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01/11/2011

Vie politique et économie financière, deux tempo antagonistes.

Les discussions en cours entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie Les Verts autour du contrat programmatique pour les législatives de 2012, et en l'occurrence sur l'avenir du nucléaire, plombent l'action d'EDF à la bourse de Paris. Dès l'annonce vendredi 28 octobre des premières propositions consensuelles entre les deux formations politiques, à savoir la fermeture des plus anciennes centrales du parc nucléairre français, l'action d'EDF perdait 5,52%. Et elle continuait de perdre de la valeur en ce début de semaine (-2,47% lundi 31 octobre et -2,72% mardi 1er novembre en milieu de journée).

Ce lundi 31 octobre, le 1er ministe Grec Georges Papandréou décidait de soumettre le plan de sauvetage de son pays, tel que décidé par les dirigeants de l'Euroland la semaine dernière, à une double validation. Il sollicite d'abord la confiance du Parlement Grec, mais il soumet aussi le plan et ses conséquences économiques et sociales à un référendum début 2012. Or, cette décision profondément démocratique ne rencontre pas l'enthousiasme des marchés financiers !

A la bourse de Paris, les valeurs financières ont toutes décroché ! A la mi-journée de ce mardi 1er novembre, les actions des sociétés Axa, BNP Paribas, Crédit Agricole et Sociéte Générale perdaient respectivement -10,79%, -9,41%, -10,08% et -13,67%, entraînant le CAC40 à -3,80%. La veille, peu après la déclaration du 1er ministre Grec, ces valeurs étaient aussitôt malmenées sur les marchés (-11%, -9,21%, -10,5% et -13,79% pour un CAC40 à -3,81%). Mais derrière Wall Street et le Down Jones qui perdait quelques points pendant la nuit, les autres places boursières digèrent très mal la décision grecque de consulter la population.

Ces deux exemples d'actualité illustrent le fait que l'action politique a encore de l'influence sur l'économie ! Il reste maintenant aux politiques d'aller plus loin, de ne plus se contenter d'affronter les marchés financiers  mais d'influencer l'économie réelle.

Mais il y a aussi un énorme problème de tempo ! La vie boursière qui ne s'arrête jamais et qui réagit immédiatement à l'actualité mondiale nous entraîne dans une spirale aussi virtuelle que paranoïaque. Une solution, ce serait que les places boursières n'ouvrent qu'un jour par mois ! En effet, pourquoi laisser les marchés financiers spéculer heure par heure alors que l'économie réelle ne varie pas au même rythme ?

Commentaires

j'aimerais avoir votre analyse sur le pourquoi de la nécessité de maintenir les bourses telles qu'elles sont, même une fois par mois.

Écrit par : vieilledame | 01/11/2011

Il y a deux marchés distincts à la bourse, le marché des actions et celui des obligations.
Le marché des actions a son utilité car il permet à des entreprises de trouver des apporrts financiers pour leur expansion. En effet, prenons une entreprise qui vient de se lancer sur une idée nouvellle qui a été validé sur un marché local ou national et que ses dirigeants souhaitent étendre. Pour cela, il faut investir dans l'outil de production, il faut embaucher et il faut étendre un réseau commercial. Je trouve sain qu'une telle entreprise puisse trouver un soutien financier en ouvrant son capital d'actions. Et pour cela,, on peut ouvrir la bourse un jour par mois. Idem pour les échanges d'actions pout tous ceux qui veulent vendre ou investir. Ce marché des actions se situe dans le long terme et il favorise le développement économique.

Mais en ouvrant tous les jours, et même 24h/24 au travers des places boursières du monde entier, les entreprises se trouvent fragillisées par les effets de l'actualité sur les actions. Avec une valeur fortement à la baisse, les entreprises prennent le risque de se faire racheter. Une banque Chinoise pourrait plus facilement lancer une OPA sur la Société Générale ...

Le marché des obligations permet aux entreprises, mais aussi aux Etats pour près de la moitié du marche obligataire mondial, de trouver des capitaux comme on fait des emprunts auprès des banques. Et c'est là où la bourse devient un casino géant, car les acteurs financiers spéculent massivement sur ces obligations. L'emprunt que fait une entreprise sur le marché obligataire passe alors de main en main au grè des aléas boursiers. Et c'est là où les agences de notation jouent un rôle majeur en notant les acteurs du marché.

Et pour le public, il serait sain que les commentateurs fassent plus souvent la distinction entre ces deux marchés boursiers.

Écrit par : L. Dupont | 01/11/2011

vous pensez donc qu'il est normal que des gens qui ont de l'argent en trop (à placer) parient sur des entreprises et la possibilité qu'elles leurs "rapportent" en réussissant à faire des bénéfices.
vous pensez que ces gens sont les meilleurs juges pour savoir si une entreprise vaut le coup qu'on investisse sur elle ?

pourtant, pendant une longue période, par exemple, j'ai entendu dire qu'il fallait (quand on avait des sous) investir dans l'industrie pharmaceutique... pensez-vous que le critère : rapporter à ses investisseurs nous garantisse une industrie pharmaceutique soucieuse de l'environnement, soucieuse en priorité de la santé de ses consommateurs ? et soucieuse de maintenir l'emploi ? - en gros, soucieuse des humains plus que des profits ?

Écrit par : vieilledame | 04/11/2011

Les commentaires sont fermés.