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07/11/2012

Déjà 6 mois, un dixième du mandat écoulé et un gros coup de blues ...

Cela fait déjà six mois ...

Le 6 mai 2012, la France changeait de Président de la République. Et cela après dix ans au pouvoir d'une droite conservatrice sur le plan sociétal et très libérale en matière économique. Dix ans pendant lesquels les formations de gauche ont manifesté leur opposition, dans la rue quand les acquis sociaux étaient mis à mal, mais bien évidemment aussi au Parlement. C'est dire si l'alternance devenait nécessaire ...

Néanmoins, l'élection de François Hollande n'a pas témoigné d'un enthousiasme débordant au mois de mai. Sarkozy avait été chassé du pouvoir, sans Karcher, mais avec Marine Le Pen pour lui savonner la planche. Dix ans aussi que les cadres du Parti Socialiste attendaient leur tour, les quadra étaient déjà des quinqua et ils allaient bientôt devenir des séniors. Ainsi, le perchoir n'était-il pas déjà promis à Ségolène Royal ?

Ces six mois sont marqués par une incroyable baisse de la popularité du Président de la République et de son Premier Ministre. Mais est-ce étonnant ? En pleine crise économique et financière mondiale, l'Europe est moribonde et ses États membres tirent chacun la couverture à eux ; la France tente de se raccrocher à l'Allemagne tout en étant aspirée par les symptômes des pays du Nord de la Méditérranée. Cela signifie que nous avons un chômage en hausse, une activité économique atone, un déficit commercial dans le rouge tout en nous imposant les critères drastiques du Pacte budgétaire européen ! Le pacte budgétaire ? Le candidat Hollande se refusait à la signer en l'état, mais le Président Hollande l'a fait adopter par sa majorité parlementaire. Et cette TVA sociale vilipendée pendant la campagne, abrogée en juillet et réintroduite à l'automne ...

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Certains amis socialistes du Président de la République l'ont appelé ces derniers jours à "faire de la pédagogie" ou encore à "définir un cap". Car en effet, ces six mois écoulés révèlent une stratégie du "ça ira mieux demain, mais en attendant on serre les fesses". Les théoriciens ont depuis longtemps décrits les différents cycles économiques qui voient alterner des phases de croissance et de récession, aussi la crise actuelle ne peut donc pas s'éterniser ... Ainsi se fonde la politique économique du nouveau gouvernement socialiste : espérer que la crise cesse rapidement pour pouvoir engranger quelques bénéfices en vue des élections de 2017.

Mais il se passe à Paris ce que nous observons à Washington et à Pékin, des gouvernements qui se succèdent pour que désormais des milliards d'êtres humains acceptent leur sort sans se révolter. On peut toujours s'indigner, mais nos dirigeants sont engagés dans une fuite en avant mondiale qui relève plus des soins palliatifs que d'un New Deal.

La population mondiale augmente sans cesse ; nous sommes 7 milliards sur Terre aujourd'ui, contre un seul milliard au début du 19ème siècle, et les projections donnent une population de 10 milliards à la fin de ce siècle. Les ressources naturelles, qu'il s'agisse des matières premières pour l'industrie et les transports ou qu'il s'agisse des productions agricoles, vont suivre la courbe inverse de la population. L'augmentation de la température à la surface de la Terre ne pourra pas être contenue à +2°C d'ici la fin de ce siècle, les efforts pour réduire les émissions de carbone sont loin de ceux attendus (cf. Le Monde). Si à -6% par an l'Europe fait des efforts remarquables pour réduire son intensité carbone (i.e. le rapport entre les tonnes de CO2 émises dans l'atmosphère et le PIB), les États-Unis sont en dessous du seuil requis de -5,1% par an d'ici 2050 et les pays asiatiques ainsi que l'Australie sont moins vertueux.

Quel rapport entre les premiers mois du mandat de François Hollande et les données apocalyptiques ci-dessus ? Le mandat du Président de la République occupe notre actualité, toute notre actualité ; la planète que nous laisserons à nos enfants d'ici la fin du 21ème siècle est très loin de susciter un même intérêt ! L'urgence écologique va de plus en plus s'ajouter à une urgence sociale qu'une élite mondiale continue d'occulter, certainement parce qu'elle s'en estime consciemment protégée. Louis XVI non plus n'avait pas prévu qu'en quelques années il passerait du luxe des palais royaux au couperet de la guillotine ...

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