouvent sur les zones à défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes ou de Sivens, et ils ressemblent à nos enfants. Cela me permet d'ailleurs de rendre hommage à Rémi Fraisse, ce jeune de 21 ans tué par les gendarmes le 26 octobre 2014.

Remi_Fraisse.jpg

Ces jeunes alternatifs sont la cible constante des forces de l'ordre, leurs actions étant même parfois assimilées à du terrorisme par les pouvoirs publics. Souvenons-nous de Michèle Alliot-Marie en 2008 ! Madame la ministre de l'intérieur voyait dans ce groupe d'intellectuels vivant à Tarnac "une structure à vocation terroriste" issue d'un mouvement "anarcho-autonome d'ultra-gauche" ...

Mais à côté de ces jeunes qui vivent collectivement en marge de notre société consumériste mondialisée, d'autres font le choix d'une radicalisation religieuse. Dans l'Hérault, beaucoup restent encore sans voix devant l'information de ces quatre jeunes de Lunel qui sont morts en Syrie le 19 octobre. Au total, c'est un groupe d'une dizaine de jeunes qui ont grandi à Lunel, qui ont été à l'école de la République et certains d'entre eux ont même une belle réussite scolaire et un avenir professionnel, et qui sont partis en Syrie cette année.

Se convertir à l'islam et se radicaliser au point de ne trouver de sens à sa vie qu'en allant mourir en guerre sainte, ça constitue un échec de notre société moderne. Et il ne s'agit pas que d'un phénomène de cités ; des jeunes de toutes les classes sociales et de tous les territoires sont concernés. Il s'avère néanmoins que le basculement dans un islam fondamentaliste correspond souvent à un passage à vide existentiel, comme ce jeune breton tué ce 5 novembre et qui s'était convertit à l'âge de 13 ans alors que ses parents divorçaient.

Les statistiques nationales révèlent aussi un accroissement des actes de violence chez les jeunes, violences contre eux-mêmes, violences entre eux et violences contre les biens et les personnes dans les espaces privés comme publics.

Quel avenir proposons-nous à notre jeunesse ? Aucun ! Enfin, comme nos gouvernements n'ont de projets que pour les entreprises, il faudrait que les jeunes trouvent à s'épanouir dans un cadre professionnel ... Mais à défaut de travail, ce sont donc les jeunes eux-mêmes qui aspirent à construire une société plus en adéquation avec leurs idéaux. Alors, pourquoi ne pas les y aider ?

19:56 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

« Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête » - Thierry Carcenac, Président socialiste du Conseil général du Tarn.

Le journaliste Frédéric Denhez, chroniqueur pour CO2 mon amour, sur France Inter, conclue ainsi sa tribune dans Libération : « Ainsi, le barrage de Sivens n’est-il que l’enfant ultime d’une féodalité élective et productiviste qui ne représente qu’elle-même. Il sera le dernier. Car une double révolution, sympathique et calme, est en cours, agricole et politique. Celle de la légitimité. Qu’a-t-on le droit de faire, en définitive ? Ce qui est juste pour demain ».

http://www.liberation.fr/terre/2014/11/03/sivens-la-double-revolution_1135307

Écrit par : Laurent Dupont | 09/11/2014

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