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20/11/2010

Le cas Mélenchon

Voilà une tribune du journal Le Monde signé Noel Mamère que de nombreux militants écologistes approuvent sans hésitation, tellement les combats menés avec les militants du Parti de gauche sont partagés, mais les prises de position de J-L. Mélenchon sentent le souffre. Ainsi, sa vénération pour le mouvement Bolivarien en Amérique Latine, qu'incarne un Hugo Chavez dont le populisme s'accorde avec autoritarisme, place sa candidature pour la présidentielle de 2012 dans une radicalité d'un autre temps.


Le Parti de gauche : populaire ou populiste

Une hargne antimédias caricaturale

LEMONDE | 19.11.10 | 13h49  •  Mis à jour le 19.11.10 | 17h43

J'ai de nombreux désaccords avec Jean-Luc Mélenchon. Je suis plus exigeant avec lui qu'avec des hommes de droite, tout simplement parce que je respecte les militants du Parti de gauche, acteurs à part entière du mouvement social, à mes côtés dans les manifestations sur le droit à la retraite à 60 ans ou avec les sans-papiers.

C'est au nom de cette fraternité de combat, de cette appartenance à ce même "album de famille", comme le disait la journaliste italienne Rossana Rossanda, que je l'interpelle sur ses pratiques et le contenu de ce discours qui fait la part belle à une démagogie, au sens premier du terme et qui, sur certains sujets, devient insupportable. Le titre même de son livre, Qu'ils s'en aillent tous (Flammarion, 114 p., 10 €), est une référence au soulèvement du peuple argentin contre une classe politique corrompue jusqu'à la moelle.

Voilà un projet qui flatte une opinion enragée par la domination sans partage des amis du Fouquet's, mais qui fait croire que l'on peut faire table rase de l'existant à partir de la seule révolte populaire. Il est clair que Jean-Luc Mélenchon cherche à se donner une stature particulière, celle d'une vulgate tribunicienne telle qu'elle a été incarnée des années durant par Georges Marchais, devenu sa référence en matière de posture. Comme celui-ci, il scénarise ses interventions autour de quelques figures récurrentes.

D'abord, se présenter comme une victime des médias au service du grand capital. Je ne sais s'il m'accusera de "corporatisme", mais quand il s'attaque indistinctement à la presse à travers le cas d'un jeune stagiaire, à un pigiste ou à David Pujadas, il flatte dans le sens du poil une hargne antimédias d'une partie de la société qui se sent dépossédée de son droit à l'information. Cette rhétorique facile jette dans le même panier des jeunes qui apprennent leur métier, des salariés atteints par la précarité et des journalistes (dont j'ai été), qui peuvent se faire débarquer du jour au lendemain selon le bon plaisir du prince.

Cette manière de faire est une faute politique. Elle ne mène à rien. Il vaut mieux, ensemble, travailler à l'élaboration d'un programme pour la liberté de la presse, comme l'ont suggéré l'appel de la Colline et le fondateur de Mediapart, Edwy Plenel.

 Vision "campiste"

Ensuite, défendre l'alliance avec la Chine pour s'opposer aux "droits de l'hommistes" du politiquement correct. Cette analyse passe sous silence l'expansionnisme de ce pays en Afrique et ailleurs. Elle fait complètement fi du régime dictatorial, des droits de l'homme, du Tibet, des Ouïgours, comme de la situation du prolétariat et des paysans chinois, soumis au despotisme capitaliste le plus effréné. A l'inverse, elle fustige Taïwan qui, avec le même système économique, a pourtant accédé à la démocratie. Cette vision "campiste" qui prend pour ennemi ultime les Etats-Unis et privilégie avec complaisance tous ses adversaires peut amener des dérives et doit être condamnée.

Enfin, la dénonciation du fédéralisme européen. Cela est nouveau dans le positionnement de celui qui, jusqu'à il y a peu, était un défenseur de la République fédérale et sociale européenne. Si je peux le suivre sur la nécessité des services publics non soumis à la loi de la concurrence et même discuter avec lui de clauses sociales et environnementales aux frontières de l'Europe impliquant une sorte de protectionnisme européen, je refuse le souverainisme cher à Charles Pasqua ou à Jean-Pierre Chevènement.

Souverainiste n'est pas forcément synonyme de nationaliste ou de fasciste, mais le repli sur les frontières des Etats-nations, à une époque où la mondialisation implique la constitution de regroupements continentaux cohérents, permettant une forte régulation et une nouvelle alliance entre les peuples, les Etats et la société civile des pays du Sud, nous fait revenir à une analyse géopolitique finalement assez classique et quasi gaulliste.

Cette défense des intérêts de l'Etat-nation implique une défiance envers l'Allemagne qui n'est malheureusement pas nouvelle dans la classe politique française, l'un de ses présidents, admiré par le leader du Front de gauche, ne disait-il pas : "J'aime tellement l'Allemagne que je préfère qu'il y en ait deux." Cette vision est pourtant déconnectée des aspirations de la jeunesse, des classes moyennes et populaires. Elles savent que la transformation sociale et écologique ne peut se concevoir que sur des bases européennes et transnationales.

Le Parti de gauche et son leader ne sont pas des adversaires mais des partenaires avec qui nous devrons nécessairement nous entendre. Je refuse la "démonisation" du député européen comme ses outrances verbales.

C'est pourquoi nous devons débattre sereinement, à condition que de part et d'autre, la polémique reste dans le cadre du respect politique sans devenir mortifère.

Noël Mamère, député Europe Ecologie-Les Verts de la Gironde, maire de Bègles

Commentaires

Jean-Luc Melenchon sur La Chaîne Parlementaire (LCP) ce midi : un vrai moulin à paroles qui vont du mouvement social non socialiste au porte-avion franco-anglais qui n'ira pas en Afghanistan et en passant pas ... Hugo Chavez. Et toujours une revendication "populaire".
AFP - "Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas", a lancé dimanche Jean-Luc Mélenchon pour décrire le Parti de gauche (PG), au dernier jour de son congrès au Mans (Sarthe).

Écrit par : Laurent Dupont | 21/11/2010

Pourquoi parler de Pasqua ou de Chevènement ? si vous ne croyez pas que Melenchon leur soit assimilable ?
je me pose aussi des questions, malgré ma sympathie, sur Melenchon. (plus il y aura de choix à gauche sur les elections présidentielles, plus les chances écologistes- seul vrai danger pour le PS -seront réduites(voir tactique Frêche) - mais je ne lui reproche surtout pas "le bruit et la fureur". (Bien sûr, ni vous ni Mamers ne savent ce que c'est devenu de vivre avec 450 euros par mois...).
Je me pose aussi des questions sur l'inconditionnalité des verts-euro-écolo sur l'Europe. Seront-ils du côté de la Banque Européenne et son grand manitou ? seront-ils du côté du FMI ?
Iront-ils jusqu'aux alliances avec le pseudo centre, qui prépare sa tactique pour foutre en l'air toute possibilité de gouverner à gauche ?
Mamers me semble une vieille bête de la politique quand je l'entends parler ainsi ! Osera-t-il prétendre qu'il n'a pas fait de compromis du tout pour garder son poste quand il était à l'ORTF ?
Mamers, comme Bendit me semblent des gens usés à dépasser, parce qu'ils sont pleins de vieux tics de vieux politiciens. Comme j'aime par contre l'honneté d'une Eva Joly, l'intelligence d'un Merrieu ou de Cecile Duflot.
Ce n'est pas en critiquant bêtement Melenchon (en emboitant le pas à une campagne médiatique qui est lancée contre lui) que les écolos lui prendront des voix, mais en étant meilleur que lui en ce qui concerne les réponses à donner au menu peuple (avec son cortège d'obèses, de pauvres en colère ou ayant peur, scotchés, quoique extrêmement dubitatifs, à leurs écrans et s'accrochant à leurs meubles dont ils ignorent si les huissiers ne s'empareront pas un de ces jours proches.

Oui, je sais... ne mélanchons pas tout !
PS : pourquoi n'y a-t-il pas d'écolos à LOdève ?
Oui : "tous pourris" ne devrait peut-être pas rester l'apanage de la droite extrême !

Écrit par : vieille dame | 21/11/2010

Où sont les europe-écologie-les verts de Lodève ? où se cachent-ils ? la ville la plus pauvre du département leur ferait-elle peur ?

Écrit par : vieille dame | 27/11/2010

Bonjour,

Oui, il y a des écologistes au nord de Clermont l'Hérault. Ci-après les noms de quelques unes d'entre eux :
- Danie Perrenot
- Isabelle Carcassnne

Plus d'infos sur :
http://lodevoisetlarzac.europe-ecologie.net/
Cordialement

Laurent Dupont

Écrit par : Laurent Dupont | 27/11/2010

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