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25/07/2012

Industrie de l'automobile, la droite réclame toujours une baisse du coût du travail dans ce secteur

Interrogés à la suite des déclarations du gouvernement sur son plan de relance de l'industrie automobile, les ténors de droite, de Jean-Louis Boorlo à Luc Chatel en passant par Valérie Pécresse réclament tous une baisse du coût du travail. Et la solution serait donc pour eux une TVA Auto, ersatz de feu la TVA anti-délocalisation ; on augmente fortement la TVA sur la vente d'automobiles, de toutes les automobiles, et en même temps on réduit les charges sociales payées par les industriels du secteur. Déjà, cela pose un problème de justice ... pourquoi seulement le secteur automobile ?

Bon, imaginons que l'on passe la TVA sur les automobiles de 19,6% à 25%, voire même jusqu'à 33%. Et on baisserait donc d'autant les charges sociales des employeurs (et des employés ?) du secteur automobile ...

Premier problème, Renault et PSA ne contribuent qu'à hauteur de la moitié des ventes en France, ce qui signifie donc que l'autre moitié des acheteurs devrait renoncer à la diversité de l'offre automobile (plus cher pour s'acheter une Austin Mini, une Fiat 500 ou une Golf VolsWagen). En même temps, Renault et PSA ne seraient pas en mesure d'augmenter significativement leur production pour pallier à cette situation critique.

Second problème, Renault produit trois véhicules sur quatre hors de France, et PSA en délocalise une sur deux. Et pour tous ces véhicules fabriqués à l'étranger, essentiellement les petits modèles urbains (en Slovénie pour la Renault Twingo, en République Tchèque pour la Citroen C1 et la Peugeot 107), nos constructeurs nationaux seraient dans l'impossibilité de compenser une hausse de la TVA par une baisse du coût du travail ...

Dommage que la droite s'arc-boute sur une posture idéologique aussi libérale, aussi irresponsable en terme de perénité du financement de notre système social. Parce que le marché automobile va se contracter inévitablement (2 millions de ventes de véhicules neufs prévus en France en 2012 contre 2,15 millions en 2011, 2,21 millions en 2010 et 2,27 millions en 2009), cela conduirait donc en parallèle à réduire les recettes de la sécurité sociale.

Et que penser du plan du gouvernement dévoilé ce matin par Arnaud Montebourg ? Ma réponse renvoie à ma précédente note sur le changement climatique. Le véhicule propre est une bonne réponse, mais c'est une réponse qui ne peut pas être dissociée d'une réflexion plus globale sur nos ressources énergétiques. Elle viendrait d'où cette électricité ? En tous cas, je suis fortement favorable à ce que les flottes des collectivités locales passent au vert ; ce sont des véhicules qui restent cantonnés au territoire de la commune, qui font peu de kilomètres par jour et dont on ne peut quand même pas se passer.

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