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24/09/2009

La "grande" foire de la "petite" agriculture, le 4 octobre prochain au Pouget

Ironie du titre certainement, ses promoteurs faisant là un peu de provocation ... Mais s'il y a trois ans ce type de manifestation pouvait se présenter à nous avec le sourire, la bonne humeur et la convivialité qui va avec, elle prend désormais un ton un peu plus sérieux. Cette agriculture là ne doit plus être une niche économique, elle doit devenir une alternative pérenne au secteur viticole qui est en crise. Les producteurs de légumes, de fromages et de charcuterie que l'on dénomme très justement par "petits producteurs" sont des métiers qui sont à promouvoir ; les petits ruisseaux font les grandes rivières. Or, le principal obstacle au développement de ce secteur agricole n'est pas le manque de candidats, mais bien la difficulté qu'ils ont à acquérir du foncier.

Il est donc de la responsabilité des élus locaux, dans les communes et dans les intercommunalités rurales, de constituer des réserves foncières agricoles, de favoriser l'installation de "petits producteurs" et de les aider à commercialiser leurs produits. Ainsi, les marchés de producteurs locaux (cf. Octon, Villeveyrac, ...) sont l'un des vecteurs de promotion que les collectivités peuvent facilement mettre en place. Mais c'est bien évidemment à l'échelle des EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale) que ces politiques publiques doivent être pensées puis mises en oeuvre. A leur décharge, il faut reconnaître que la fiscalité locale n'est pas très incitative ... 60.000 m2 de hangars produisent de la taxe foncière sur les propriétés bâties, quand la même surface en terres agricoles rapporte beaucoup moins en foncier non bâti. Les chiffres donnés en séance de la Communauté des Communes du Clermontais indiquaient que Système U allait rapporter 300.000 € de taxe foncière par an à la Salamane ; pour la commune de Clermont l'Hérault.  Et c'est une difficulté pire encore pour la taxe professionnelle ; enfin, ce qu'il va en rester ... En effet, les activités agricoles bénéficient d'exonérations ou d'abattements de la taxe professionnelle ; or, comment un EPCI dont la taxe professionnelle est la principale ressource financière peut-il investir dans un secteur dont il ne tirera aucun fruit ?

Mais ces enjeux là ne se déterminent pas dans le court terme avec une calculatrice sous les yeux, non, il faut voir ce que nous laisserons à nos enfants. Une terre nourricière pour une alimentation saine et de proximité, ou de futures friches industrielles quand le prix du pétrole aura rendu caduque la marchandisation à l'échelle mondiale. Il est donc urgent qu'à l'échelle de nos territoires tous les acteurs économiques et politiques se fixent des objectifs plus ambitieux, se donnent des moyens plus audacieux et mettent en place des indicateurs plus humains. Le récent rapport Stiegler remis au Président de la République oriente vers une économie de la singularité et vers un autre rapport à la richesse que le seul PIB.

"Penser globalement et agir localement", voilà le principe qu'il nous faut appliquer sans délai.

09:26 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

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