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20/03/2013

En campagne électorale puis dans l'exercice du pouvoir, le discours politique est schizophrène

Il fallait entendre Arnaud Montebourg dans la matinale de France Inter ... Lui qui se voulait être le héraut des jeunes lions contre les éléphants du PS, c'était il y a à peine deux ans quand il se lancait dans la primaire socialiste, il est aujourd'hui devenu un mouton bélant avec le troupeau.

Dans son livre de campagne, "Des idées et des rêves", il présentait ses propositions "inspirées par le désir d'innover et d'anticiper dans des domaines trop souvent inexploités : étendre un nouveau modèle de capitalisme coopératif, mettre la finance au service du bien commun, assurer la mutation écologique de nos modes de vie, organiser le renouveau productif de la France, atténuer les conséquences de la dette, favoriser la démondialisation des économies, réorienter l'Union européenne, lutter contre la ségrégation territoriale, reconnaître et promouvoir la diversité, organiser une politique d'immigration juste et profitable pour tous, établir la VIème République". Ces lignes sont extraites de la couverture de son livre et elles se heurtent, deux ans plus tard, à la simple réalité de l'exercice du pouvoir ....

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J'ai pris exemple sur Arnaud Montebourg parce qu'il passait ce matin sur France Inter, mais cela vaut pour presque toutes les personnalités politiques de gauche et de droite qui squattent les médias sept jours sur sept. Le problème, c'est que les politiques ne donnent plus envie qu'on les écoute ... Et c'est notre démocratie qui est en danger, car elle devient de moins en moins représentative (en plus des modes de scrutin qui accentuent le phénomène).

Mais est-ce à dire que le discours de campagne et que la réthorique de gouvernement sont inévitablement antinomiques ? Les politiques sont-ils tous contraints à faire réver les électeurs et à leur rappeler la dure réalité du quotidien une fois élus ? Le candidat en campagne doit-il nécessairement être le publicitaire d'un programme idéalisé ? Et pourquoi promettre autant ?

Alors, et puisque l'échéance se profile dans un an, les municipales donneront-elles lieu à cette même schizophrénie ? Déjà, la part des médias dans une élection municipale (et c'est encore plus vrai dans les petites communes) est moins forte que pour une élection présidentielle ou législative. Ensuite, les thématiques de campagne font beaucoup moins rêver à l'échelon local ... Le cadre de vie et le bien vivre ensemble sont les deux mamelles d'une élection comme d'un mandat municipal, et les thèmes sous-jacents (logement, déplacement, tissu associatif, économie locale, écoles, solidarités, ...) font peu de place aux rêves. Surtout qu'au contraire de l'Etat, les collectivités locales n'ont pas le droit de présenter un budget en déséquilibre, et c'est donc la contrainte financière qui ramène les élus locaux à une nécessaire modestie, sans pour autant se priver d'enthousiasme dans l'animation de la vie locale.

Et jusqu'à quel point la politique a-t-elle sa place dans une élection municipale ? Les responsabilités confiées par ses administrés à une municipalité dépassent largement les clivages politiciens, et elles se fondent sur la confiance. Aussi, ce serait mettre fin à cette relation de proximité et d'écoute réciproque que de transférer toutes les compétences des communes aux intercommunalités, là où le discours politique redevient plus séducteur que réaliste. Mais nous y allons, tout doucement, pour demain peut-être nous priver de démocratie citoyenne :=(

13:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Ci -après un point de vu intéressant à écouter : La solution à la vrai démocratie par Etienne CHOUARD

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=7_M0wuih9cs

Écrit par : Marleen CALLAERT | 23/03/2013

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