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23/02/2012

Hollande, nucléo-réaliste :-(

François Hollande est écartelé entre ses alliés écolos et ses amis de l'industrie nucléaire, mais dans tous les cas il n'affiche aucune conviction personnelle.

S'engager à ne fermer qu'une seule centrale nucléaire dans les cinq ans de mandat témoigne d'un souci permanent de compromis mou, et finalement il pourrait aussi bien les fermer toutes que n'en fermer aucune ... Quels sont les arguments des anti-nucléaires ? Que les centrales nucléaires constituent désormais un risque trop important (après Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima), que la gestion de leurs déchets est un problème récurrent que nous reportons sur les générations futures, que le principe d'indépendance énergétique est un mythe, mais aussi que leur rendement ainsi que leur disponibilité sont loin de répondre aux besoins en électricité (cf. importation massive l'hiver). Face à ces problèmes, on ne peut qu'engager un processus de fermeture progressif des réacteurs nucléaires de notre territoire.

Alors que signfie de dire qu'il n'en fermera qu'une seule en cinq ans et qu'il tendra vers 50% d'énergie nucléaire dans le bouquet des ressources électriques d'ici 2020 ? Prenons l'exemple de la sécurité routière. Quand on pose le principe que la vitesse est un facteur d'accidentologie et donc que la vitesse des véhicules est limitée sur autoroute, sur les routes et en ville ; cela vaut pour tous les véhicules ! On ne dit pas que la moitié du parc des véhicules en circulation pourrait rouler jusqu'à 130 km/h sur autoroute et que l'autre moitié serait limitée à 110 km/h, par exemple parce que cette autre moitié serait constituée de véhicules de plus de 10 ans.

Mais les écologistes ne sont pas non plus des Ayatollahs. On sait (cf. scénario Négawatts) qu'en poussant au maximum l'efficacité des équipements électriques et la sobriété de la consommation, par exemple en isolant mieux les constructions, on peut réduire de 65% notre consommation d'électricité. Il est donc possible de fixer un objectif de fermeture de réacteurs nucléaires qui serait corrélé à un indicateur d'économie d'énergie. De même pour les énergies renouvelables, on pourrait corréler un rythme de fermeture de centrales aux capacités nouvelles de production issues des sources d'énergie renouvelable.

Un tel scénario est compréhensible par tout un chacun, et il ne doit pas générer un clivage politique. Et l'alternative au nucléaire n'est pas le retour à la lampe à huile ... Produire des équipements efficaces est même devenu un argument commercial ; aujourd'hui, il ne se vend presque plus que des équipements classés A, et il faudrait presque définir des sous-catégories de A. Isoler des maisons, c'est un gisement d'emplois non délocalisables. Idem pour le démantèlement des centrales ... Et les Allemands qui sont si souvent cités en exemple ne s'y sont pas trompés ; ils créent de l'emploi non délocalisable et ils génèrent ainsi de la croissance économique.

Peut-être qu'une fréquentation plus assidue du futur Président de la République de quelques écologistes pédagogues lui fera changer d'avis en cours de mandat. Il ne faut pas désespérer ...

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