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30/07/2013

Politique de pouvoir ou de projet ?

Les signaux d'alerte nous parviennent de toutes parts ... Que ce soit à l'échelon local ou international, que ce soit au sein des mouvements politiques ou à l'occasion de discussions courantes, il semble que la majorité des êtres humains à la surface de la planète préfère suivre le mouvement sans se poser [trop] de questions. Les détresses sociales, les violences terroristes, la fuite en avant économique, l'arrogance des oligarchies financières, industrielles et politiques, l'épuisement des ressources naturelles, les pollutions diverses qui sont un problème de santé publique, ... rien de tout cela n'entame l'élan de l'humanité qui est sujette à une véritable addiction au consumérisme, au modernisme et au ludisme. Le Japon n'envisage-t-il pas de redémarrer ses réacteurs nucléaires ... après Fukushima ... après Hiroshima ?

Et que font les politiques ? Que font-ils dans ces grands sommets internationaux, dans ces déplacements de chefs d'Etats sur toute la planète et face à toutes ces alertes dont ils ne peuvent ignorer les conséquences ? Et je n'oublie pas les élus locaux et nos Parlementaires. Que font-ils pour créer du travail et de l'emploi ? Que font-ils pour nous libérer de la dépendance aux énergies fossiles qui altèrent le climat ? Que font-ils pour relocaliser l'économie, et en premier lieu l'agriculture ? Combien de séminaires et de conventions qui au final ne changent rien ?

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Mais trop souvent les politiques prennent d'abord le pouvoir, dans l'intention de faire pour le mieux une fois élus. Cette politique du pouvoir, centralisatrice et pyramidale, à l'inconvénient notable de virer au népotisme, faisant passer les projets au second plan. Et ils sont rares ces politiques tels Pierre Mendes France qui renoncent au pouvoir quand leurs idéaux sont bafoués.

Alors comment faire passer des projets si les citoyens et leurs représentants élus y sont totalement imperméables ? Des "expériences" voient le jour ici et là, et on en fait des films comme pour Barjac, mais ça ne s'étend pas ... Je suis maintenant depuis de nombreuses années les conférences et les publications de Thierry Salomon (cf. Scénario Négawatt) ; nul n'est prophète en son pays !

Faut-il alors se résigner à anticiper les catastrophes annoncées, tels ces américains qui installaient des abris anti-atomiques dans leur jardin en pleine guerre froide ? J'avoue une part de pessimisme pour l'humanité. Pas pour la planète, car elle continuera de tourner même sans nous. Pas non plus pour la nature, dont les espèces et la biodiversité s'adaptent avec ingéniosité à nos errements. Mais simplement pour les hommes, pour les 7 milliards de bipèdes dotés d'un télé-encéphale hautement développé et disposant d'un pouce préhenseur, caractéristiques qui les distinguent de toutes les autres espèces vivantes ...

Quels prémices feront que des dangers évidents deviendront des urgences primordiales, des urgences politiques ? Quand le Premier ministre britannique Chamberlain signe les accords de Munich en 1938, après l'annexion de l'Autriche et au moment de l'invasion de la Tchécoslovaquie (cf. Sudètes), il rentre triomphal à Londres, annonçant "la paix pour notre temps" (sic).

23:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

29/07/2013

La pause estivale révèle plus encore l'absurdité (du reste du temps) ...

Vous aurez remarqué que la période estivale s'accompagne d'une pause générale dans toutes nos activités habituelles ; et c'est encore plus symptomatique avec les médias qui programment des contenus décérébrés spécifiques à l'été, quand ils n'abusent pas des remakes de l'année écoulée. Beaucoup profitent de la période pour faire un vrai break, se vider la tête et oublier les soucis laissés au boulot ou à la maison ; mais attention, tout le monde n'a pas cette chance.

Pour moi, la pause estivale rime avec "vide". Voilà deux mois pendant lesquels l'inactivité me renvoie l'absurdité de notre quotidien. Et je pense à Sisyphe, ou plutôt au Mythe de Sisyphe. Camus ne voit pas dans Sisyphe poussant sa pierre une sanction divine, une peine absurde qui se réitère jour après jour, mais il assure au contraire qu'il faut "imaginer Sisyphe heureux", car il s'épanouit pleinement dans ce quotidien qui remplit sa vie. Et c'est ainsi que Camus décrit ce héros absurde, le héros d'un quotien qui se répète sans cesse mais dont il gagne une maîtrise, une perfection et donc une satisfaction exclusive.

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Un boulanger qui se lève dès potron-minet, tous les jours de sa vie, peut effectivement être un Sisyphe heureux ; il produit le pain dont tous ses concitoyens pourront se nourrir. Mais combien de chauffeurs de bus, d'agriculteurs, de policiers, d'éleveurs, d'enseignants, de maçons accomplissent chaque jour le même ouvrage dans un monde devenu totalement absurde ? Alors Camus répondrait qu'en dehors du suicide ou de la croyance, il ne reste comme seule issue à l'homme absurde que la passion de son engagement, une forme d'aliénation consciente à l'absurde, mais c'est cette prise de conscience de l'absurde qui constitue sa révolte intérieure.

Mais je suis de nature plutôt épicurienne, et la sobriété heureuse de Pierre Rabhi contribuerait par exemple à rendre le quotidien un peu moins absurde. Je suis d'ailleurs plus attiré par le Mythe de la paresse que par celui de Sisyphe ;-) Alors je vais profiter de cette pause estivale, libéré des nombreuses sollicitations habituelles pour programmer une rentrée tranquille, conscient néanmois que dans le cheminement d'une vie il y a quelques absurdités auxquelles il faut se soumettre.

14/07/2013

Quel(s) programme(s) pour l'intercommunalité en mars 2014 ?

Les élections municipales de mars 2014 suscitent depuis déjà quelques mois une fièvre politique qui porte avant tout sur les candidats. Nous avons récemment suivi les primaires de l'UMP pour la tête de liste à Paris et à Lyon, ainsi que le feuilleton socialiste pour la mairie de Montpellier qui dure d'ailleurs depuis si longtemps que les médias n'en parlent presque plus.

Et dans toutes les communes de France, les équipes municipales sortantes élaborent des scénarios pour poursuivre dans un nouveau mandat les actions engagées. J'appartiens à une telle équipe municipale sortante, je connais bien les chantiers engagés depuis 2008 et je mesure tout le chemin qu'il reste à faire en matière d'action sociale, de logement, de culture, d'éducation, pour les plus jeunes comme pour les plus anciens, pour les nouveaux quartiers pavillonnaires comme pour le centre ancien, etc.

Mais ce souci de réaliser les engagements pour lesquels nous avons été élus et ce focus pour la politique locale intra-muros ne peuvent plus occulter l'échelon intercommunal. Le premier échelon est celui de la communauté de communes qui a des compétences aussi diverses que la petite enfance, les équipements aquatiques, l'aménagement de zones d'activité économique, l'accueil des gens du voyage, la collecte des déchets ménagers, etc. Je rappelle par ailleurs que l'acte III de la décentralisation qui va arriver (par morceaux) au Parlement prévoit d'affecter de nouvelles compétences telles que la production électrique, l'assainissement collectif ou encore la gestion des milieux aquatiques. Mais il y a aussi l'échelon du Pays où s'élaborent une charte de Pays, un plan local de l'habitat (PLH), un schéma de cohérence et d'organisation territoriale (SCOT) ou encore un plan climat énergie territorial (PCET), autant d'outils qui vont conditionner les politiques de développement local. Et je n'oublie pas les syndicats mixtes tels que le syndicat mixte de gestion du Salagou (SMGS) ou le syndicat mixte de gestion des déchets du Centre Hérault (SCH).

Bref, une commune comme Paulhan ne peut plus envisager son avenir sans dépendre très étroitement des choix qui seront fait par la Communauté de communes, les syndicats mixtes et le Pays. Mais ces orientations stratégiques de l'échelon intercommunal se définissent sans débat politique. Je ne nie pas le travail de concertation qui est réalisé, et le séminaire qu'a organisé le Pays mercredi 10 juillet au Domaine de la Tour à Nébian pour travailler sur les 8 défis de la future charte de Pays était de haute qualité, réunissant des élus, des techniciens, des associatifs et des professionnels, mais tout cela ne peut pas échapper à un rendez-vous démocratique.

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Les partis politiques, car ce sont eux qui alimentent le débat démocratique, doivent s'emparer de tous ces enjeux. En même temps, les assemblées intercommunales ne connaissent pas aujourd'hui de clivage politique tel que nous l'entendons au niveau national ou régional ; même l'Assemblée départementale délibère essentiellement de façon consensuelle alors qu'il y a pourtant des groupes poliques.

Je proposerai donc, après les vacances d'été, que s'établisse une plateforme d'élaboration d'un projet politique pour le Coeur d'Hérault. Avec quelques élus, adhérents d'un parti politique ou non, nous devons donner à des orientations institutionnelles une dimension plus politique ; c'est à dire qui se traduit par une formalisation politique, par un programme qui engage tous ceux qui y adhèreront.

Quelques exemples. Le SCOTcomporte par exemple un document d'aménagement commercial (DAC) ; est-ce que les candidats aux élections de 2014 s'engagent sur des orientations précises ou laisseront-ils les fonctionnaires et les bureaux d'étude définir les limites du développement commercial sur notre territoire ? L'eau est un enjeu majeur pour tous, et des conflits d'usage viennent s'ajouter à la rareté ainsi qu'à la qualité de la ressource ; les citoyens n'ont-ils pas leur avis à donner à l'occasion des scrutins locaux ? L'aménagement du territoire voit une urbanisation prédatrice des meilleures terres agricoles qui s'ajoute à une baisse constante du nombre d'exploitations agricoles. Mais autant pour la création d'emplois non délocalisables que pour l'indépendance alimentaire de notre territoire, l'agriculture est un vecteur de développement qui doit faire débat et qui doit donner lieu à une feuille de route audacieuse et ambitieuse.

On peut se passer de tels débats, et ils feront l'objet de délibérations diverses sur la période 2014-2020, mais quel mandat précis les citoyens auront-ils donnés à leurs représentants ? Car nous sommes en démocratie "représentative", c'est à dire que les citoyens délèguent leur souverainneté à des élus pour la durée du mandat ; et il ne peut s'agir d'un chèque en blanc.

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