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26/06/2014

Ecotaxe, après les bonnets rouges les ... bonnets d'âne

Ah oui, il ne faut plus dire écotaxe ... Ségolène Royal ne veut plus que l'écologie soit punitive et associer le préfixe "éco" à "taxe" suffirait déjà à plomber le projet. Voici donc le "péage de transit pour les poids lourds" ! On ne sait plus trop quel est l'objectif poursuivi, mais on sait que c'est une sacrée usine à gaz.

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Le gouvernement abandonne les portiques (ils serviront peut-être pour autre chose), et il décide de rentrer dans le capital de la société Ecomouv qui va percevoir une taxe pour certains camions qui circulent sur certaines routes gratuites selon une technologie qu'il reste à déployer. L'Etat en attend une recette annuelle d'un demi milliard d'euros qu'il souhaite investir dans des chantiers de transports, mais pas nécessairement des transports propres alternatifs comme le rail ; il peut s'agir par exemple de mettre une route nationale en double voies. L'argument massue de Ségolène Royal est que les camions abiment les routes sans avoir à payer leur entretien, contrairement aux autoroutes, et cette nouvelle fiscalité trouve là sa justification.

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Bref, nous sommes très très loin de ce qu'une fiscalité écologique peut poursuivre comme objectif en matière de transport. Une telle fiscalité ne devrait avoir qu'une seule cible : contraindre les usagers des transports individuels et/ou polluants à privilégier des transports collectifs et/ou propres quand ils sont disponibles, la recette de cette fiscalité servant à améliorer l'offre de transports collectifs et/ou propres. Ainsi, là où il y a de multiples avenues et voies rapides qui se congestionnent systématiquement aux heures de pointe, les pouvoirs publics créent des réseaux de transports en commun et ils appliquent un malus aux premiers pour proposer un bonus aux seconds. De même, là où il y a des autoroutes où les camions cheminent en file indienne, cul à cul, il faut mettre en place une offre de ferroutage et taxer le transport routier pour orienter le fret vers le rail.

La stratégie est pourtant simple. Et elle n'est pas compliquée à expliquer. Il faut présenter de façon exhaustive tous les points noirs du transport actuel, et mettre en regard des chantiers de transport alternatif. Quand l'offre est présente, il faut jouer sur cette fiscalité pour faire changer le comportement des usagers de la route. Et si l'Etat doit fixer le cap, il doit déléguer aux régions la mise en oeuvre de cette fiscalité ecologique. Chaque région a ses spécificités en matière de transports et chaque région peut apporter des réponses spécifiques dans un cadre général imposé par la loi.

Mais là, avec ces projets fiscaux définis au sommet de l'Etat et mis en oeuvre par ce même Etat, la réalité du terrain fait apparaître des disparités régionales au dernier moment. Comme avec les bonnets rouge ... Bon, Ségolène hérite elle du bonnet d'âne ; en attendant le(la) prochain(e) ministre de l'Ecologie ;-)

21/06/2014

Dieudonné-Valls, l'information éclipsée par deux super-communicants

L'actualité de l'hiver dernier a été occupée par le prosélytisme de l'humoriste Dieudonné, mais sa part d'audience dans les médias est surtout le fait de son principal "sparring-partner", à savoir le ministre de l'intérieur de l'époque, Manuel Valls. Le premier dénonce un système, une classe médiatico-politique entre les mains du sionisme, et le second défend l'ordre républicain même si cela doit empiéter sur les libertés individuelles.

Les courbes d'audience de Dieudonné sur le Web témoignent de impressionnante accélération de l'intérêt qui lui a été porté cet hiver :

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Cette courbe présente 10 années de fréquentation sur le Web de pages consacrées à Dieudonné. Si quelques évènements lui permettent de monter à 5 ou 10 points d'audience, c'est en décembre 2013 qu'il grimpe à 100 !

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La courbe ci-dessus s'échelonne sur 12 mois et montre bien que sitôt terminée la phase d'hyper-médiatisation du conflit Valls-Dieuonné, même quelques évènements résiduels ne suffisent pas pour que Dieudonné suscite à lui seul une fréquentation paroxystique sur le Web.

Dieudonné excelle dans la provocation et tout lui est prétexte pour communiquer. Mieux, il appelle ses admirateurs à remplir ses salles de spectacle, non pas pour faire des entrées payantes (ça c'est du off), mais pour effrayer le système. Plus les salles seront pleines à craquer et plus les élites trembleront. En face, Valls multiplie les attaques, et sur tous les plans (judiciaires, administratifs, fiscaux, médiatiques, ...). Il prend publiquement la défense des juifs de France qu'il qualifie quand même comme l'avant-garde de la République et de nos valeurs (le 19 mars 2014 lors d'une manifestation au Trocadéro en mémoire de l'assassinat par Mohamed Merah de trois enfants et d'un adulte juifs devant une école confessionnelle de Toulouse).

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Alors pourquoi je reviens sur ce duel que rien ne mérite de rejouer ? Parce que ce sujet illustre une précédente note sur la différence entre information et communication. Le cas Dieudonné a été instrumentalisé à la veille d'élections qui s'annonçaient très défavorables pour le pouvoir en place, et nous avons été les témoins, et trop souvent les victimes d'une guerre de communicants. Cela nous oblige à une plus grande vigilance intellectuelle face aux "affaires" que les politiques ou les médias nous jettent en pâture. Elles ne sont trop souvent que l'écume des vagues ...

Quand les médias et les politiques s'occuperont-ils des problèmes simples qui touchent tout le monde ? Quel modèle économique pour que le chômage baisse enfin, fortement et durablement ? Comment permettre à chacun de se soigner, de se loger, de s'alimenter, de se déplacer, de tisser des liens sociaux, de transmettre à ses enfants autre chose que les valeurs du modèle dominant, d'avoir accès à un air et à une eau propre, etc ? Ce sont toutes ces choses-là qui préoccupent les français, et les citoyens constatent que leurs élus ne font rien, et pire qu'ils ne proposent rien de crédible.

Ces jours-ci, c'est la coupe du monde de football qui fera l'objet d'une communication à outrance ; il ne nous est même pas épargné de voir le Président de la République assister aux matchs de l'équipe de France dans les salons de l’Élisée.

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17/06/2014

Pour une autre Europe, mais vraiment une autre Europe !

Il y a des jours comme ça où le monde semble marcher sur la tête, et cette information découverte aujourd'hui continue de m'étonner : la Commission européenne attribue des subventions aux entreprises qui font de la recherche sur les gaz de schiste ! Le programme de recherche sur les technologies innovantes dispose d'un budget de 80 milliards d'euros pour la période 2014-2020, et un fonds de 113 millions d'euros serait destiné à aider les entreprises qui exploitent "proprement" les gaz de schiste ; 33 millions d'euros sont déjà engagés sur 2014.

Déjà, remarquons que les entreprises aidées ne sont pas dans le besoin. Il ne s'agit pas ici d'aider les pêcheurs de Sète ou le pastoralisme sur le Larzac, avec des bénéficiaires pour qui ces aides constituent un facteur de réussite indispensable. Non, il s'agit ici des grandes compagnies pétrolières internationales qui brassent des milliards d'euros ! Mais c'est justement comme ça qu'elles s'enrichissent, en multipliant les sources de recettes et en optimisant leurs dépenses. En tous cas, le budget européen est bien mal employé et ce n'est pas ce genre de gabegie qui contredira les suffrages du 25 mai dernier.

Mais surtout, quel message politique la commission nous adresse-t-elle ! Les gaz de schiste émettraient moins de C02 que d'autres ressources fossiles et la Commission va même jusqu'à parler de contribution à la transition énergétique de l'Union européenne. Les besoins en eau et les dégâts environnementaux sont passés sous silence, de même pour les dégagements de méthane, un gaz qui a une contribution au réchauffement climatique nettement supérieure au CO2.

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Je mesure combien le bon score de José Bové sur le Cœur d'Hérault le 25 mai dernier est encore loin de répondre à ces errements politiques, mais je sais qu'en élisant José Bové au Parlement européen nous avons un député qui défendra un autre projet de société, qui se battra dans toute l'Europe contre ces atteintes irréversibles à notre environnement et qui viendra ici sur le terrain pour relayer les propositions qu'il défend à Strasbourg.