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04/05/2012

Vivement la 6ème République !

La campagne pour l'élection présidentielle prend fin aujourd'hui sur deux constats amers. Le premier constat est que nous allons bien élire un monarque, dans la tradition historique de la France. Les Français sont comme ça, ils ont besoin d'un chef ; Clovis, Henri IV, Napoléon, De Gaulle, ... mais pas Sarkozy ;-) Et cette campagne qui n'en finissait pas a été un trop long concours de gonflette et de provocations.

Le second constat porte sur le projet qui conduira la France jusqu'en 2020 et au delà. François Hollande l'a rappelé, il ne s'engage auprès des Français que sur ses 60 propositions et ce sera le socle de sa majorité parlementaire. Est-ce à dire que le Parlement sera figé dans ce carcan programmatique pendant toute la durée du mandat ?

Déjà, les 60 propositions de François Hollande ne constituent pas une rupture de modèle économique, social et politique ; on reste là dans la continuité du modèle dominant qui fait la part belle à la mondialisation, au consumérisme et à la financiarisation des activités humaines.

Alors quelle liberté de légiférer restera-t-il à la majorité qui sera élue le 17 juin ? On peut espérer qu'elle revendiquera le respect de la séparation des pouvoirs, et que les parlementaires pourront porter au débat des propositions plus audacieuses que celle du candidat socialiste à l'élection présidentielle. Mais les députés et les sénateurs seront confrontés au dilemme des légitimités concurrentes du Président de la République et du Parlement. Les deux sont élus au suffrage universel (indirect pour les sénateurs), et dans les deux cas ces élus du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif peuvent revendiquer la légitimité démocratique de leur élection par les citoyens.

La démocratie ne peut pas être la démocratie dans une telle situation où deux mêmes légitimités démocratiques se font face. Et on a bien vu dans les périodes de cohabitation comment l'exécutif et le législatif s'affrontaient, avec un gouvernement à fleurets mouchetés comme courroie de transmission ...

Il faut désormais réclamer une vraie démocratie parlementaire avec de nouvelles règles de gouvernance de l'Etat. L'Europe ajoute à l'urgence de nous doter d'un édifice politique plus démocratique ; nous avons vu ces derniers mois pendant la crise de la zone Euro comment Angela Merkel et Nicolas Sarkozy intervenaient, la première sous mandat du Bundestag et le second de sa propre autorité. De nombreux partis politiques et beaucoup d'intellectuels ont travaillé à l'élaboration d'une nouvelle constitution, celle de la 6ème République. Il faut cesser d'en parler dans des conférences pour initiés, il faut la mettre en place !

15:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

"les français sont comme ça" ? alors allonz'y :
et les allemands sont "comme ci"
et les algériens sont comme quoi ?
c'est quoi ce classement par nationalité ?

Par ailleurs rappelez-moi quels candidats ont appelé à une 6e république ? et avec qui EELV a choisi de s'allier ? y aurait pas comme une contradiction ?

Écrit par : vieille dame | 04/05/2012

Sur la 6ème république, c'est un objectif partagé par des femmes et des hommes issus de plusieurs partis politiques (Parti de Gauche, Europe Ecologie Les Verts, Parti Socialiste, ...). C'est vrai que c'est essentiellement une revendication de gauche ; la droite se satisfait pleinement de la monarchie présidentielle de la 5ème.

Quant aux cultures politiques des uns et des autres, elles sont une réalité. Anglais, Belges, Espagnols et d'autres peuples européens sont majoritairement attachées à leurs têtes couronnées. En même temps, avec ou sans roi, certains pays ne voient pas la démocratie autrement qu'au travers de leur représentation parlementaire. Alors ces aspirations politiques sont-elles liées aux nationalités ? Oui, en partie, car la culture politique d'une nation est aussi le fruit de son histoire. Et l'histoire de France témoigne d'un attachement constant à un chef ; et surtout en tant de crise ! En 1940, les Français donnent les pleins pouvoirs à Philippe Pétain ; la République est humiliée et rares sont les parlementaires à s'y opposer (cf. Vincent Badie). En 1944 puis en 1958, Charles de Gaulle "assume les pouvoirs de la République" ...

De toutes façons, on mesure bien les taux de participation à l'élection présidentielle et aux élections législatives ou européennes. L'appétit politique des Français se focalise essentiellement sur l'élection du chef, le Président de la République et leur Maire (autre participation importante lors des élections).

Écrit par : Laurent Dupont | 05/05/2012

Eh ben, je ne suis pas française alors selon vos critères ?! j'espère que je ne serai pas expulsée dans la prochaine charrette !
par ailleurs il y a quand même un effet de contrainte : je vais voter pour l'élection présidentielle, même au deuxième tour, et pourtant je suis contre ce type de gouvernement... donc cela ne prouve pas l'enthousiasme des français pour ce type de gvt, seulement qu'ils sont conscient de la réalité : le président, sous ce régime, est omnipotent, et donc important pour les choix à venir !

Écrit par : vieille dame | 05/05/2012

Les commentaires sont fermés.