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01/11/2014

La gauche française est éclatée, mais qu'en est-il de la gauche mondiale ?

Le journal Libération a publié le 26 octobre la synthèse d'une étude commandée à la société d'études et de conseil Viavoice sur l'identité de la gauche (cf. rapport d'étude) ; et Libération d'en conclure que le peuple de gauche est une famille décomposée.

Cette étude vient percuter la théorie selon laquelle il n'y aurait plus de gauche ou de droite, mais qu'il y aurait des mouvements anti et pro-système, anti ou pro-mondialisation, etc. La proximité politique d'un Manuel Valls et d'un Alain Juppé alimente cette confusion des genres, et Libération a bien du mérite à vouloir faire perdurer une "famille de gauche".

Gauche de Libe.JPG

La carte ci-dessus dessinée par Libération représente des composants aujourd'hui non réconciliables ; trop de valeurs fondamentales propres étant des casus belli. D'Emmanuel Macron à Jean-Luc Mélenchon, c'est l'adhésion au système économique dominant qui en fait des adversaires durables. Idem entre des écologistes et des communistes sur le productivisme ou le consumérisme ; si pour les premiers le monde pourra toujours produire et consommer plus, nourrissant le dogme de la croissance infinie, les seconds alertent sur la finitude de notre planète. Et cette gauche-là serait bien incapable de présenter un programme commun pour la prochaine mandature 2017-2022.

De l'autre côté de l'échiquier politique, la droite pourrait aussi se répartir sur deux axes ; un premier axe "pro ou anti-système économique et social", et un second axe "nationalisme et protectionnisme". Et là aussi nous observons des conflits irréconciliables entre les composants de la droite.

Mais ces agitations politiques ont-elles l'importance que les médias leurs accordent ? Les français ont le sentiment que leur avenir dépend de moins en moins des politiques, et que les grandes orientations économiques et sociales, sous couvert d'intérêts financiers mondialisés, se discutent dans des salons feutrés entre grands de ce monde. Il y a un siècle, c'est le communisme qui a agrégé toutes les formes de contestation contre le système mondial ; Jaurès refusait la guerre où les prolétaires des pays en conflit ne sont que de la chair à canon pour les intérêts du capitalisme. Cette capacité internationale du communisme à être une force de contestation puissante a aujourd'hui totalement disparue. Les politiques d'austérité menées ces dernières années ont vu se développer des mouvements contestataires en Grèce, en Espagne et en Italie, mais même à l'échelle européenne la famille des contestataires reste difficile à fédérer. Et s'il continue d'y avoir des mouvements contestataires, sur tous les continents du monde et pour des sujets sociaux ou environnementaux, il manque un réel contre-pouvoir au système.

Il faut d'ailleurs noter que le renforcement des pouvoirs et des compétences accordées aux régions rend plus difficile encore la synthèse des courants politiques. La réforme territoriale voulue en France par le gouvernement de Manuel Valls vise à construire "des régions stratèges qui pourront faire face à la compétition mondiale". Chez nos voisins proches, la compétition entre régions est féroce. En Allemagne, certains länders "riches" rechignent de plus en plus à aider les plus "pauvres". En Espagne, la volonté d'autonomie de la Catalogne s'accompagne aussi d'un rejet d'alimenter sans fin et sans contrepartie l'économie espagnole ...

Alors, à quand un même sondage à l'échelle mondiale ? Avec Evo Morales, Rafel Correa, Pablo Iglesias Turrión, Alexis Tsipras, ... pour illustrer la carte des gauches mondiales ...

viavoice.JPG

16:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gauche mondiale

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