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03/09/2016

Participez à la désignation du (de la) candidat(e) de l'écologie politique à la présidentielle de 2017

Le parti Europe Écologie Les Verts a validé les candidatures de quatre candidats pour participer à la primaire de l'écologie politique pour la présidentielle de 2017. Karima Delli, Cécile Duflot, Yannick Jadot et Michèle Rivasi sont tous les quatre parlementaires écologistes, au Parlement européen pour trois d'entre eux et à l'Assemblée nationale pour Cécile Duflot. Leur engagement militant, leur participation active à de nombreux combats collectifs pour préserver la place de l'humanité sur une planète en danger et leur mandat d'élu(e) témoignent sans ambiguïté de leur capacité à représenter l'écologie à l'élection présidentielle de 2017.

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Alors pourquoi et comment ? Tout d'abord, l'alignement des élections présidentielle et législative rend inévitable la présence des écologistes à ces deux scrutins afin que nos propositions soient soumises à un processus de confrontation participative et qu'elles puissent peser pour le quinquennat à suivre. L'écologie sera portée dans le débat public, et incarné par une candidate ou un candidat à l’élection présidentielle et 577 binômes candidats aux élections législatives. C’est la responsabilité des écologistes de faire connaitre leurs propositions.

Deux étapes préalables sont dores et déjà ouvertes. La première est la co-élaboration du projet avec un site Web dédié où chacun(e) est invité(e) à faire des propositions, à argumenter (en pour comme en contre) sur les propositions en ligne, à voter pour les arguments publiés ainsi qu'à insérer des références qui alimenteront le projet. C'est une démarche qui avait été employée pour les régionales de 2015 en Occitanie, avec le Projet en commun qui avait reçu des milliers de contributions programmatiques.

L'autre étape est la désignation par tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de l'écologie de notre candidat(e) à l'élection présidentielle. Là encore, un site Web a été ouvert pour que tous ceux qui veulent participer à cette désignation puisse le faire ; une participation financière de 5 euros est demandée et il faut aussi adhérer à la charte des valeurs et des principes fondamentaux de la primaire écologiste.

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Personnellement, je voterai pour Cécile Duflot. Je crains en effet que, comme pour la primaire de 2011 entre Nicolas Hulot et Eva Joly, la notoriété soit dévalorisée. Or, le (la) candidat(e) retenu(e) devra aussi fédérer la campagne des candidats écologistes aux législatives. Il y aura 577 candidats écologistes en juin 2017, et sans aucun accord électoral national avec aucun autre parti politique ; ces candidats seront donc les premiers militants sur le terrain pour porter les propositions de l'écologie à l'élection présidentielle puis aux législatives. Nous avons donc besoin d'une personnalité connue pour ce porte-parolat de campagne.

14:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cécile duflot

31/08/2016

Sécurité des établissements scolaire - Tous les territoires ne sont pas égaux !

J'ai évoqué récemment dans une note les mesures sécuritaires que le gouvernement allait mettre en place dans les écoles, les collèges et les lycées, le gouvernement n'ayant dévoilé que le 24 août le détail de ces mesures. Mais ce que j'en retiens surtout, c'est que le gouvernement se défausse une fois de plus sur les collectivités territoriales pour assurer la sécurité des populations, alors qu'en même temps il réduit drastiquement leurs dotations de fonctionnement. Le pire, c'est que les élus locaux y répondent très favorablement, se voyant alors chargés d'une mission de la plus haute importance :=(

C'est la ville de Cannes qui a la première alimenté l'actualité de cette fin août en faisant visiter à la presse tous les équipements mis en œuvre : 37 caméras de vidéosurveillance aux abords des établissements scolaires, une présence policière renforcée avec 60 policiers municipaux affectés à la sécurité des établissement scolaires, des boutons d'alerte anti-intrusion installés dans toutes les écoles et crèches d'ici fin septembre, sécurisation des bâtiments et des enceintes des établissements scolaires, etc. Mais tout cela coûte très cher, et c'est ce dont témoigne à la veille de la rentrée scolaire l'adjoint à la sécurité de la ville de Nîmes, Richard Tibérino, dans les colonnes de Midi Libre ; 8% du budget de la ville est consacré à la sécurité, et un effort croissant est porté sur les abords des bâtiments scolaires. Toujours dans Midi Libre, c'est le maire de Montpellier Philippe Saurel qui tire le signal d'alarme, car les investissements recommandés par l’État dans les établissements scolaires de sa ville vont coûter 5 M€, plus 10 M€ par an pour les charges de fonctionnement de tout ce dispositif. Et Philippe Saurel de menacer d'augmenter les impôts locaux tout en pointant la responsabilité du gouvernement ; il estime que : « On ne peut pas confier l'avenir du pays à des amateurs. On demande encore aux maires de palier les manquements de l’État ».

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Mais comme dans bien d'autres domaines, il y a des collectivités qui ont les moyens et d'autres qui ont du mal à boucler leur budget annuel ou à mobiliser des moyens extraordinaires. A Paulhan, où nous avons une crèche, deux écoles et un collège, les directives imposées par le gouvernement seront difficiles à mettre en œuvre ; et il en est de même dans tous nos bourgs ruraux ! Quels personnels feront le contrôle visuel des sacs à l'entrée des établissements scolaires ? Le personnel de l’Éducation nationale en est déchargé et cela incombera donc aux municipalités ...

Alors des terroristes préfèreront-ils s'attaquer à une école ou à un collège dans une grande ville, où tous les moyens humains de sécurisation sont concentrés, ou bien dans une ville de moindre importance ? Nous l'avons vu avec l'assassinat du Père Jacques Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray ; les terroristes auraient pu choisir une église plus symbolique que celle de cette ville d'un peu moins de 30 000 habitants en Seine-Maritime, à Chartres, Lourdes, au Sacré-cœur ou à Reims, ... une église plus symbolique.

Donc si oui la sécurité de nos enfants est une priorité, elle ne peut pas être à géométrie variable. Et là, l’État n'applique pas un principe constitutionnel d'égalité territoriale, car c'est à l’État d'assurer notre sécurité en tout endroit où nous nous trouvons sur le territoire national.

23/08/2016

80 ans après le Front Populaire, notre imaginaire politique s'est-il évaporé ...

robinrisser_blum_01.jpgA l'occasion des 80 bougies du Front Populaire, les magazines, la presse et la télé publient des reportages sur cette courte période du siècle dernier, du printemps de 1936 au printemps de 1938 où Léon Blum transforma la France. Pendant ces deux ans, des personnalités désormais oubliées comme Léo Lagrange, Jean Zay, Jean Perrin, Paul Ramadier, ... ont rendu possibles des progrès sociaux et économiques sans précédent dans une France rurale où la révolution industrielle avait été synonyme d'une énième aliénation à l'outil de travail. A noter que le gouvernement de Léon Blum donne leur place à trois femmes, une première dans l'histoire de la République française. Pendant ces deux années, les paysans et les ouvriers de France se sont vus attribuer des droits nouveaux, pour eux-même comme pour leur famille. Au 20ème siècle, un autre grand bon social a été réalisé au lendemain de la guerre 39-45 avec le programme du Conseil national de la résistance, et puis les "évènements" de 68 et la fin des colonies ont placé la France dans une nouvelle trajectoire humaniste.

Et depuis ? Juste une éclaircie en 1981, et puis des décennies de déclin social à l'aune de la mondialisation de l'économie et de la finance. Car on ne construit plus rien, on gère la France comme une multinationale gère l'une de ses filiales ...

L'avenir présente-t-il quelques espoirs plus "anthropocentrés" ? François Hollande nous avait mis dans le rôle de la grenouille que l'on place dans un chaudron d'eau froide et que l'on chauffe à feu doux, endormant notre vigilance citoyenne, mais la lecture du programme de Sarkozy pour 2017 fait l'effet d'une sacrée hausse du thermostat ! Hollande a créé le CICE, et Sarkozy veut en doubler le budget. Hollande a déverrouillé le droit du travail et la hiérarchie des normes sociales, Sarkozy veut que les positions prises au sein de l'entreprise priment sur toute loi ou sur tout accord de branche. Je pourrai allonger la liste, mais c'est clair que Hollande a donné à Sarkozy la légitimité libérale pour aller encore plus loin ! Pour qui ? Pour les entreprises, pour les entrepreneurs, pour ceux qui travaillent, pour ceux qui réussissent, pour les rentiers et pour tous ceux qui visent le décile ultime. Et les hommes ? Et bien ils bénéficieront des fruits de cet essor économique, des miettes pour la majorité d'entre eux, des participations incitatives pour les plus ambitieux et beaucoup de frustrations pour la grande majorité des laissés pour compte. Pour fréquenter une piscine ou un club de sport, pour s'adonner aux cours de musique, de danse ou de théâtre, pour partir en vacances en famille ou en colonies, pour leur santé si exigeante à leur âge, nos enfants n'auront que ce que leurs parents pourront leur offrir, après déduction du loyer, des frais de scolarité et de transport, de l'alimentation, etc.

Alors j'entends les chroniqueurs et autre commentateurs politiques nous expliquer qu'un François Hollande, qu'un Alain Juppé et même qu'un François Bayrou seraient un moindre mal, qu'ils seraient d'honnêtes accompagnateurs de cette mondialisation libérale, évolution irréversible du monde. Et bien non, je me refuse à cette paresse intellectuelle et à cette mollesse politique ; et surtout depuis la France ! Juste un exemple ; depuis la fin des quota laitiers, la production laitière a explosé en Europe du Nord (Pays-bas, Allemagne, Irlande, ...), alors que la France et que les pays du sud de l'Europe contiennent leur production. Au nord de l'Europe, les exploitations industrielles contribuent à tirer les prix du lait vers le bas, asphyxiant les producteurs du sud ; la suite est prévisible, les exploitations familiales de l'Europe du Sud vont fermer les unes après les autres, laissant le champ libre à une véritable industrie laitière. J'évoque cette question du lait car elle fait l'actualité et qu'elle est au cœur d'un projet (ou de l'absence de projet) économique et social pour notre pays et pour l'Europe. Alors, nous déciderons-nous enfin à nous dessiner un autre destin ou préférons-nous nous laisser décimer par les grandes firmes multinationales ?

Cet indice est trop peu médiatisé, mais l'indice de développement humain (IDH) ajoute au développement économique l'espérance de vie à la naissance et le niveau de scolarisation des enfants. Et la France n'est que ... 22ème ! Devant la France, il y a la Norvège, l'Australie, la Suisse, le Danemark, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Irlande, les États-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande, Singapour, Hong-Kong, le Liechtenstein, la suède, le Royaume-Uni, l'Islande, la Corée du Sud, Israël, le Luxembourg, le Japon et la Belgique.

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Comme citoyen et comme modeste acteur politique local, je considère qu'il n'y a aucune fatalité à nous fossiliser ainsi. Je rencontre régulièrement en Cœur d'Hérault des personnes ou des communes qui portent des projets humains, éthiques, durables et éco-responsables. J'estime que les instances administratives et politiques locales n'en mesurent pas encore les enjeux, ne serait-ce que pour la résilience de nos territoires, et c'est donc le message que je porte là où je le peux. Le concept est du siècle dernier, mais le municipalisme libertaire (cf. écologie sociale développée par Murray Bookchin) pourrait être un nouvel idéal de nos territoires ruraux.