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26/07/2012

Le Languedoc-Roussillon toujours lanterne rouge de l'économie nationale !

Je me souviens de Georges Frêche en 2003/2004, en pleine campagne des régionales, qui stigmatisait la mauvaise place du Languedoc-Roussillon dans le classement national des régions, que ce soit sur l'emploi ou sur l'activité économique. Et il jurait de faire remonter sa région, au moins en milieu de tableau.

Huit ans plus tard, la région Languedoc-Roussillon est toujours en bas du tableau. Cette semaine, Pôle Emploi publiait les chiffres du chômage ; le Languedoc-Roussillon est en dernière position, et rien ne permet d'espérer une amélioration. Et ce ne sont pas les perspectives du secteur du bâtiment qui vont porter l'activité économique, avec un millier d'emploi en moins cette année.

Alors, pourquoi cet échec ?

Tout d'abord, la région Languedoc-Roussillon continue d'avoir une forte croissance démographique, et ce solde positif est en partie constitué d'actifs à la recherche d'un emploi. Le challenge est donc d'autant plus difficile pour le Languedoc-Roussillon. Par exemple avec une croissance économique à zéro, voire en récession, alors les indicateurs sociaux s'enfoncent dans le rouge plus rapidement que toutes les autres régions de France.

Georges Frêche avait misé sur plusieurs filières économiques : la viticulture, la pêche, le tourisme, le bâtiment et le commerce. Pour illustrer cet engagement, on peut citer la marque Sud de France qui fédère les producteurs locaux dans une stratégie commerciale audacieuse. Il a échoué sur la pêche ... En 2004, des subventions importantes étaient versées pour moderniser les bateaux, mais sans anticiper la disparition de la ressource en mer. Sa volonté de sauver la viticulture et de s'en faire le porte-parole à l'international, en excellent commercial qu'il était (il n'avait pas fait l'ENA mais HEC), l'a éloigné des enjeux sur la reconversion et sur la modernisation de l'agriculture tellement indispensable pour notre indépendance alimentaire. Echec aussi dans le réseau des parcs régionaux d'activité économique (PRAE) qui peinent à se remplir ; deux sur dix sont vraiment opérationnels, et ils devraient générer dans leur totalité quelques centaines d'emplois directs. Et ce chiffre est à mettre en face des 229 156 personnes inscrites à Pôle Emploi Languedoc-Roussillon à fin juin pour les catégories A, B et C.

Car il est là le défi, et il ne se limite pas aux frontières de la région ; quelles politiques de soutien au développement économique permettraient d'embaucher des dizaines de milliers de personnes en Languedoc-Roussillon ? Il y a, ici comme ailleurs, une inadéquation entre la formation et les axes de développement économique. Un seul exemple, combien d'écoles ou de structures qui forment aux métiers du tourisme ? Cela va de l'hôtellerie à la pratique des langues étrangères en passant par la connaissance du patrimoine naturel et historique. Et sur les filières énergétiques, quels investissements sont réalisés pour promouvoir et développer les énergies renouvelables ? Pourquoi le site expérimental de Vignola en Corse (cf. note précédente) n'a pas son grand frère en Languedoc-Roussillon ? Alors il y a bien Pôle Energie 11 dans l'Aude, mais depuis 6 ans qu'elle existe cette structure associative n'a pas entraîné autour d'elle une dynamique économique à l'échelle de la région.

A l'échelle nationale, il y a évidemment des réformes à mettre en place sur la formation, sur la recherche, sur le soutien aux secteurs économiques, ainsi que sur la qualité de vie [sociale et sociétale] de tous les citoyens, autant de conditions nécessaires pour développer une activité humaine plus euphorisante que ce qui nous attend aujourd'hui. L'échelle régionale n'est pas en reste, car sur ce socle mis en place par l'Etat les Régions doivent écrire leurs propres partitions.

10:15 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

25/07/2012

Industrie de l'automobile, la droite réclame toujours une baisse du coût du travail dans ce secteur

Interrogés à la suite des déclarations du gouvernement sur son plan de relance de l'industrie automobile, les ténors de droite, de Jean-Louis Boorlo à Luc Chatel en passant par Valérie Pécresse réclament tous une baisse du coût du travail. Et la solution serait donc pour eux une TVA Auto, ersatz de feu la TVA anti-délocalisation ; on augmente fortement la TVA sur la vente d'automobiles, de toutes les automobiles, et en même temps on réduit les charges sociales payées par les industriels du secteur. Déjà, cela pose un problème de justice ... pourquoi seulement le secteur automobile ?

Bon, imaginons que l'on passe la TVA sur les automobiles de 19,6% à 25%, voire même jusqu'à 33%. Et on baisserait donc d'autant les charges sociales des employeurs (et des employés ?) du secteur automobile ...

Premier problème, Renault et PSA ne contribuent qu'à hauteur de la moitié des ventes en France, ce qui signifie donc que l'autre moitié des acheteurs devrait renoncer à la diversité de l'offre automobile (plus cher pour s'acheter une Austin Mini, une Fiat 500 ou une Golf VolsWagen). En même temps, Renault et PSA ne seraient pas en mesure d'augmenter significativement leur production pour pallier à cette situation critique.

Second problème, Renault produit trois véhicules sur quatre hors de France, et PSA en délocalise une sur deux. Et pour tous ces véhicules fabriqués à l'étranger, essentiellement les petits modèles urbains (en Slovénie pour la Renault Twingo, en République Tchèque pour la Citroen C1 et la Peugeot 107), nos constructeurs nationaux seraient dans l'impossibilité de compenser une hausse de la TVA par une baisse du coût du travail ...

Dommage que la droite s'arc-boute sur une posture idéologique aussi libérale, aussi irresponsable en terme de perénité du financement de notre système social. Parce que le marché automobile va se contracter inévitablement (2 millions de ventes de véhicules neufs prévus en France en 2012 contre 2,15 millions en 2011, 2,21 millions en 2010 et 2,27 millions en 2009), cela conduirait donc en parallèle à réduire les recettes de la sécurité sociale.

Et que penser du plan du gouvernement dévoilé ce matin par Arnaud Montebourg ? Ma réponse renvoie à ma précédente note sur le changement climatique. Le véhicule propre est une bonne réponse, mais c'est une réponse qui ne peut pas être dissociée d'une réflexion plus globale sur nos ressources énergétiques. Elle viendrait d'où cette électricité ? En tous cas, je suis fortement favorable à ce que les flottes des collectivités locales passent au vert ; ce sont des véhicules qui restent cantonnés au territoire de la commune, qui font peu de kilomètres par jour et dont on ne peut quand même pas se passer.

Evolution du climat, s'adpater à long terme ou lutter à court terme ?

Météo France et divers instituts de recherche dévoilent leurs simulations sur le changement du climat au cours de ce siècle (voir le simulateur de Météo France). Saison par saison, région par région, ce simulateur indique les évolutions attendues sur la température, sur les précipitations et sur les réserves d'eau dans notre sous-sol. Et ce n'est malheureusement pas une surprise de constater que le Languedoc-Roussillon va subir une évolution majeure de son climat qui aura des conséquences directes sur l'agriculture, sur le tourisme, mais aussi dans notre vie quotidienne.

Et il y a deux attitudes possibles face à ces données scientifiques ; soit nous suivons la théorie de l'évolution de Charles Darwin et nous aurons alors à nous adapter à ces évolutions, soit nous faisons le maximum pour que la température moyenne à la surface de la Terre n'augmente par de 3 à 5° d'ici la fin du 21ème siècle. Dans les deux cas nous aurons des sacrifices à faire : nous disposerons de moins d'eau potable si nous laissons faire, mais nous pouvons aussi émettre moins de gaz à effet de serre si nous avons la volonté de lutter contre cette prévisible catastrophe climatique.

Or, nous connaissons bien les solutions à mettre en oeuvre pour émettre mois de gaz à effet de serre, et donc réduire petit à petit cet effet de serre qui augmente la température de la Terre. Nos autoroutes, et surtout l'A9, témoignent de l'absence de volonté politique pour réduire les flux de camions. L'alternative du rail n'est pas un gadget, elle doit s'imposer ! Idem pour les transports en commun et la voiture individuelle qui doivent passer à l'électrique.

Autre source d'émission de gaz à effet de serre, le chauffage des habitations et des locaux professionnels. Pour les constructions neuves, la réglementation thermique 2012 incite déjà très fortement aux basses consommations. Mais il reste le foncier bâti existant, avec un vivier d'emplois à la clé.

Derrière ces axes urgents, se cache la fée électrique. Electricité pour nous déplacer, électricité pour se chauffer, électricité pour nous éclairer, et électricité pour tous les équipements de travail sur lesquels repose notre activité économique. Oui, mais une électricité produite à partir d'énergies renouvelables ! Depuis le début de cette année, une ferme photovoltaïque expérimentale fonctionne près d'Ajaccio (projet MYRTE) ; elle permet de stocker l'énergie sous forme d'hydrogène et donc de toujours pouvoir produire de l'électricité (même la nuit). Cette installation de 3.000 m2 de panneaux photovoltaïque produit 560 Kw et alimente 200 foyers en toute autonomie. C'est là où doit se focaliser la recherche publique et privée, et non pas sur de nouvelles générations de réacteurs nucléaires ou sur l'exploitation de gaz de schiste. Un exemple de recherche utile, le rendement des cellules photovoltaïques.

Enfin, n'oublions pas la sobriété (ne consommer de l'énergie que lorsque cela est nécessaire, et par exemple se déplacer en vélo plutôt qu'avec sa voiture en ville) et l'efficacité des équipements électriques.