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13/01/2013

Intervenir militairement pour lutter contre un islamisme radical ? Ou juste pour maintenir le Monde dans l'état où il est ?

L'intervention française au Mali est saluée par tous les partis politiques ainsi que par de nombreux États occidentaux, la sanctuarisation d'un islamisme radical au Mali étant jugée inacceptable pour la stabilité du Sahel. Comme Charles Martel à Poitiers, l'opération militaire française a stoppé la progression des groupes islamistes qui se dirigeaient vers Bamako ; et comme au VIIIème siècle en France, la reconquête de la totalité du territoire national Malien est l'objectif que soutient le Président F. Hollande.

Mais les occidentaux tenaient un même discours pour l'Irak, pour l'Afghanistan et pour la Lybie. Et à chaque fois les interventions militaires des occidentaux se sont enlisées dans des pays où l'islam est la religion d'Etat. L'occupation par les forces militaires occidentales de ces pays musulmans auraient pu donner l'occasion aux populations de se libérer de la pression religieuse, de refuser que la peine de mort punisse encore certaines violations de la loi islamique, comme l'adultère. Or, l'islam est resté un rempart populaire contre un dogme prosélythe de la "démocratie occidentale" !

Même scénario dans les pays du Maghreb suite aux révolutions du printemps 2011. Même crainte en Syrie où l'après-Assad pourrait être pire que la situation actuelle (avec des impacts au Liban et dans le reste du Moyen-orient).

Le Mali est l'un des pays les plus pauvres du monde, comme ses voisins du Sahel, mais ce sont les grandes entreprises occidentales (Europe, Amérique du Nord) et orientales (Chine) qui s'enrichissent en exportant de l'or, du coton, du fer, du bétail, etc. Les populations pauvres du Mali n'ont de la mondialisation que des images inaccessibles, et la religion est leur ultime recours ; surtout quand les groupes islamistes apportent des réponses sociales (nourriture, soins, ...).

La reconquête de l'intégrité du territoire malien par les forces militaires de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), assistées par les militaires français, ne résoudra donc pas la situation du Mali. Les coups d'État et les révoltes tribales ne cesseront pas dans un État Malien aux frontières rétablies, le mal est plus profond.

Pays_Islam.JPG

De la Mauritanie à l'ouest jusqu'àux Philippines à l'est, juste-au dessus de la ligne de l'équateur, des États pauvres, aux pouvoirs corrompus et à la démocratie chaotique ont trouvé dans l'islam un exutoire à la crise internationale ; les populations de ces États ne fondent aucun espoir dans le modèle économique dominant dont elles resteront toujours les exclues.

Mais ce que l'islamisme illustre dans ces pays musulmans, on le retrouve en Amérique du Sud où se situent les États les plus violents du Monde, on le trouve aussi en Chine et en Inde où une classe aisée affiche sa réussite de façon ostentatoire devant deux milliards de très très pauvres. La violence, qu'elle soit individuelle ou organisée, est le contre-modèle qui est appelé à se développer dans le Monde entier.

Le milliard d'occidentaux (Amérique du Nord, Europe, Japon, Océanie, ...) qui souhaiterait ne rien changer à son mode de vie a deux solutions : soit laisser le reste du Monde devenir un champ de ruines (et en envoyant des forces militaires ou de l'aide humanitaire au cas par cas pour dire de ne pas faire l'autruche), soit prendre l'initiative d'un changement de modèle mondial. Neuf milliards d'humains pourraient vivre sur Terre, de façon pacifiée et viable d'ici la fin du siècle si nous cessions de subir la dictature de quelques grandes banques et de leurs actionnaires richissimes. C'est entre autres ce que promeut l'écologie politique.

Ne soyons pas dûpes quand le chef de l'Etat rend les hommages de la Nation aux soldats morts sur ces terrains extérieurs, ils n'ont pas sacrifié leur vie pour la liberté ou pour des valeurs universelles, ils ont été tués pour maintenir le Monde dans l'état où il est, avec juste ce qu'il faut pour ne pas passer pour des profiteurs égoïstes. Des poêtes et des philosophes ont maintes fois décrits cette hypocrisie, et je pense par exemple à la chanson de Pierre Perret "La petite Kurde".

Les chaînes d'infos en continu vont nous passer les opérations militaires au Mali en boucle, les téléspectateurs français auront le sentiment que nos soldats font oeuvre utile dans cette ancienne colonie où résident de nombreux français, mais échapperons-nous au final à un Sahélistan ?

Commentaires

Je partage ce point de vue du député écologiste de la Gironde, Noêl Mamère :

http://ecopol34.midiblogs.com/files/Mamère_Mali.pdf

Écrit par : Noël Mamère | 14/01/2013

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