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24/06/2012

Ah, la croissance durable ... mais jusqu'où ?

Dans l'une de ses récentes choniques dans les colonnes du Monde, le journaliste Hervé Kampf dresse un tableau très fidèle mais aussi très inquiétant du déni d'écologie qui accompagne les premières décisions du Gouvernement et de ses services.

Les socialistes renouent sans complexe avec leur vision productiviste nombriliste. Il faut créer de l'emploi (voire même n'importe quel emploi), il faut faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat et on laissera aux générations futures le soin de gérer l'héritage.

Mais l'urgence n'est pas encore en France, ni même en Europe. Cette croissance économique durable souhaitée à Rio se fera sur le dos de centaines de millions de personnes dans des pays comme la Chine et l'Inde ; et ce sont ces pays là qui sont en danger car ils vont tout droit dans des conflits sociaux majeurs, voire même vers des situations insurectionnelles. Un exemple en Inde où cent millions d'Indiens profitent de l'essor économique de leur pays quand un milliards de leurs compatriotes, souvent des ruraux, ne sortent pas de la pauvreté. Or, on sait que tous n'auront pas accès à un mode de vie moderne ... Jusqu'à quand une telle cohabitation durera ?

Bon, François Hollande n'est à la tête de l'Etat Français que depuis un peu plus d'un mois, alors il faut souhaite qu'il puisse encore nous enchanter ...


Ecologie | chronique

Croissance à la matraque (Le Monde)

Edition du 24 juin 2012 - Le premier jet de gaz lacrymogène lancé par le gouvernement socialiste aura donc visé des paysans et des écologistes : jeudi 21 juin, les gendarmes ont tiré à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) des grenades sur des opposants au projet d'aéroport. Mercredi 20 juin, d'ailleurs, les forces de l'ordre avaient évacué à Chefresne (Manche) un local pourtant loué par le maire à des opposants au projet de ligne électrique du réacteur EPR en construction à Flamanville. Jeudi, on apprenait que l'exploration de pétrole au large de la Guyane serait autorisée, alors que la ministre de l'écologie, Nicole Bricq, avait souhaité la mise à plat du dossier. Ex-ministre, au demeurant, puisque Mme Bricq a été délogée le même jour par surprise lors du remaniement, le ministère de l'écologie étant confié à une jeune femme, Delphine Batho, talentueuse mais aussi ignorante des dossiers de l'écologie - à l'exception de celui des OGM - que démunie d'expérience ministérielle.
Voilà donc des débuts fracassants pour la politique écologique du premier ministre, M. Ayrault. La couleur est annoncée - notamment pour le débat à venir sur l'énergie : les intérêts des grandes entreprises sont prioritaires. Et l'objectif qui détermine tout, comme l'explique une parlementaire PS écologiste (cela existe), " c'est de faire des points de croissance ". Du béton pour les aéroports et pour les centrales nucléaires, c'est de la croissance, donc, vive le béton.
Les dirigeants français, hélas, ne font que refléter la pensée des classes dominantes de tous les pays, qui s'est exprimée à Rio. Contrairement à ce que l'on pense, il s'est passé quelque chose au Sommet de Rio : la victoire de l'idéologie croissanciste sur l'approche écologiste. Ce triomphe est inscrit dans la déclaration finale, adoptée vendredi 22 juin, où le mot qui revient le plus fréquemment est " croissance " (vingt-quatre occurrences). Le seul engagement pris dans l'introduction, intitulée " Notre vision commune ", est celui-ci : " Nous nous engageons à travailler ensemble en faveur d'une croissance économique durable. "
Ni le changement climatique ni la biodiversité ne sont cités dans cette introduction. Plus loin seulement, on lit : " Nous reconnaissons que les changements climatiques sont à l'origine d'une crise transversale et persistante. " Le nouveau développement durable ? Croissance über alles. Vous n'êtes pas d'accord ? Matraque et gaz lacrymogènes.
 
par Hervé Kempf

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