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04/09/2013

Comment échapper au(x) système(s) ?

Qu'il s'agisse du système politique, du système économique, du système financier, du système éducatif, du système de santé publique, du système judiciaire et de tout autre système qui impose à la population ses règles tout aussi générales que brutales, s'y soumettre est une obligation. Et nous participons tous à la bonne marche de ces systèmes, nous contribuons chacun à nourrir quotidiennement ces systèmes, et ces systèmes excluent et broient sans cesse des centaines de leurs Sisyphes.

J'avais déjà publié une note sur le mythe de Sisyphe, ce personnage antique contraint de pousser en haut d'une montagne une pierre qui en redescend systématiquement. Albert Camus pensait que Sisyphe pouvait être heureux, heureux de bien s'appliquer dans des tâches aliénantes qui ne sont absurdes qu'en prenant du recul. Mais avec les systèmes, on ne pousse pas une pierre ; nous sommes au coeur de la pierre que nous faisons avancer sans en comprendre le sens, mais qu'il faut faire avancer faute de voir sombrer le monde dans lequel nous évoluons.

Et ce qui est formidable avec ces systèmes, c'est qu'ils fournissent des outils pour en modifier l'orientation. Par exemple en politique, les élections sont là pour désigner des représentants sensés faire progresser les assemblées et les institutions dans le sens de leur programme électoral ; mais en réalité ces structures ont leur propre inertie, avec des fonctionnements bien peu perméables aux idées nouvelles. Dans le système éducatif, les élèves et leur famille sont invités à choisir leur orientation ; mais en réalité, ces voeux sont-ils élaborés en concertation avec l'équipe pédagogique et portent-ils leurs fruits ?

La très grande majorité des gens sont alors des Sisyphes heureux, soit qu'ils évoluent au sein de ces systèmes comme des pions sur un échiquier, soit qu'ils profitent directement ou indirectement de ces systèmes. Et dans les deux cas, cela peut se vivre sciemment ou inconsciemment. Stéphane Hessel avait théorisé le principe d'indignation pour affermir un esprit de résistance, rejoignant ainsi l'analyse d'Albert Camus sur la révolte qui est une réponse active et collective à une souffrance individuelle face à l'absurdité des systèmes dominants.

Indignez_vous.jpg

Mais alors, faut-il vouloir échapper aux systèmes ? Et comment ? Par exemple dans le système économique, n'est-il pas plus satisfaisant d'adhérer pleinement au consumérisme ? Le syndrome d'achat compulsif et le cycle "j'achète - je jette" ne dispense-t-il pas plus de plaisirs que la sobriété heureuse d'un Pierre Rabhi ? On peut cesser d'aller voter en pensant que dans tous les cas ça ne changera rien à l'issue du scrutin, mais comment échapper aux adjuvants d'aluminium dans les vaccins ? Comment échapper aux tamis intellectuels par lesquels le système éducatif sélectionne les actifs de demain ?

J'ai un début de réponse : surtout ne pas rester seul ! Au moindre symptome, il faut rencontrer d'autres révoltés ;-) Pas forcément pour faire la révolution, mais déjà pour vider son sac ...

Commentaires

oui !

Écrit par : Menella André | 05/09/2013

Il y a un mouvement qui occupe d'ailleurs depuis longtemps le terrain de l'anti-système, c'est le Front National ; et le Front de gauche de plus en plus.
Mais ces partis politiques proposent-ils réellement des alternatives ? Ou ne sont-ils finalement que des instruments du système démocratique pour donner l'illusion que les citoyens disposent d'un pouvoir ...

Écrit par : DUPONT Laurent | 05/09/2013

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