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19/05/2012

L'Hérault apportera-t-il sa pierre à l'édifice majoritaire pour François Hollande ?

Ils seront 128 candidats (titulaire et suppléant-e) à se présenter dans l'Hérault au premier tour des législatives du 10 juin 2012 (cf. liste préfectorale) ; cela fait une moyenne de 14 candidats par circonscription. Et sur les 9 circonscriptions de l'Hérault, c'est une trentaine d'étiquettes politiques différentes qui proposeront un projet pour la France : Front National, UMP, Lutte Ouvrière, Debout la République, Majorité présidentielle 2012, Le trèfle, Parti Communiste Français, Union Républicaine Populaire, Solidarité-Ecologie-Gauche alternative, Europe Ecologie Les Verts, Parti Radical, Le Centre pour la France, La France en Action, Parti Ouvrier Indépendant, Front de Gauche, Parti Radical de Gauche (PRG), Parti Pirate, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Socialiste, Nouveau tiers Etat, Alliance Ecologiste Indépendante, Mouvement écologiste indépendant, Parti Chrétien Démocrate, Cap 21, Parti Occitan, Alliance centriste, Solidarité et progrès. Sans compter les "sans étiquette" ...

Comment interpréter cette abondance de candidatures et d'étiquettes quand on sait qu'il faut faire 5% des votants pour être remboursé de ses frais de campagne et 12,5% des inscrits pour figurer au second tour ? Certains y verront la diversité que la démocratie permet d'exprimer. D'autres seront moins angéliques en rappelant que le financement public des formations politiques dépend directement des résultats aux élections législatives !

Mais sur le fond, quel est l'état des rapports de force ? L'hérault qui ne compte aujourd'hui que deux députés socialistes contribuera-t-il à donner à François Hollande la majorité parlementaire dont il a besoin ?

Sur la prémière circonscription de l'Hérault, la gauche risque de ne pas être présente au second tour. En effet, le candidat écologiste J-L. Roumégas soutenu par le Parti Socialiste affrontera à gauche le Maire de Lattes (C. Meunier), l'ancien chef de cabinet d'Hélène Mandroux à la Mairie de Montpellier (Ch. Khoury), son collègue F. Viguié qui siège au sein du même groupe politique au Conseil Municipal de Montpellier, et une candidate du Parti Communiste (F. Thonnat). La droite est beaucoup moins dispersée avec le Maire de Palavas (Ch. Jeanjean) pour l'UMP et A. Jamet pour le Front National.

Sur la seconde circonscription laissée vacante par André Vézhinet, c'est A-Y. Le Dain qui a été investie pour le Parti Socialiste. René Revol pour le Front de Gauche entamera certainement une part de l'électorat de gauche, ainsi que l'écologiste M. Majdoul, mais la droite ne présente pas des candidats de premier plan et cette circonscription devrait donc rester à gauche. A noter le désistement de Mohamed Bouklit qui a choisi de se retirer pour ne pas permettre au Front National de jouer les arbitres.

Sur la troisième, la sortant UMP J-P. Grand est en danger ; le redécoupage de sa circonscription ne lui a pas été favorable et il pourrait donc faire les frais de la dynamique présidentielle. La candidate socialiste F. Dombre Coste n'a pas à gauche de concurrence dangereuse et elle pourrait donc apporter un siège supplémentaire à la majorité de François Hollande.

Sur la quatrième circonscription, les opposants au député UMP sortant R. Lecou ne manquent pas de notoriété ! Son principal concurrent est le Conseiller général socialiste F. Roig, mais il faut aussi compter sur l'écologiste Y. Pietrasanta, le premier adjoint centriste de Lodève (H. Madani), l'ancien frontiste J-C. Martinez et le communiste Y. Garcia. Le député Lecou n'a plus d'ancrage local depuis qu'il a perdu la mairie de Lodève en 2008, et cette circonscription pourrait donc revenir à la gauche.

La cinquième circonscription pourrait être la surprise de ce premier tour, avec peut-être une élection dès le premier tour du député sortant socialiste K. Mesquida. Ses opposants de gauche comme de droite n'ont pas d'ancrage important sur un territoire qui couvre près d'un tiers du département de l'Hérault.

Le Front National jouera l'une de ses cartes en Languedoc-Roussillon sur la sixième circonscription en misant sur une triangulaire. Mais le Parti Socialiste aura deux candidats (D. Roques et A. Fulleda), ce qui pourrait l'empêcher d'accéder au second tour et donc d'assurer au député sortant UMP (E Aboud) d'être réélu. En tous cas, la machine à perdre ne s'est pas enrayée chez les socialistes Bittérois et le Maire de Béziers doit s'en réjouir à l'avance ...

Sur la septième circonscription, la gauche n'a pas trouvé de compromis pour afficher un front uni contre le député UMP sortant (G. D'Ettore) et contre la frontiste F. Jamet. Le socialiste S. Denaja et le communiste S. Andral pourraient ne pas accéder au second tour ...

Les huitième et neuvième circonscriptions sont nouvelles et elles n'ont donc pas de député sortant. A l'ouest de Montpellier, sur les secteurs de Frontignan et de St-Jean de Védas, le communiste M. Passet, le socialiste Ch. Assaf, le radical de gauche Ph. Thines  et l'écologiste F. Baraize vont tenter d'empêcher le leader départemental de l'UMP, A. Julien, de prendre la huitième circonscription. Il n'est pas certain que le nombre soit leur allier le plus efficace :=(

Sur la neuvième circonscrption qui avait été découpée pour le Maire UMP de la Grande-Motte S. Rossignol, c'est le socialiste P. Vignal qui sera son principal adversaire. Les autres candidats de gauche comme de droite ne devraient pas empêcher ces deux là de se confronter au second tour, et l'issue du scrutin dépendra énormément du basculement possible de l'Assemblée Nationale.

En conclusion, la gauche devrait au moins assurer deux sièges sur la 34-02 et sur la 34-05. L'effet "vague rose et verte" devrait jouer sur la 34-03, sur la 34-04 et sur la 34-09. La concurrence à gauche au premier tour devrait par contre lui être fatale sur la 34-01, sur la 34-06, sur la 34-07 et peut-être même sur la 34-08.

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