Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

20/10/2014

Départementales des 22 et 29 mars 2015 : le PS pourrait perdre l'Hérault ...

C'est peu dire que les solfériniens enchaînent les uppercuts qui laissent le Parti Socialiste groggy, et Jean-Christophe Cambadélis est bien impuissant à redresser la barre. Ce climat national se répercute localement, et les dernières élections européennes de mai 2014 ont témoigné du divorce entre les citoyens et leurs représentants politiques ; les trois quarts des électeurs ont préféré  ne pas aller voter ou voter pour Marine Le Pen.

Le principal responsable de cette Bérézina électorale est le Président de la République qui met à mal sa propre famille politique ; les frondeurs ne font pas florès et des leaders comme Martine Aubry sont contraints à une critique très diplomatique. Or, les français rejettent de plus en plus le système politique qui est au pouvoir depuis le début de la 5ème République. Il n'y a d'ailleurs plus de clivage gauche-droite, mais il y a un clivage entre ceux qui adhèrent (et profitent) du système et ceux qui veulent la rupture.

C'est dans ce contexte que vont se dérouler les élections départementales au printemps 2015. J'ai déjà rédigé une note sur la difficulté à faire campagne quand les compétences des départements ne seront connus qu'en janvier ou février 2015, et j'ai aussi rédigé une autre note sur l'émergence des représentants de l'anti-système.

Or, le maire de Montpellier Philippe Saurel annonçait officiellement ce week-end qu'il allait présenter des candidats dans tous les cantons de la métropole ; et il a présenté son quatuor pour le 3ème canton de Montpellier (Michèle Dray Fitoussi et Sauveur Tortorici comme titulaires, Valérie Barthas et Ghislain Balsan comme remplaçants). Si Philippe Saurel s'impliquera directement sur les 5 cantons de Montpellier, il aura une influence sur les 4 autres cantons extra-muros qui se situent dans l'agglomération (Castelnau-le-Lez, Castries, Lattes et Pignan).

Saurel_Vezhinet.JPG

  Au total, ce sont 18 conseillers départementaux "sauréliens" qui pourraient siéger dans la future assemblée départementale. Car un an après son élection comme Maire et comme Président de l'Agglomération, puis quelques mois après la création de la Métropole (au 1er janvier 2015), les électeurs de l'aire urbaine de Montpellier seront enclins à lui donner d'autres clés pour réussir dans ses projets, et pour leur intérêt général. Philippe Saurel sera là dans une dynamique conquérante, et avec le souci de peser dans le duo qu'il animera avec Toulouse.

Au delà de Montpellier, le redécoupage des cantons et le mode de scrutin qui fait élire deux conseillers départementaux avec un seul bulletin de vote est assez favorable à la droite. Sur le littoral et sur le bittérois, l'UMP peut faire élire plus de 10 conseillers départementaux. Et les candidats de Marine le Pen pourraient aussi faire leur entrée à l'Hôtel du Département.

Alors que reste-t-il à la majorité départementale sortante ? C'est indéniablement sur les cantons ruraux que le Parti Socialiste reste le mieux enraciné, mais là non plus il n'est pas à l'abri de candidatures "anti-partis". Par exemple sur le 6ème canton de Clermont l'Hérault (regroupé avec les cantons de  Bédarieux, Lunas et St-Gervais-sur-Mare), les maires des deux plus grosses communes évoquent un possible ticket. L'émergence de ces maires-candidats non encartés pose le problème de la cohérence du projet politique sous-jacent. Quand Europe Ecologie Les Verts présente des candidats dans l'Hérault, ils portent un projet commun, projet qui sera le fil conducteur de leur mandat. Mais avec des candidatures isolées qui s'agrègent au lendemain du scrutin pour former un groupe politique, quel sera alors leur projet commun ?

Pour un militant politique, cette élection à venir est vraiment déroutante. Nous savons qu'elle ne déplacera pas beaucoup d'électeurs, les programmes ne pourront pas s’appesantir sur des politiques publiques qui ne seront connues qu'un mois avant la date du scrutin, une nouvelle aristocratie politique (de premiers magistrats) supplante les partis et l'avenir même de l'institution concernée est incertain ... Et si on tirait au sort 25 femmes et 25 hommes issus des listes électorales des 343 communes du département ?

Les commentaires sont fermés.