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01/12/2012

Nationaliser une banque, c'est normal. Nationaliser une usine, ce serait archaïque ...

Mettre de l'argent public à fond perdu dans des entreprises, c'est un emplâtre qui permet de sauver la face. L'Etat joue au chevalier blanc, les syndicats sauvent des emplois, les banquiers ne prennent pas trop de risque et les économistes tournent la tête ... Depuis quatre ans, les Etats occidentaux ont injecté des centaines de milliards d'euros dans l'économie, mais sans aucune garantie que cela porte ses fruits.

Et quand l'Etat français envisage de nationaliser le site de Florange, alors les économistes et les commentateurs "experts" agitent le spectre du retour d'un Etat crypto-marxiste.

Le Maire de Londres, le comique Boris Johnson, est le plus prompt à lancer ses banderilles. A l'écouter nous vendre du "London", on s'attend demain à voir le "10 Downing Street" loué pour le week-end, ou encore "The Queen" en meneuse de congrès de la finance mondiale ...   Boris Johnson

Mais quand les Etats nationalisent les banques, tous ces zélateurs de la pensée libérale montent-ils au créneau ?

En octobre 2008, Londres est entré au capital des huits plus grosses banques du pays  : Abbey (qui appartient à l'Espagnol Santander), Barclays, HBOS (rachetée par Lloyds TSB), HSBC, Lloyds TSB, Nationwide Building Society (la plus grosse banque non cotée du pays), Royal Bank of Scotland et Standard Chartered. Cette nationalisation partielle a coûté 65 milliards d'euros auxquels se sont rajoutés 260 milliards d'euros de ligne de crédit.

En avril 2011, l'Irlande finalise la nationalisation de la totalité de son secteur bancaire (Irish Life & Permanent, Bank of Ireland, ...), plus la fusion forcée d'Allied Irish Bank et de EBS Building Society, pour un coût total (et rétrospectif) de 70 milliards d'euros.

L'Espagne fait aussi régulièrement la une de la presse avec un secteur bancaire constamment sous perfusion. En mai 2012, Madrid nationalisait la quatrième plus grosse banque du Pays, BFA-Banka, pour un peu plus de 4 milliards d'euros. Et il y a quelques jours, Bruxelles a autorisé l'Etat espagnol a renflouer ses banques nationalisées en injectant 17,9 milliards dans BFA-Banka, 9 milliards d'euros dans Catalunya Banc, 5,4 milliards d'euros dans NCG-Banco ; la plus petite et la moins pérenne Banco de Valencia est vendue 1 € symbolique à CaixaBank.

Et si le secteur des banques et des établissements financiers bénéficie de toutes les attentions de l'Europe et du FMI, on se souvient qu'en 2008 le Président Bush avait nationalisé 100% de General Motors pour un total de 50 milliards de dollars. Aujourd'hui, Washington détient encore 30% des actions de la première firme automobile mondiale.

On peut par contre s'interroger sur la pertinence de vouloir sauver le site de Florange. Et là, il faut d'une part évaluer la santé industrielle de ce site, mais d'autre part penser à l'indépendance de la France dans de nombreux secteurs sensibles. Il est impensable que la France n'ait plus sur son territoire d'industrie sidérurgique, ni même d'industrie chimique, pharmaceutique, aéronautique, automobile, etc.

Et face à la mondialisation qui nous dépouille de tout notre patrimoine économique et financier, mais aussi culturel, agricole et sportif, il est urgent que l'Etat assure le service minimum vital ! Et la nationalisation est un outil comme un autre pour garantir à la France de maintenir sur son sol des équipements, des infrastructures et des organisations qui assurent son indépendance.

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