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29/11/2012

Conseiller départemental et conseiller communautaire, le projet de loi de Manuel Valls

Ce mercredi 28 novembre en Conseil des ministres, Manuell valls a présenté le projet de loi qui  modifie le mode de scrutin pour désigner les élus des conseils départementaux et des intercommunalités.

Pour futur conseiller départemental qui sera élu en 2015, c'est bien le mode de scrutin par binôme de sexes différents qui est retenu. Le ministre de l'intérieur met en avant la parité parfaite des futures assemblées départementales (au lieu de 13% de femme aujourd'hui), mais cela masque un vrai hold-up démocratique ... Par exemple dans l'Hérault, au lieu d'élire 49 conseillers, ce qui donne l'occasion de 49 élections pluralistes, il y aura 25 binômes à élire. La porte des assemblées départementales est totalement fermée pour les formations politiques qui ne sont pas le PS ou l'UMP !

A noter que pour diviser par deux le nombre de cantons, il y aura une refonte totale du territoire de ces cantons. Pour l'Hérault, ces nouveaux cantons devront réunir 40.000 habitants (+/- 10%).

Autre décision attendue, l'élection des conseillers communautaires au travers des listes de candidats pour les municipales (au-delà de 1000 habitants) ; les premiers de listes seront élus au Conseil municipal et au Conseil communautaire. La loi de 2010 sur la répartition des sièges par commune ne semble pas remise en cause ... Pour le Clermontais, je rappelle que cela donnerait une assemblée de 45 membres (au lieu de 70 aujourd'hui).

28/11/2012

Pour Nicolas Hulot, «Notre-Dame-des-Landes est un investissement archaïque»

Y a-t-il un seul argument favorable à ce projet d'aéroport qui tienne la route ? Depuis plusieurs mois, pas un seul politique n'a plaidé sur le fond en faveur du projet. L'unique leitmotiv est de dire que les collectivités locales ont voté à plusieurs reprises pour ce projet et que force revient donc à la loi ... Intellectuellement, c'est le niveau zéro du débat. Et démocratiquement parlant, c'est une régression qui nous fait revenir à avant la révolution française !

Mais je préfère laisser la parole à Nicolas Hulot qui s'exprimait dans le Parisien :

[...]

Comment sortir de l’impasse à Notre-Dame-des-Landes ?

NICOLAS HULOT. Je n’ai pas de recette miracle mais je pense qu’il faut sortir des postures jusqu’aux boutistes de part et d’autre. Arrêtons de caricaturer ce combat en le réduisant à une bataille entre progressistes et obscurantistes. Il y a un vrai mouvement citoyen contre cet aéroport qui rassemble des jeunes, le monde paysan, des écologistes et beaucoup de personnes soucieuses de construire une société différente. C’est l’expression d’un vrai désarroi. Je trouve affligeant qu’au XXIème siècle, on envoie des forces de l’ordre face à des jeunes et des paysans qui se battent contre ce projet. Donnons-nous du temps pour écouter sincèrement les arguments, y compris économiques, et nommons un médiateur qui soit une autorité incontestable. Il n’y a pas d’urgence à faire cet aéroport, alors remettons les choses à plat.

 

Le grand-ouest a-t-il besoin de ce nouvel aéroport ?
Dans la région, je note qu’il y en a déjà un à Rennes, un à Lorient, un autre quasi inutilisé à Angers qui n’est pas optimisé et l’actuel aéroport de Nantes qui ne fermera pas car Airbus n’en déménagera pas. La conviction de ceux qui défendent Notre-Dame-des-Landes est sincère...mais obsolète. Ce projet a été pensé il y a plus de quarante ans à un moment où le trafic aérien était en expansion, où le baril de pétrole ne coûtait que quelques dollars et où il n’y avait pas de problème de réchauffement climatique. Aujourd’hui, le monde a changé et on s’obstine à l’ignorer. Maudits soient les yeux fermés ! L’aéroport et ses accès coûteront au final plus d’un milliard d’euros. Non seulement ce sont des investissements d’hier mais il y a d’autres priorités, surtout si la France veut respecter ses engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre.

 

Que dites-vous à Jean-Marc Ayrault qui soutient personnellement ce projet ?
Je ne lui jette pas la pierre et j’entends ses arguments mais il n’a pas la bonne grille de lecture. A la conférence environnementale, en septembre, le Premier ministre avait parlé de « zéro artificialisation des sols » et j’avais dit bravo. Cela signifie que lorsque l’on sacrifie des terres agricoles, devenues rares et précieuses, il faut être sûr que ça corresponde bien aux besoins d’aujourd’hui. Je dis à l’ensemble des interlocuteurs qu’il faut sortir des dogmes et des crispations et se remettre tous autour de la table. En période de crise économique et écologique, il y a des choix à faire. Notre-Dame-des-Landes est un investissement archaïque qui sacrifie l’avenir à des intérêts à court terme.

[...]

CICE, encore un cadeau sans garantie aux entreprises ...

Le CICE, c'est le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, ce dispositif défendu aujourd'hui par le gouvernement (en Conseil des ministres puis en Commission des finances de l'Assemblée Nationale). Il s'agit tout simplement de verser 20 milliards d'euros aux entreprises en fonction de leur masse salariale. Pour tous les salariés qui perçoivent moins de 2,5 fois le SMIC, l'entreprise percevra pour 20013 un CICE équivalent à 4% de la masse salariale concernée. En 2014, ce sera 6% de la masse salariale.

Mais pourquoi ?

Le rapport Gallois l'a pourtant expliqué ... Les entreprises françaises ont besoin d'oxygène ! Et ce sont les Français qui vont payer, soit au travers de la TVA, soit avec quelques missions de service public en moins.

Qui a oublié la "réduction Fillon" qui offre un allègement de cotisations patronales aux entreprises pour leurs salariés rémunérés à moins de 1,6 fois le SMIC ? Ce dispositif va coûter 32 milliards dans le budget 2013 et les évaluations de la DARES et l'INSEE ont conclu "à un impact faible ou globalement neutre sur l'emploi ". Au total, c'est 52 milliards d'euros qui seront donnés aux patrons, et sans aucune contre-partie. On ne leur demande même pas d'investir, de participer à des cursus de formation innovants, de réduire leur empreinte écologique ou de nouer des partenariats pour conquérir des marchés ... Non, c'est cadeau !

Le mal de l'économie française est plus profond. Il y a des erreurs de stratégie, mais il y a aussi pas mal d'orgueil ... Un exemple sur la stratégie, c'est le choix du milieu de gamme pour nos produits manufacturés. Ainsi, quand le prix des matières premières augmente, les marques automobiles allemandes n'hésitent pas à le répercuter sur le prix de vente quand les marques françaises voient leur marge se réduire ... D'où la nécessité de leur apporter de l'oxygène si on ne veut pas les voir délocaliser.

Que l'on donne ces 52 milliards aux français, par exemple en crédits d'impôts pour isoler leur maison, pour produire leur énergie renouvelable, pour acheter un véhicule électrique, pour investir dans des sociétés coopératives, etc. Cet argent serait bien utilisé, alors que dans les poches des patrons il va surtout alimenter les dividendes et autres placements financiers.

C'est quand le changement ?