Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

28/09/2009

Sur l'écologisation de l'économie

Motion adoptée par le Conseil National InterRégional (CNIR) des Verts, le 26 septembre 2009. logo.jpg

La crise actuelle, loin d’être une simple crise conjoncturelle, manifeste l’épuisement du modèle de développement capitaliste, qui domine le monde depuis deux siècles. La seule manière d’éviter la catastrophe est de mettre en œuvre une stratégie coordonnée de sortie de crise fondée sur la conversion écologique et sociale, transition vers une nouvelle civilisation.
Cette civilisation ne sera plus fondée sur la concurrence, la recherche du profit, la prédation des ressources de la planète, l’exploitation du travail, la mise en danger de la santé humaine, mais sur la coopération, la sobriété et sur le primat du progrès humain. La campagne des européennes menée par les Verts - Europe Ecologie a porté ce débat dans la société.
Cette conversion appelle un bouleversement profond de ce qui doit être produit, mais aussi de la façon de produire. L’économie doit être réorientée vers la valeur d’usage, la réparation, la récupération, la réutilisation. Elle est indissociable d’une redistribution des richesses et d’une réduction drastique des écarts de revenus, de la diminution de la durée du travail, d’une réforme de la gouvernance des entreprises dont les salarié-e-s devront être partie prenante, de l’instauration de nouvelles sécurités pour les salarié-e-s en cas de changement d’emploi. La conversion écologique doit se traduire au niveau macroéconomique (via les politiques économiques) comme au niveau microéconomique (via l’organisation des entreprises, les modes de management, l’outil comptable, le rôle des différents acteurs de l’entreprise) ; elle appelle la mise en place d’indicateurs de progrès humain et de « soutenabilité » de la production, le développement de monnaies locales favorisant les relocalisations et orientant la consommation vers des biens et services écoresponsables et solidaires.
La conversion écologique se distingue radicalement d’un « capitalisme vert » (la « croissance verte ») produisant un peu plus « propre » ou trouvant dans les marchés de l’environnement de nouvelles occasions de profit, tout en perpétuant exploitation du travail, dumping écologique et social à travers la mise en concurrence des travailleurs du Nord et du Sud et « paradis » fiscaux.
Il faut être conscient qu’aujourd’hui la restructuration du capitalisme suit cette seconde voie, dans le monde comme en France : retour des bonus dans le système bancaire tandis que se multiplient fermetures d’entreprises et licenciements ; instauration du travail le dimanche ; attaques contre les derniers monopoles publics ; introduction des règles de productivité du secteur privé au sein de l’administration, par la mise en place de rémunérations individualisées, l’organisation du départ de fonctionnaires, l’embauche de cadres contractuels formés dans le privé ; liquidation de l’ingénierie publique, recours croissant aux partenariats public-privé. La réalité de cette politique apparaît sous une forme particulièrement nette dans les DOM, où les méthodes coloniales s’ajoutent à la violence inhérente au capitalisme.
Les propositions des Verts - Europe Ecologie sur la conversion écologique de l’économie ont rencontré un réel écho pendant la campagne des européennes. Il s’agit cependant d’aller plus loin, en construisant des réponses concrètes sur des territoires.

Motion :
A cette fin, le Cnir demande la mise en œuvre par Les Verts d'un plan d’action visant à :
- engager un travail concret sur des lieux précis pour expérimenter des relocalisations et des conversions écologiques de l’économie, avec les acteurs locaux et en particulier les syndicats de salariés et travailleurs concernés par des restructurations ;
- élargir le mouvement Europe Ecologie au monde du travail et construire un réseau national d’éco-syndicalistes.

La campagne des régionales doit constituer un moment fort pour engager cette dynamique, à travers notamment les Conventions nationale et régionales sur la « conversion écologique des territoires », décidées par le Cnir le 13 juin 2009, qui doivent associer pleinement les
syndicats.

Le Cnir mandate à cette fin le Collège Exécutif pour prendre tous les contacts nécessaires avec les organisations syndicales. Il invite des Régions vertes, en lien avec les commissions concernées, à choisir quelques sites représentatifs pour élaborer des axes d’un programme pour les élections régionales.

24/09/2009

La "grande" foire de la "petite" agriculture, le 4 octobre prochain au Pouget

Ironie du titre certainement, ses promoteurs faisant là un peu de provocation ... Mais s'il y a trois ans ce type de manifestation pouvait se présenter à nous avec le sourire, la bonne humeur et la convivialité qui va avec, elle prend désormais un ton un peu plus sérieux. Cette agriculture là ne doit plus être une niche économique, elle doit devenir une alternative pérenne au secteur viticole qui est en crise. Les producteurs de légumes, de fromages et de charcuterie que l'on dénomme très justement par "petits producteurs" sont des métiers qui sont à promouvoir ; les petits ruisseaux font les grandes rivières. Or, le principal obstacle au développement de ce secteur agricole n'est pas le manque de candidats, mais bien la difficulté qu'ils ont à acquérir du foncier.

Il est donc de la responsabilité des élus locaux, dans les communes et dans les intercommunalités rurales, de constituer des réserves foncières agricoles, de favoriser l'installation de "petits producteurs" et de les aider à commercialiser leurs produits. Ainsi, les marchés de producteurs locaux (cf. Octon, Villeveyrac, ...) sont l'un des vecteurs de promotion que les collectivités peuvent facilement mettre en place. Mais c'est bien évidemment à l'échelle des EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale) que ces politiques publiques doivent être pensées puis mises en oeuvre. A leur décharge, il faut reconnaître que la fiscalité locale n'est pas très incitative ... 60.000 m2 de hangars produisent de la taxe foncière sur les propriétés bâties, quand la même surface en terres agricoles rapporte beaucoup moins en foncier non bâti. Les chiffres donnés en séance de la Communauté des Communes du Clermontais indiquaient que Système U allait rapporter 300.000 € de taxe foncière par an à la Salamane ; pour la commune de Clermont l'Hérault.  Et c'est une difficulté pire encore pour la taxe professionnelle ; enfin, ce qu'il va en rester ... En effet, les activités agricoles bénéficient d'exonérations ou d'abattements de la taxe professionnelle ; or, comment un EPCI dont la taxe professionnelle est la principale ressource financière peut-il investir dans un secteur dont il ne tirera aucun fruit ?

Mais ces enjeux là ne se déterminent pas dans le court terme avec une calculatrice sous les yeux, non, il faut voir ce que nous laisserons à nos enfants. Une terre nourricière pour une alimentation saine et de proximité, ou de futures friches industrielles quand le prix du pétrole aura rendu caduque la marchandisation à l'échelle mondiale. Il est donc urgent qu'à l'échelle de nos territoires tous les acteurs économiques et politiques se fixent des objectifs plus ambitieux, se donnent des moyens plus audacieux et mettent en place des indicateurs plus humains. Le récent rapport Stiegler remis au Président de la République oriente vers une économie de la singularité et vers un autre rapport à la richesse que le seul PIB.

"Penser globalement et agir localement", voilà le principe qu'il nous faut appliquer sans délai.

09:26 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

20/09/2009

RFF et le développement durable ...

Le Bulletin officiel de RFF du mois de septembre nous annonce la fermeture de la section allant de Lézignan-la-Cèbe au Bosc de l'ancienne ligne Vias-Lodève.

Le Conseil d'administration de Réseau ferré de France,

Vu la loi n°97-135 du 13 février 1997 modifiée portant création de l'établissement public "Réseau férré de France" en vue du renouveau du transport ferroviaire ;
Vu le décret n°97-444 du 5 mai 1997 modifié relatif aux missions et aux statuts de Réseau ferré de France ;
Vu l'autorisation du ministère chargé des transports, en date du 17 juin 2009, de fermeture de la section de Lézigan-la-Cèbe à Le Bosc, comprise entre les PK 472,400 et 501,866 de la ligne de Vias à Lodève ; Et après en avoir délibé,

DECIDE :

Article 1er : La section entre Lézigan-la-Cèbe et Le Bosc comprise entre les PK 472,400 et 501,866 de la ligne n°732000 de Vias à Lodève est fermée à tout trafic.

Article 2 : La présente décision, immédiatement exécutoire, sera affichée en mairies de Lézignan-la-Cèbe, Nizas, Paulhan, Aspiran, Nébian, Canet, Clermont l'Hérault, Ceyras, Lacoste, Saint-Guiraud et Le Bosc et publiée au recueuil des actes administratifs de la préfecture de l'Hérault et au Bulletin Officiel de Réseau ferré de France consultable sur son site Internet (http://www.rff.fr/).

Fait à Paris, le 9 juillet 2009
SIGNE : Le président du conseil d'administration
Hubert du MESNIL

Entre les rotations de camions prévues dans le Clermontais d'ici quelques années (cf Système U à la Salamane) et la fermeture de cette portion de voie ferrée, c'est à se demander si le Grenelle de l'Environnement, si l'intérêt de nos concitoyens pour l'écologie et si les récents films de Al Gore, de Yann Arthus-Bertrand et de Nicoles Hulot réussiront un jour à percer la bulle dans laquelle se réfugient certains hommes politiques ...