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07/06/2013

Avec la mort de Pierre Mauroy, c'est aussi une page qui se tourne dans la façon de faire de la politique.

Le parcours politique de Pierre Mauroy est exemplaire, tant sur sa longévité que sur l'engagement militant pour un idéal socaliste. Rien à voir avec ces femmes et ces hommes qui se présentent un jour à une primaire citoyenne parce qu'ils ont la notoriété suffisante pour briguer un mandat. Pierre Mauroy n'avait rien d'un "people", et d'ailleurs il fréquentait bien peu les plateaux de télé, même pendant son passage à Matignon de mai 1981 à juillet 1984.

Il n'était pas non plus de ces cercles de grands courtisans qui se renvoient toujours l'ascenseur jusqu'à ce que la justice ou la presse n'épingle leurs conflits d'intérêts. Président de l'Internationale socialiste de 1992 à 1999, il présidait encore la fondation Jean Jaurès depuis 1992. C'est sur ses terres du Nord et dans les milieux ouvriers que naissent ses convictions, à partir de là qu'il livrera ses batailles politiques dans le souci constant du progrès social.

Alors Pierre Mauroy n'était pas écologiste, et je ne sais pas quelles étaient ses positions sur les gaz de schiste, sur le nucléaire, sur l'aéroport de Notre-Dames-des-Landes, sur la croissance du PIB, sur le contexte européen et sur tous ces sujets qui sont au coeur d'une nécessaire transformation radicale de notre société, mais Pierre Mauroy était un militant engagé, humaniste et socialiste (au sens historique du terme), et il force le respect.

Même les hommages qui lui ont été rendu aujourd'hui par quelques caciques socialistes, de Harlem Désir à François Hollande en passant par Bruno Le Roux ne sont pas à la hauteur du personnage. Très peu d'entre eux mettent en avant qu'il ait été un grand socialiste ; il faut dire que le socialisme leur est tellement étranger ...

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