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26/05/2010

Polices et décentralisation, Sarkozy joue sur tous les tableaux

La mort d'une policière municipale, le 20 mai dernier en Ile de France, témoigne une fois de plus d'une décentralisation inachevée. L'Etat délègue de plus en plus de compétences aux collectivités locales, tout en leur faisant la morale sur leur dépenses de fonctionnement, et il y ajoute l'hypocrisie en donnant aux obsèques d'Aurélie Fouquet une dimension nationale. Les élus locaux se transforment en supplétifs de l'Etat, de plus en plus incapbles de servir efficacement l'intérêt général.

Il est opportun aujourd'hui d'exacerber la mission des policiers municipaux et de vouloir leur donner les mêmes moyens que leurs homologues du Ministère de l'Intérieur, mais il s'agit là d'une communication politicienne. Les policiers municipaux n'ont pas les mêmes missions que la police et que la gendarmerie, ce serait plus responsable de l'assumer.


Dans l'Hérault, il y a près de 700 policiers municipaux et seulement un millier de gendarmes, mais les policiers municipaux sont considérés par l'autorité de gendarmerie comme "intégrés à leur système opérationnel". Ainsi, l'Etat réduit chaque année l'effectif de ses forces de l'ordre (cf. Révision Générale des Politiques Publiques), mais il compte sur les effectifs de policiers municipaux pour compenser le non remplacement des fonctionnaires de police ou de gendarmerie. Et même, l'Etat soutient les initiatives qui permettraient aux polices municipales d'être équipées et d'avoir des missions semblables à celles des forces de police ou de gendarmerie.

Et les élus locaux se retrouvent confrontés à leurs administrés qui leur demandent plus de présence policière ; pour verbaliser les véhicules mal garés, pour sécuriser quelques quartiers, pour contrôler la vitesse des voitures en ville, pour enquêter sur les incivilités de quelques uns. Et le Maire se voit presque obligé de fournir les effectifs locaux de police pour satisfaire ses administrés. Mais en même temps, l'Etat gèle les dotations de fonctionnement des collectivités locales, voire il pourrait les conditionner à la bonne gestion des élus.

La mort de cette policière municipale est un drame, mais aurait-elle agit avec la même assurance si elle n'avait pas été armée ? Et Nicolas Sarkozy d'ajouter dans l'une de ses interventions que les "30.000 policiers municipaux faisaient un métier dangereux" ... Mais qui a dit que cette catégorie de fonctionnaires territoriaux s'engageaient pour des missions dangereuses ? La police municipale existe à l'origine pour faire appliquer les pouvoirs de police du maire de la commune ; les policiers municipaux ont déjà beaucoup de travail avec leurs missions actuelles (sécurité des personnes, salubrité, respect des règles d'urbanisme, contrôle de l'occupation de la voierie, ...), alors ne leur donnont pas le rôle qu'ils n'ont pas. Et quand certains élus ou certains ministres réclament que les policiers municipaux utilisent les mêmes fréquences radio que celles de la police et de la gendarmerie afin de mieux coordonner leurs actions, il y a là un mélange des genres qui relève de l'irresponsabilité.

17:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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