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13/08/2013

La France est une République indivisible, mais multiple ...

C'est le 1er article de la constitution de la Vème République qui érige ce principe d'indivisibilité qui garantit une application uniforme de tous les citoyens sur l'ensemble du territoire national ; ces droits relèvent des caractères laïque, démocratique et social de la République. Mais force est de constater que l'Etat de droit ne s'applique pas, ou ne se fait pas respecter de la même façon où que l'on soit en France.

Je l'ai déjà souvent dit sur mon blog, les actes de décentralisation et les économies de bouts de chandelle de l'Etat ont contribué à donner aux collectivités territoriales une plus grande autonomie, voire à plus de charges publiques. En matière d'éducation (cf. rythmes scolaires), de sécurité (cf. polices municipales de plus en plus inscrites dans les schémas opérationnels de la gendarmerie), de justice (cf. maisons des droits), de solidarité (les Conseils généraux se sont totalement substitués aux anciennes Directions Départementales de l'Etat), de formation professionnelle et de développement économique (dévolus aux Conseils régionaux), ... l'indivibilité de la République fait place à un morcellement des droits.

Or, est-ce nouveau que des territoires soient plus dynamiques ou plus audacieux que d'autres ? Oui sur les axes que je viens de citer. A toutes les époques, et toujours sous l'impulsion des acteurs économiques, qu'ils fussent duc, baron, évèque ou grand patron, certains territoires ont connu un essor privilégié. Mais les droits des citoyens, et cela depuis 1789, ont toujours été un devoir de l'Etat républicain.

Car aujourd'hui, des territoires se distinguent par le dynamisme de leurs acteurs sociaux qui contribuent à instaurer des micro-sociétés ; des circuits courts, des monnaies locales, des structures participatives, de la production électrique locale, du partage d'équipements, ... créent du lien social en même temps que de l'activité économique dans le secteur de l'économie sociale et solidaire. C'est la course à l'imagination, à la coopération et à la transition ! Et c'est du même coup un éloignement avec la politique et avec les élus qui continuent de faire tourner le logiciel du 20ème siècle sans se rendre compte que toute la société aspire au changement.

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Quand la crise qui s'est installée depuis 2008 concrétise une décroissance quantitative de l'activité économique mondiale, quand le MEDEF revendique de vouloir détricoter les acquis sociaux qui datent du Conseil National de la Résistance, quand les marchés financiers et le capitalisme mondialisé continuent de creuser les inégalités et quand les Etats sont impuissants à se donner collectivement une orientation qui privilégie les hommes plutôt que les biens, alors ces inititatives locales sont comme des bouées jetées dans une mer démontée aux naufragés du modèle dominant.

Mais cette note très anthropocentrique ne me fait pas oublier l'état de la planète, et en relocalisant l'exercice des droits en même temps que se relocalise l'économie, je sollicite aussi un coup de frein à l'accroissement de notre empreinte écologique. Et pour le coup, ce sont les générations futures qui nous diront merci !

La République devra donc s'adapter à cette évolution de la société, être moins rigide dans l'expression de ses principes fondamentaux, reconnaître le droit à l'autonomie de collectifs citoyens et faciliter le développement de réseaux à l'échelle nationale. Sans renier totalement la démocratie représentative, il s'instaure petit à petit une démocratie participative qui se concrétise plus au travers de ses actions que de ses orientations politiques. En tous cas, voilà bien des raisons de retrouver de l'optimisme à quelques semaines de la rentrée ;-)

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