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30/01/2012

Après les propositions de François Hollande bien ancré à gauche, Nicolas Sarkozy affirme son positionnement à droite.

En une semaine, nous avons eu le discours très Mittérandien de François Hollande au Bourget puis ses 60 propositions qui encadrent une orientation politique fortement ancrée à gauche, et là Nicolas Sarkozy projette le prochain scrutin présidentiel dans une pugnace confrontation gauche-droite.

Une politique de gauche, c'est la mise en oeuvre d'actions qui favorisent le progrès social. Et si les gens sont mieux soignés, mieux formés, mieux transportés, mieux logés, ... alors ils seront plus efficaces au travail. Et pour le coup, les 60 propositions de François Hollande rentrent bien dans cette dynamique du progrès social.

Une politique de droite, c'est miser sur le bon état de l'économie et sur la richesse nationale pour permettre aux salariés et à leurs familles de se soigner, de se former, de se déplacer, de se loger, etc. Et les mesures annoncées ce soir par Nicolas Sarkozy en témoignent !

Prenons par exemple le logement. A gauche, avoir un toit est un droit, un préalable à toute autre activité sociale, et l'Etat doit garantir à tous les français de pouvoir se loger. Pour Sarkozy, le logement c'est surtout des entreprises du bâtiment qui vont pouvoir remplir leurs carnets de commandes. Ainsi, augmenter de 30% la constructibilité des parcelles urbaines ne signifie pas un meilleur accès au logement pour tous ceux qui en ont besoin, mais ça assure aux entreprises du secteur des chantiers plus nombreux. Et derrière cette décision de Sarkozy, il y a la perspective que ces entreprises créent de l'emploi ...

Sauf qu'en même temps, Nicolas Sarkozy annonce que les baisses ou que les augmentations d'activité dans les entreprises pourront donner lieu à des accords en entreprise pour moduler de façon conjoncturelle la durée du temps de travail, les embauches et les salaires. Mais il est à craindre que ceux qui voient les commandes arriver, qu'ils s'agissent des employeurs comme des employés, préfèreront augmenter leur propre activité plutôt que d'embaucher et ainsi de réduire le chômage.

Autre clivage gauche-droite dans les déclarations de Nicolas Sarkozy, la hausse de 1,6% de la TVA. Là, Sarkozy mise sur la concurrence et sur l'amélioration de la compétitivité des entreprises pour booster l'activité économique, et ainsi créer de la croissance. Et c'est la croissance qui est sensée créer de l'emploi ...

Ce modèle capitaliste a  connu son heure de gloire dans des régions industrielles ; pour ceux qui se sont déjà promenés dans les rues de Clermont-Ferrand ou de Boulognne-Billancourt, les usines Michelin et Renault ont marqué socialement la vie de ces cités ouvrières. Mais le capitalisme financier et la mondialisation ont rompu avec cette tradition sociale. Quels fonds de pension ou quelles multinationales s'inquiètent du bien-vivre de leurs employés ?

Mais il y a un axe qui est totalement occulté par les deux favoris de la présidentielle, c''est celui de l'environnement. Or, le progrès social ne peut pas s'exonérer d'un développement vivable. Et là, il faut que nos modes de vie tiennent compte par exemple de critères sanitaires sans lesquels nous connaîtrons de plus en plus de maladies (365.600 nouveaux cas de cancer en France en 2011, le cancer est la première cause de mortalité chez les hommes). De même, le dynamisme économique doit s'incrire dans la durée et cela induit un développement viable. Ainsi, l'épuisement des ressources naturelles que nos modes de production consomment aveuglément pose la question de ce que nous laisserons aux générations futures.

Dans la campagne électorale qui ira crescendo jusqu'en avril et mai prochains, nous avons inévitablement deux grilles de lecture majeures ; tout d'abord celle de l'acteur de la vie sociale avec la charge d'une famille et des obligations personnelles omniprésentes, mais aussi celle de l'acteur économique comme salarié ou comme entrepreneur. Les français sont donc plutôt réceptifs aux questions qui portent sur le logement, sur le pouvoir d'achat, sur la productivité des entreprises ou encore sur le coût du travail, et l'environnement est presque le dernier de leurs soucis.

Aussi, outre l'originalité d'Eva Joly vis-à-vis de ses concurrents, il est clair que la candidate d'Europe Ecologie Les Verts défend un projet difficilement audible dans ce contexte. Son pacte pour l'emploi qui va créer un million d'emplois d'ici 2020, essentiellement dans l'économie verte, ainsi que le leitmotiv de la transformation écologique de l'économie sont des orientations militantes à moyen terme qui ne rencontrent pas les préoccupations quotidiennes des Français.

Personnellement, je reste convaincu que le progrès social et que l'efficacité économique n'ont pas à se confronter ; il faut des deux. Mais sans oublier que le développement reste durable !

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