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25/03/2014

Election municipale au village, la démocratie y exprime un attachement profond à la ruralité

Le premier tour des municipales à Paulhan a durement sanctionné le maire sortant, éliminé avec 32,52% des voix. Malgré un très bon bilan du mandat écoulé, malgré une nouvelle équipe aux multiples capacités, malgré un projet ambitieux pour la période 2014-2020 et malgré une campagne tonique, le processus s'est démocratiquement enrayé sur le facteur "village". Paulhan n'est pas une grande ville comme Sète ou Montpellier, avec l'exigence des électeurs que leurs élus aient la technicité suffisante pour gérer le développement de leur commune. A Paulhan, l'information locale se relève dans les associations, dans les commerces, sur les places du village, à la sortie des écoles, ... Qu'importe d'ailleurs que l'information soit bonne ou mauvaise, le canal utilisé prime sur le contenu du message.

Il s'y ajoute, comme à l'échelle nationale, un rejet des partis politiques ; et cela s'exprime dans l'abstention et dans le vote Front National. Aussi, les soutiens très visibles de personnalités politiques de l'Hérault ont certainement ajouté au sentiment d'excès de politique, d'éloignement des candidats vis à vis des vraies préoccupations des citoyens.

En 2008, la liste de Bernard Soto était élue au premier tour, avec 930 voix de moyenne sur 1731 suffrages exprimés, et sur un total de 2410 électeurs inscrits (25% d'abstention). Ce 23 mars 2014, la nouvelle liste de Bernard Soto n'obtient que 599 voix sur 1842 suffrages exprimés et sur un total de 2759 électeurs inscrits (32% d'abstention). Alors que s'est-il passé en 6 ans ?

Personnellement, je pense que l'équipe municipale sortante était trop dans ses dossiers, mais pas assez souvent au contact de ses administrés sur la voie publique. Or, si c'est très important de bien connaître ses dossiers pour faire aboutir la construction d'un nouveau groupe scolaire, pour améliorer le fonctionnement d'une station d'épuration, pour dérouler la programmation culturelle, pour traiter dans l'intérêt de tous les projets d'aménagement urbain, ... ça ne se voit pas ! Par contre, un trottoir défoncé ou des mauvaises herbes qui poussent au cimetière, ça fait le tour du village.

Paulhan est un village, c'est mon principal enseignement de cette élection. Et les électeurs tiennent à cette dimension "village" ainsi qu'aux habitudes d'une vie quotidienne rurale. C'est aussi, et il s'agit là d'un leitmotiv sur mon blog, le caractère très conservateur de la démocratie française. Les électeurs expriment dans les urnes leur attachement à tout ce qui constitue leur quotidien ; et c'est peut-être le spectre de changer de modèle qui fait de notre pays le plus gros consommateur mondial d'anxiolytiques !

Et c'est certainement la progression de l'intercommunalité qui accompagne le mieux ce souci de garder au village ce qui fait sa culture au quotidien (cérémonies, compétitions sportives, spectacles, écoles, cadre et qualité de vie) ; les compétences les plus techniques sont transférées à la communauté de communes, quand les tâches plus courantes restent à l'échelle de proximité de la commune. C'est peut-être cette dichotomie qui facilitera le travail des parlementaires dans le chantier de l'Acte III de la décentralisation.

A noter hier une tâche dans cette campagne qui s'était déroulée très sereinement, ce tag dessiné sur les panneaux électoraux de la mairie :

Tag_panneaux.jpg

Pour ma part, je reste conseiller municipal ainsi que conseiller communautaire ; je tiens à remercier mes colistiers qui ont démissionné aujourd'hui pour me laisser occuper ces mandats (Bernard Soto, Mohamed Nougoum et José Gasquez). Notre petit groupe d'opposition au conseil municipal agira pour l'intérêt général de Paulhan ; je siègerai aux côtés d'Aleksandra Djurovic, d'Agnès Audemar et de Fabienne Herredia.

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