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25/04/2010

Retraites par répartition, mais répartition de quoi ?

Le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) a récemment rendu son rapport et il semblerait, à la lecture des différents média, que la situation soit catastrophique. Les prévisions sont à moyen terme, vers 2015-2020, mais aussi à l'horizon de 2050 ! Quand on voit ce qui s'est passé dans le monde pendant ces 40 dernières années, personne n'aurait pu prévoir en 1970 comment serait la France de 2010 ... Mais comme Homo Sapiens adore se faire peur, et nos peurs guident d'ailleurs nos pas bien plus souvent qu'au travers de nos désirs, alors misons sur le scénario C avec, sur le long terme, un taux de chômage de 7% et une productivité de 1,5% jusqu'en 2050, et donc un besoin de financement de plus de 100 milliards d'euros à cette échéance.

Et puisque les retraites sont payées par les cotisations des actifs, l'équation pour combler ce gouffre est simple : on augmente le nombre d'années de cotisation, on augmente les cotisations ou on diminue les retraites. Avec ces éléments de base, on se demande même pourquoi les syndicats discutent encore. Puisqu'on ne peut pas toucher au pouvoir d'achat, il ne reste donc que la solution de l'allongement de la durée de la vie active. Et comme en même temps l'espérance de vie augmente d'un trimestre par an, c'est la solution la plus évidente ...

Mais une chose échappe à la sagacité de nos technocrates, c'est que la retraite par répartition ne doit pas être fondée sur la seule répartition des revenus directs, une part des revenus des uns venant alimenter les revenus des autres. C'est sur la répartition de richesses que doit se fonder le système de retraite par répartition. Un exemple, la SNCF comptait 350.000 employés en 1960, 200.000 au début des années 90 et autour de 170.000 aujourd'hui. Mais le nombre des voyageurs transportés n'a jamais cessé de croître, grâce à des progrès techniques qu'illustre très bien le TGV ou encore des services commerciaux qui utilisent abondamment les nouvelles technologies de l'information. Cela correspond à des gains annuels de productivité de 3 % sur les dernières décennies. Un milliard de voyageurs ont été transportés par la SNCF en 2008, soit 3 millions de personnes par jour sur les 32000 Km de voies ferrées ; la SNCF en transportait autour de 800 millions au début des années 90, et un peu moins de 600 millions en 1960. En 50 ans, la SNCF divise par 2 le nombre de cheminots et multiplie par presque 2 le nombre de voyageurs transportés !

Par ailleurs, nous avons été bercé par ce mythe de la désaliénation de l'homme et de son outil de travail, l'électronique, l'informatique et la mécanique nous ont toujours été présentées comme des apports positifs. On devait travailler moins, mais beaucoup mieux grâce au progrès technique. Sauf qu'à l'heure de faire les comptes, ces gains de productivité générés par ces "machines" ne sont pas retenus. Les entreprises, et donc la nation voient croître leur richesse brute, mais c'est toujours sur les salariés que porte l'effort de solidarité.

Je propose donc au COR de remballer son rapport, aux ministres de réviser leur copie et aux syndicats d'être un peu moins conformistes. Il faut revoir complètement l'équation de départ et remplacer la variable "revenus du travail" par "richesses produites".

Sources : Site Web de la CFDT cheminot

21:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

22/04/2010

Ecologie politique : Invitation à participer à la consolidation du rassemblement

Au lendemain d'un scrutin régional où les écologistes ont confirmé leur place acquise lors des européennes de juin 2009, les différents mouvements de la galaxie écolo sont en ébullition. Dans cette dynamique, le parti des Verts, quoique très jeune (il a été créé en 1984), semble être un dinosaure au sein d'un rassemblement qui privilégie plutôt l'efficacité, l'initiative locale et le caractère informel de l'organisation.

L'année 2010 verra les Verts et Europe Ecologie péreniser le rassemblement des écologistes au sein d'une structure nouvelle. La notion de parti politique reste incontournable, ne serait-ce que parce que la loi ne prévoit pas d'autre alternative pour organiser et financer la vie politique. Mais le lien étroit qui s'est construit avec les milieux associatifs ne doit pas être abandonné, ni même être conservé dans un statu quo dont les uns et les autres reprochent les limites (démocratie interne, désignation des candidats, finances, leadership, ...).

Le débat entre les Verts et Europe Ecologie a commencé dès le lendemain des régionales, et voici les premieres contributions majeures qui sont soumises aux adhérents des Verts et aux signataires d'Europe Ecologie :

Dès le 8 mai 2010, des conventions d'Europe Ecologie se tiendront dans toutes les régions. Début juin à Paris, une synthèse de ces conventions régionales permettra de programmer les assises de l'écologie politique qui se tiendront cet automne. Et entre temps, les écologistes se retrouveront lors de leurs journées d'été au mois d'août.

Mais c'est d'abord au niveau local que le débat doit s'instaurer, et pas seulement entre quelques uns. Bien plus d'un millier d'électeurs du Coeur d'Hérault ont porté leur suffrage sur Europe Ecologie en juin 2009 ; et un millier de personnes ont voté Europe Ecologie en mars 2010 ! Et la poursuite de cet attachement aux valeurs de l'écologie politique a la possibilité de s'exprimer au delà du bulletin de vote. J'invite donc tous ceux qui veulent rencontrer les militants écologistes du Coeur d'Hérault pour participer à la construction d'une nouvelle structure politique à se faire connaître.

Nous allons organiser une réunion sur le Coeur d'Hérault avant la convention régionale du 8 mai ; vous pouvez me contacter pour y participer (adresse mail : paulhan2008@orange.fr).

02:07 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

18/04/2010

L'emploi en Coeur d'Hérault, de mauvaises réponses pour un vrai problème

Le Coeur d'Hérault compte 5.000 demandeurs d'emplois, et la 8ème édition des rendez-vous de l'emploi qui se tenait le 9 avril à clermont l'Hérault est présentée comme une réussite ... On se satisfait de peu ! D'ailleurs, "150 offres pourvues à 80%", c'est aussi vague qu'ambigüe ; est-ce que ce sont des CDI ou alors des offres comme celles de l'Intermarché du Bosc qui ont laissé sur le carreau une vingtaine d'employées qui ne l'étaient pas vraiment ?

Mais si le diagnostic est indiscutable, la réponse que l'on veut lui apporter aujourd'hui est totalement insensée. En effet, et à écouter les élus, il faut créer en Coeur d'Hérault les emplois qu'il manque ... D'où des projets comme celui de la ZAC de la Salamane qui font miroiter un nouvel eldorado économique. Mais en Coeur d'Hérault, la population augmente d'environ 2% par an sous l'effet d'un flux incessant de personnes venues du reste de la France ; et ces nouveaux arrivants sont le plus souvent à la recherche d'un emploi plutôt que pourvoyeurs d'emplois nouveaux. Ainsi, sur le secteur Clermont-Gignac, la prévision d'accroissement de la population d'ici 2025 va nécessiter une centaine d'hectares de réserve foncière pour l'habitat, et environ 4.000 logements nouveaux. Alors, à ce rythme, allons-nous faire du Coeur d'Hérault une nouvelle zone industrielle et commerciale alors que ce territoire a toujours eu une vocation agricole ? Allons-nous faire venir à la campagne les activités économiques de la ville ?

Car en réalité, et ce n'est pas propre à notre région, les français sont les champions du monde de l'enracinnement socio-professionnel ; ce qui se traduit par la recherche d'emplois classiques près de chez soi ... Et il y a donc deux pistes connues qui mériteraient d'être mieux exploitées pour en sortir, tout d'abord de répondre en priorité aux secteurs sous tension (essentiellement les métiers de service), mais aussi d'être mobile !

Concernant la mobilité, il y a là un frein culturel contre lequel il faut lutter. C'est en vérité bien plus une chance qu'une peine que de partir à 20 ans pour travailler loin du territoire où l'on a grandit. Et j'en parle d'autant plus à l'aise que j'ai quitté le Perigord à l'issue de mes études à Bordeaux pour démarrer à Paris. Puis je suis parti à Lyon au bout de 5 ans pour une opportunité professionnelle avant de venir dans l'Hérault 5 ans après pour des raisons familiales. Et ce nomadisme professionnel m'a enrichit en plus de m'avoir satisfait sur le plan personnel.

Mais pour tous ceux qui ne peuvent pas partir loin de chez eux, il y a de nombreux corps de métiers qui ne trouvent pas de salariés. En Languedoc-Roussillon, ces secteurs sont le service à la personne (en collectif ou à domicile), la restauration et l'hotellerie, les commerciaux, les métiers du bâtiments comme ceux relatifs aux économies d'énergie ou aux énergies renouvelables, la mécanique, l'agriculture de proximité, etc.

Là, l'absence d'anticipation des acteurs publics (Education nationale, chambres consulaires, collectivités territoriales, Pôle Emploi, ...) est catastrophique. En Allemagne, la formation professionnelle s'ouvre aux apprentis très tôt dans leur parcours scolaire, dotant ainsi le secteur artisanal et industriel allemand d'employés qualifiés et motivés ; en France, les CAP et les BEP sont synonymes d'échec scolaire.

Ces questions de l'emploi, de la formation, du développement local, de l'urbanisation et des paysages doivent être abordées franchement ; il faut que cessent les hypocrisies (et les salons pour faire semblant), les élus doivent aller à la rencontre de leurs concitoyens, déployer des outils de concertation et ainsi avancer des politiques publiques efficaces pour notre avenir commun.

19:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)