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15/08/2012

Trois mois après son investiture, Hollande est dans les pas de son prédécesseur ...

Le 15 mai 2012, la passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande ouvre la période "Le changement, c'est maintenant". Et même si les cérémonies d'investiture conservent un faste désuet, des millions de français attendent du nouveau Président une vraie rupture avec le mandat de son prédécesseur.

Mais au 15 août 2012, les traces du changement ne sont pas évidentes. Les forces de l'ordre expulsent encore des Roms de leurs camps de fortune, le Président honore encore des soldats morts en Afghanistan, des violences urbaines amènent encore le Chef de l'Etat à promettre plus de moyens dans ces quartiers difficiles, et tout cela sur fond de crise de la zone Euro et de morosité économique. Bref, à part le nom du Président et de ses ministres, qu'est-ce qui a changé en 3 mois ? On me rétorquera que rien ne peut changer radicalement en si peu de temps, mais c'est que là il n'y a même pas le sentiment qu'un changement se profile ...

La réalité, c'est un chômage qui s'accroît, le pouvoir d'achat et les acquis sociaux qui se réduisent comme peau de chagrin, et des perspectives d'avenir qui s'assombrissent de jour en jour. Et sur le plan Européen, les mêmes acteurs nous rejouent les mêmes scènes, mais avec de nouveaux accessoires (le TSCG qui remplace le MES, celui-ci remplaçait lui-même le FESF).

Plus que jamais, une issue positive à cette situation de crise économique, sociale et environnementale viendra d'initiatives locales. Les collectivités locales, le tissu associatif et les structures professionnelles doivent inscrire les territoires dans des dynamiques de développement durable, équitables, viables et solidaires. Le potentiel existe, et les moyens aussi ! Quand on regarde l'histoire de nos régions, leur essor a toujours été porté par des ressources locales ; l'Etat a longtemps levé les impôts pour payer ses guerres et ses conquêtes coloniales, et puis pour financer des services et des équipements publics. Mais peut-on imaginer qu'un ministre du redressement productif puisse sortir les français du sort qui les attend ?

C'est toujours un étonnement de constater qu'avec bien moins de moyens techniques et moins de richesses qu'aujourd'hui, des cathédrales aient été construites il y a plusieurs siècles, que des lignes de chemin de fer, avec leurs ouvrages d'art, aient été réalisées au début du siècle dernier, que des ports se soient modernisés au fil des siècles, que l'agriculture, l'élevage  et la pêche aient si longtemps assurés l'indépendance alimentaire de notre pays, que des secteurs économiques se soient développés au grè des progrès technologiques et par le labeur des employés comme des entrepreneurs.

Je ne prendrai pas au pied de la lettre la fameuse citation de J-F. Kennedy : "Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays", car elle révèle aussi le rejet des américains pour le pouvoir "liberticide" de l'Etat Fédéral en même temps qu'un patriotisme chevillé au corps (et au drapeau). Mais elle nous incite à ne rien attendre du Président de la République et de ses ministres, excepté les obligations régaliennes de l'Etat (Education, Solidarités, Justice et Sécurité). Pour le reste, il faut agir localement.

10:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hollande

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