Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

26/08/2014

Pendant que Rosetta sonde une comète pour découvrir les clés de l'origine du monde, nous sommes hypnotisés par un bien mauvais feuilleton politique

Au lendemain des journées d'été d'Europe Écologie Les Verts à Bordeaux et aujourd'hui en plein mélodrame gouvernemental, les médias ont un peu trop vite réduit les écologistes à deux courants : le premier plus radical exigeant une rupture avec le modèle économique dominant et le second très pragmatique revendiquant que c'est seulement en exerçant le pouvoir que l'on peut faire bouger les choses. En gros, je décris ici les stratégies respectives de Cécile Duflot et de Jean-Vincent Placé.

Mais l'écologie politique ne se réduit pas à des stratégies politiciennes, il y a d'abord un socle programmatique qui revendique des alternatives au productivisme et au consumérisme. Et un écologiste ne se demandera pas "comment et à qui redistribuer les fruits de la croissance", ce qui renvoie aux stratégies économiques de l'offre ou de la demande. Pour un écologiste, il y a d'abord une planète dont le stock de ressources planétaires pour 7 milliards d'être humains a fini d'être consommé le 19 août pour l'ensemble de l'année 2014 ; depuis le 20 août, nous exploitons les ressources des années à venir ... Et il s'y ajoute que notre activité humaine pollue la planète (l'eau, l'air et les sols), et qu'elle altère durablement son climat.

jour_depassement_ressources_planete.gif

Aujourd'hui, le parti Europe Écologie Les Verts est soumis à des tensions internes semblables à celles que connait le Parti Socialiste. Un militant sincère et passionné comme Gérard Filoche est à cent lieues d'un ministre pétri de sociale démocratie. Et tout comme le PS pourrait exploser demain face à ces mouvements de plaques tectoniques, EELV pourrait aussi se décomposer. Mais ce serait aussi plus honnête dans notre démocratie que chacun suive ses convictions plutôt que la ligne d'un parti politique (cf. Winston Churchill : « Certains changent de conviction pour leur parti, moi je change de parti pour mes convictions »). Et ces partis qui ne sont plus que des écuries électorales sont rejetés par le peuple, car dès l'élection passée les élus ne font plus que ce qui servira leur réélection ...

Ce qui nous manque cruellement, ce sont des formations politiques qui fassent naître des idées nouvelles adaptées aux circonstances, et puis que ces formations s'accordent selon le principe de l'autonomie contractuelle pour gouverner ensemble, chacune faisant avancer ses projets dans le souci de l'intérêt général. Qu'importe donc l'avenir d'un Arnaud Montebourg ou d'un Manuel Valls si leurs idéaux sont occultés par l'affichage de leur envie de se présenter à la présidentielle de 2017 ?

Autrement, c'est le Front National qui fait office de voiture-balaie des déçus de notre démocratie. La qualité de vie régresse, les inégalités sociales s’accroissent et le lien social se dissout dans une société de plus en plus individualiste ; cela génère des peurs et donc la tentation de se raccrocher à tout ce qui peut rassurer, même quand c'est irrationnel.

Et la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, ne cache-t-elle pas des mystères bien plus passionnants que ces quelques joutes éphémères ?

Comete.jpg

Commentaires

Je lis et entends les commentaires sur ces "frondeurs" qui n'oseraient pas aller au bout de leur démarche, trop peureux de perdre leur mandat de député à cause d'une dissolution à laquelle conduirait leur refus de voter la confiance à Valls II. Mais si les français devaient prochainement voter à nouveau pour leurs députés, est-ce que ce ne sont pas les députés godillots qui risqueraient le plus de passer à la trappe ? Les "frondeurs", eux, seraient certainement reconduits, et ils pourraient alors siéger à l'Assemblée pour y défendre leurs valeurs et leurs projets de société. Bon, nous aurions François Bayrou comme premier ministre ...

Écrit par : Laurent Dupont | 31/08/2014

Les commentaires sont fermés.