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26/09/2008

La torche à plasma, pas écolo !


Ah la science ... Il y a encore de nombreuses personnalités pour nous prédire que la technologie viendra à notre secours pour résoudre tous nos problèmes. Continuons à avoir des comportements irresponsables ou voilons nous la face, un procédé technologique ou un autre compensera nos excès de la vie moderne.

Et la torche à plasma participe de cet angélisme scientiste. Cessons de trier, ne dépensons plus d'argent pour valoriser nos déchets, la torche à plasma va transformer nos sacs poubelle en briques vitrifiées totalement inertes que nous pourrons utiliser en voirie par exemple. Y a même un petit côte Inspecteur Gadget dans cette vision caricaturale des choses ...

En réalité, la torche à plasma est un procédé industriel qui produit un arc électrique continu entre deux électrodes, dans un mélange gazeux à plus de 1600 °C. Les résidus qui passent dans cet arc sont fondus puis refroidis brutalement dans un bain d'eau où ils se vitrifient. Derrière cette explication technique, il n'y a en réalité que très peu d'expériences pratiques. Les principales applications de ce procédé ciblent des produits extrêmement dangereux (amiante, cendres toxiques, produits chimiques, ...) et il existe deux sites en France qui utilisent la torche à plasma ; c'est à Morcenx (Landes) pour le traitement de déchets industriels spéciaux (DIS) et à Cenon (Gironde) pour le traitement de REFIOM issus de l'incinération d'ordures ménagères.

Mais il se pose en premier lieu un problème environnemental. Vous le comprenez, ce procédé est basé sur l'incinération des déchets avec tous les problèmes inhérents (production de refiom : 50 à 70 Kg par tonne incinérée, production de mâchefers : 250 à 300 Kg par tonne incinérée, pollutions diverses issues de la combustion, ...). Et si la torche à plasma réduit les mollécules de dioxine en chlore et en carbone, ce sont d'autres mollécules toxiques à traiter quand ces mollécules ne forment pas à nouveau de la dioxine en se refroidissant brutalement. Et d'autres métaux lourds sont produits à partir de cette réaction ...

Et il y a aussi un problème énergétique. L'incinération des déchets ne produit pas à elle seule suffisamment d'énergie électrique pour rendre le procédé opérationnel ; il faut un apport électrique supplémentaire important.

Enfin, c'est une question de responsabilité écologique qui se pose à nous. Notre société est productiviste (produire toujours plus même si la qualité et la durée de vie des produits sont moindres) et consumériste (le mythe de la consommation qui tire la croissance), c'est à dire que les industriels produisent de plus en plus de déchets industriels et que les consommateurs jettent de plus en plus de déchets ménagers. Et tout ça au détriment d'une planète qui étouffe !

Depuis quelques années, les collectivités et l'Etat font un effort énorme de sensibilisation et de formation. Des moyens sont mis à notre disposition pour avoir des gestes écocitoyens (moins d'emballage à la source, un tri des déchets, une valorisation efficace des matériaux collectés, ...), et cela participe d'une responsabilisation collective. Néanmoins, des progrès restent à réaliser ! Sur le coeur d'Hérault par exemple, il y a encore plus de 50% de nos poubelles qui sont enfouies alors que les déchets résiduels constituent environ 16% d'une poubelle type. Il y a donc encore des pistes de progrès !

25/09/2008

Ecologie politique : nouvelle donne !

Le 13 septembre 2008, le Conseil National Inter-Régional des Verts votait à l'unanimité une motion acceptant de participer au rassemblement des écologistes à l'occasion des élections européennes de juin 2009. Il ne s'agit pas pour les Verts de se diluer dans une galaxie écologiste ou de s'engager dans la politique people, mais bien au contraire d'élargir son champ d'actions en s'appuyant sur la dynamique du scrutin européen.

Nicolas Hulot, mais aussi Al Gore ont suscité un intérêt grandissant pour l'écologie en 2007. Néanmoins, le score des Verts à l'élection présidentielle ne fait pas écho à la sensibilisation qui touche de plus en plus nos concitoyens. Puis Nicolas Sarkozy a organisé le Grenelle de l'environnement au lendemain de son élection à l'Elysée, suscitant là encore de l'enthousiasme ... Mais la seule réussite de ce grand show politique aura été de se faire rencontrer des personnes et des structures qui jusqu'à présent s'ignoraient. Et c'est de là qu'est née une coordination pour rassembler les écologistes afin qu'ils répondent eux-mêmes, politiquement, aux urgences écologistes.

Aujourd'hui, les média s'attachent principalement aux personnalités qui représentent le rassemblement des écologistes : Dany Cohn-Bendit, Jose Bové, Jean-Paul Besset, Yannick Jadot et dernièrement Eva Joly. Mais le projet ne s'arrête pas au casting ! La campagne des européennes sera l'occasion de débattre de la croissance, ce dogme sur lequel se sont appuyés toutes les économies modernes, productivistes et consuméristes, au profit de la finance mondiale. Mais les ressources de notre planète ne sont pas infinies et il devient urgent de réguler le développement de nos sociétés.

Et ce scrutin des européennes sera le premier étage de la fusée, avec une campagne conduite à l'échelle européenne et qui s'appuiera sur des comités locaux. Ces comités devront poursuivre leur action au delà de l'échéance des élections européennes dans la perspective de bâtir un nouveau parti de l'écologie politique.

Les journées d'été des Verts à Toulouse en août dernier, puis le Conseil National des Verts à Paris à la mi-septembre ont été des tournants pour l'écologie politique, en même temps qu'ils ont constitué des moments collectivement très enthousiasmants. Nul doute que cet enthousiasme perdurera et qu'il rencontrera l'adhésion de citoyens qui sont de plus en plus nombreux à vouloir agir pour la planète et pour les générations futures.

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" L'écologie est incompatible avec le libéralisme de droite et le libéralisme de gauche, avec l'étatisme de droite et l'étatisme de gauche" - Dany Cohn-Bendit

" Il ne faut plus dissocier les mots Ecologie, Social et Droits de l'Homme. Tout cela est en train de se combiner " - Nicolas Hulot

" C'est la beauté du compromis comme le disait Gandhi " - José Bové


22:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

22/09/2008

Sénatoriales dans l'Hérault, la gauche s'enlise


La sénatoriale partielle d'août 2007 avait déjà sonné comme un avertissement ; les manoeuvres politiciennes et la division sont synonymes de défaite. Un an après, on recommence ...

L'an prochain, les écologistes iront à l'élection des 74 députés européens français sans se soucier de leur gauche et de leur droite ; ce sont tous les courants de l'écologie, politique, associative et scientifique, qui souhaitent profiter de ce scrutin pour faire émerger dans le paysage politique un Pôle Ecologiste autonome. Et si l'essai est transformé en juin 2009, alors cette dynamique se poursuivra pour les scrutins suivants.

Quant à la gauche, il est urgent de nous demander ce qu'elle est devenue. La gauche actuelle n'a rien à voir avec celle de Jaurès ou de Mendes-France ... Il serait facile de répondre que les temps changent et qu'il faut évoluer, mais là on tourne en rond.

Pour ma part, je trouve dans les valeurs de l'écologie politique les fondements de mon engagement politique ; ce sont des valeurs humanistes et de solidarité portées depuis plus de deux siècles par de nombreux hommes politiques. Mais elles trouvent dans l'écologie politique une nouvelle forme d'expression, et j'invite chacune et chacun à y regarder de plus près. Attention, l'écologie ne se réduit pas à l'environnement !


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