Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

20/02/2013

Développons de nouvelles activités plutôt que de soutenir des entreprises de façon articicielle

Des élus du Coeur d'Hérault distribuaient hier des éthylotests devant la Préfecture de l'Hérault ; ils manifestaient ainsi leur soutien à l'entreprise Contralco de Gignac qui voit son activité mise à mal par la décision de Manuel Valls de ne pas rendre obligatoire la possession d'éthylotests dans sa voiture. La société qui avait profité de la directive du précédent Ministre de l'Intérieur se voit ainsi obligée de réduire ses effectifs qui passent de 310 à 84 salariés.

parmi-les-elus-presents-marie-christine-bousquet-frederic_528265_510x255.jpg

Mais ce soutien d'élus du Coeur d'Hérault est-il pertinent ? C'est la même démarche que celle d'Arnaud Montebourg chez Pétroplus, chez Arcelor Mittal à Florange ou chez PSA à Aulnay. Il faut éviter la casse, il faut mettre en place des "amortisseurs sociaux", mais il faut surtout trouver des alternatives économiques pérennes.

Mais je reprends le cas de Contralco ...

Bon, personne n'était dupe sous Sarkozy que cet éthylotest obligatoire était une mesure inefficace. Et il est heureux que Manuel Valls ait mis fin à cette fable. La lutte contre la délinquance routière liée à l'alcool passe avant tout par la prévention et par la répression. Et on imagine mal une personne fortement alcoolisée souffler dans un éthylotest avant de prendre la route ... Si cette personne a bu en sachant qu'elle allait conduire, c'est qu'elle est imperméable à tout message de prévention. D'où l'utilité de multiplier les contrôles routiers aux endroits et aux heures où circulent des conducteurs alcoolisés.

ethylotest,contralco,coeur d'hérault,gignac

Par contre, le Préfet de l'Hérault dans ses orientations contre l'insécurité routière a évoqué un amendement de la loi LOPPSI2 imposant la pose d'éthylotest antidémarrage. Et avec la clé une expérimentation intéressante dans notre département ; cela consiste à obliger les personnes déjà contrôlées en état alcoolémique grâve au volant à s'équiper d'un anti-démarreur couplé à un éthylotest électronique. Plutôt que d'avoir à payer une amende, la peine serait d'équiper sa voiture d'un tel dispositif. L'idée est intéressante car elle cible les conducteurs à risque, qu'elle dissuade efficacement la conduite en état d'ivresse et qu'elle offre aux industriels de ce secteur une perspective de développement.

ethylotest_elect.JPG

 

Et c'est là où les élus devraient se mobiliser, car Contralco distribue aussi des éthylotests électroniques. Si malheureusement son produit phare qu'est l'éthylotest à usage unique se vend moins bien que prévu, alors il faut aider Contralco à faire de la recherche et à développer son offre commerciale sur ces anti-démarreurs. L'entreprise Contralco a un savoir-faire industriel dans ce domaine, il faut donc en profiter pour conquérir ce marché.

La manifestation de quelques élus du Coeur d'Hérault est compréhensible, elle apporte un soutien aux salariés en danger de perdre leur emploi, mais elle devrait être plus prospective. Les entreprises doivent faire de la R&D (le crédit d'impôt recherche est destiné à cela), elles doivent investir (la Banque Publique d'Investissement vient d'être créée pour ça) et elles doivent saisir toutes les opportunités pour diversifier leurs marchés. Maintenir une activité industrielle avec des incitations de l'Etat, comme la prime à la casse dans l'automobile ou l'obligation de posséder un éthylotest dans toutes les voitures, c'est créer artificiellement un besoin, ça n'a qu'un temps et l'issue n'en est que plus difficile.

Commentaires

tout à fait en accord avec votre analyse

Écrit par : skreo | 20/02/2013

En 2010, la société Contralco employait 67 personnes et produisait 12 millions d'éthylotests par an. Leader mondial, cette entreprise ne fournit pas que les forces de l'ordre françaises, elle exporte aussi beaucoup (dans 47 pays).

Fin 2011, la société mise à fond sur l'obligation des éthylotests imposée à 40 millions de conducteurs, et elle cible une production de 40 à 50 millions d'éthylotests par an et donc le besoin de passer à 140 salariés.

A l'été 2012, alors que le nouveau gouvernement a déjà fait part de ses réticences sur cette obligation que Manuel Valls ne fera que repousser avant d'annuler le décret, l'entreprise passe à 230 salariés.

En novembre 2012, elle est à 300 salariés et elle a investit dans de nouveaux outils de production. En février 2013, la société Contralco a 310 salariés et elle se sépare de tous les emplois récents (CDD et intérimaires) pour ne conserver qu'un noyau dur de 84 personnes.

C'est donc assez gonflé de comparer Gignac à Florange et de laisser imaginer que la société Contralco pourrait fermer et laisser sur le carreau plus de 300 salariés.

Il est dommage que le gouvernement précédent ait créé ce besoin artificiel. Il est dommage que la société Contralco ait misé sur cet espoir. Maintenant, l'urgence est de maintenir la société telle qu'elle a évolué depuis 1982, et l'Etat comme les collectivités locales doivent la soutenir. Derrière, il faut diversifier les produits et faire de la R&D ; la création d'emplois pérennes chez Centralco doit rester une priorité.

Ah, quand les politiciens abusent de l'économie pour faire leur propre marketing :=(

[sources : Midi Libre]

Écrit par : DUPONT Laurent | 21/02/2013

Les commentaires sont fermés.