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12/01/2011

Dette et pouvoir d'achat, deux indicateurs économiques à vocation purement politique. Attachons nous plutôt au potentiel économique global du pays.

Pour relancer l'économie, la droite veut réduire la dette quand la gauche veut augmenter salaires et impôts.

La droite se focalise sur la dette en prétextant que son remboursement ampute la capacité d'investissement de l'Etat, mais cela constitue à court et moyen terme une contraction de l'économie. Réduire le nombre de fonctionnaire et limiter la capacité d'investissement des collectivités locales sont deux exemples de ce que l'objectif de réduire la dette peut générer comme effet boomerang.

La gauche revendique pour sa part une augmentation du pouvoir d'achat des ménages et elle se focalise sur la hausse des salaires. Mais là ce sont les entreprises que l'on va amputer d'une partie de leur capacité d'investissement et d'embauche. En même temps, la gauche propose une augmentation des impôts afin de garantir nos services publics ; et c'est là encore de l'argent qui va manquer au tissu économique national.

Dans les deux cas, ce sont des postures idéologiques qui ont cinquante ans, et elles ne font que contracter l'économie. La droite a toujours voulu baisser le train de vie de l'Etat, et Sarkozy avec sa RGPP emboîte le pas de Thatcher et Reagan. La gauche a toujours voulu augmenter le pouvoir d'achat des ménages et doter la nation de services publics performants et équitables.

Mais la réalité n'est pas aussi manichéenne ! Oui, il faut réduire la dette de l'Etat. Oui, il faut abonder les recettes fiscales de l'Etat pour avoir de vrais services publics (santé, éducation, justice, solidarité, ...). Oui, il faut une juste répartition des fruits de l'activité économique et pour cela le rapport entre les salaires les plus bas et les plus élevés est inacceptable.

Quand on prend un peu de recul et que l'on observe la situation globale du pays, elle est plutôt bonne. La France dispose d'un potentiel que n'ont pas tous nos voisins occidentaux. L'épargne des ménages est par exemple l'une des plus fortes des finances occidentales, mais elle ne profite pas à notre économie. Dans les domaines de la banque, de l'assurance, de l'énergie, des transports, de l'aéronautique ou encore dans l'ingénierie de l'eau, nous avons les entreprises les plus performantes du monde ; mais leur activité ne profite pas directement à notre propre économie.

Et il est là le paradoxe, la France dispose d'un potentiel remarquable, mais il n'est pas mis au service de l'intérêt général. Pire, Sarkozy a fait de son mandat à l'Elysée une opération de délitement de l'intérêt général au profit d'intérêts particuliers (le gang du Fouquet's). Nous faisons face à un apauvrissement idéologique qui doit nous indigner ! Il faut remettre de la solidarité dans la politique, de l'équité dans l'économie et ne pas oublier la planète et sa biodiversité. Ca ne sert à rien de réduire le train de vie de l'Etat juste pour réduire la dette ou d'augmenter les salaires (de ceux qui ont un travail) juste pour consommer un peu plus. D'abord, regardons ou nous voulons aller ensemble.

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