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23/02/2017

Préservation des terres agricoles et densification urbaine, le PLU de Paulhan s'y prépare

La loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l’accès au logement et à un urbanisme rénové (loi ALUR) a modifié le code de l'urbanisme qui prévoit désormais l’obligation de réviser le plan local d’urbanisme (PLU) lorsqu’il s’agit « d’ouvrir à l’urbanisation une zone à urbaniser qui, dans les neuf ans suivant sa création, n’a pas été ouverte à l’urbanisation ou n’a pas fait l’objet d’acquisitions foncières significatives de la part de la commune ou de l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) compétent, directement ou par l’intermédiaire d’un opérateur foncier ». Le PLU de la commune de Paulhan ayant été adopté le 18 février 2008, et toutes les zones à urbaniser de la commune ayant été créées dans ce document d'urbanisme-là à cette date-là, toutes les zones IAU, IIAU, IIIAU et IVAU qui n'ont pas fait l'objet d'une urbanisation sont passées en zonage agricole depuis le 19 février 2017.

Loi_Alur.jpgLa loi ALUR a introduit cette disposition parce que dans de nombreuses communes ces zones à urbaniser constituaient des réserves foncières pour des projets urbains toujours reportés au calendes grecques. Or, la loi ALUR propose de « construire la ville sur la ville », c'est à dire de densifier le plus possible et ainsi de préserver les zones agricoles. La Direction départementale des territoires et de la mer de l'Hérault (DDTM34) a publié un très intéressant rapport en décembre 2016 sur l'évolution de la consommation de l'espace dans notre département. J'invite à en prendre connaissance (cf. lien des publications de la DDTM34), mais l'introduction est sans équivoque : « En 30 ans, sur le département de l'Hérault, près de 17000 hectares de terres ont été artificialisées soit 2,3 fois la superficie de l’étang de Thau. Au delà des effets des infrastructures et des dynamiques économiques, l’étalement urbain résidentiel en est la principale cause en réponse aux besoins en logement. Ainsi, un habitant consomme en moyenne 340 m2 ».

Dans le diagnostic territorial que la commune a confié au bureau d'études l'agence actions territoires dans le cadre de la révision générale de son PLU, il apparaît que 22,56 ha de zones à urbaniser (IAU, IIAU et IIIAU) à vocation d'habitat et que 11,38 ha de zone IVAU à vocation d'activité économique sont toujours disponibles à l'urbanisation. Et le bureau d'études d'en conclure que « le présent diagnostic met en évidence que ces zones AU étaient sur-dimensionnés et prévoyaient une consommation d’espaces agricoles et naturels trop importante ». Par ailleurs, le bureau d'études a délimité sur la commune de Paulhan le périmètre actuellement urbanisé (PAU), périmètre au sein duquel 9 ha de dents creuses et un potentiel de 5 ha densifiable permettraient de construire 390 logements et donc de recevoir 936 nouveaux habitants, et ce qui serait conforme à l'objectif fixé dans le nouveau PADD, à savoir de ne pas dépasser 5000 habitants à l'horizon 2030 (cf. débat en conseil municipal du 26 janvier 2017).

PAU.jpg

L'élaboration du PLU de Paulhan se poursuivra jusqu'à cet automne, avec une enquête publique qui permettra aux paulhanaises et aux paulhanais de s'approprier et de co-élaborer à ce document d'urbanisme. Nos voisins d'Usclas d'Hérault et d'Aspiran sont aussi en cours de révision générale de leur PLU, avec en toile de fond l'élaboration du SCOT du Cœur d'Hérault, et je plaide pour que nos études prospectives soient les plus intercommunales possibles.

00:17 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0)

17/02/2017

Hamon porté par un électorat déçu de François Fillon

Et si Benoît Hamon se retrouvait au soir du 23 avril face à Marine Le Pen pour le second tour ? Juste après l'euphorie qu'une telle perspective peut faire naître, me vient alors une inquiétude ... Et si tout l'électorat de droite à qui la victoire aura été volée, à la suite d'un complot politique disent certains, se retrouvait dans le vote Le Pen ? Benoît Hamon ne serait-il pas finalement le candidat idéal pour Marine Le Pen au second tour ?

Curieux de mesurer au mieux la perméabilité des électorats, j'ai regardé les sondages publiés depuis que Benoît Hamon est mesuré dans les études d'opinion. Et sur l'ensemble des sondages publiés, je me suis arrêté sur ceux de l'institut IFOP afin d'avoir des tendances valides. En effet, il faut pour cela ne regarder qu'un seul thermomètre, et donc un unique institut de sondage, et s'attacher aux évolutions plus qu'aux chiffres absolus.

Sondages_IFOP.jpg

Le tableau ci-dessus est assez étonnant. Bon, il ne faut pas s'attarder sur le sondage du 29 janvier au 1er février car il tombe en plein sur la victoire de Benoît Hamon à la primaire et qu'il prend alors des voix à tous ses concurrents sauf à Emmanuel Macron. Benoît Hamon gagne 12 points par rapport au début de l'année, et les baisses constatées chez ses concurrents sont 1 à l'extrême-gauche, 2.5 pour Jean-Luc Mélenchon, 1 pour Yannick Jadot, 2.5 pour François Bayrou, 3.5 pour François Fillon et même 1.5 à l'extrême-droite. Emmanuel Macron gagne 1 point dans cette même période. Bref, je mets ces transferts de voix sur l'effet médiatique de l'issue de la primaire.

Juste auparavant, entre les sondages de début décembre et de début janvier, Benoît Hamon gagne deux points qu'il semble prendre sur sa gauche. Mais cette volatilité à gauche en restera là pour la suite. Par contre, et avant même que n'éclate l'affaire Pénélope Fillon, le candidat LR perd près de 4 points en un mois qui profitent surtout à Marine Le Pen (Nicolas Dupont-Aignan reste à 2%) ainsi qu'à Emmanuel Macron.

Donc plus intéressant est la comparaison entre le premier sondage où Benoît Hamon est à 6% et le dernier à 14%. Ou prend-il ces 8 points ? Sur sa gauche, la perte est de 1,5 points ; il en manque encore 6,5. Emmanuel Macron gagne un demi-point sur cette période et l'extrême droite gagne 1 point. Mais c'est l'électorat de François Fillon qui semble alimenter le plus massivement ce nouvel électorat de Benoît Hamon. Que l'affaire Pénélope Fillon révélée par le Canard Enchaîné le 25 janvier fasse fuir cet électorat, ce n'est pas une surprise ; mais les 6 points qu'il perd entre début janvier et mi-février ne vont pas sur Emmanuel Macron ou sur François Bayrou, ils vont sur Benoît Hamon !

Cet électorat volatile ne s'est peut-être fixé sur Benoît Hamon que de façon provisoire, et il pourrait revenir sur François Fillon ou sur un(e) autre candidat(e) LR d'ici le 23 avril. Par ailleurs, qu'incarne Benoît Hamon pour devenir l'exutoire d'un électorat de droite désabusé ? S'agit-il d'une droite sociale gaulliste qui verrait en Benoît Hamon la seule alternative pour réparer la France, ses institutions et son pacte social ? Par contre, je ne suis pas certain que cet électorat resterait attaché à Benoît Hamon si un accord avec Jean-Luc Mélenchon devait se conclure.

Décidément, cette élection présidentielle est totalement irrationnelle.

 

13:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

14/02/2017

Jadot/Hamon (ou PS/EELV), ce sera NON

Sur 17.000 inscrits, nous étions un peu plus de 12.000 à voter l'automne dernier à la primaire des écologistes pour désigner un(e) candidat(e) à l'élection présidentielle. Le cadre de cette consultation et les orientations imposés aux candidats avaient été adoptés lors d'un Congrès national en juin 2016 et il avait été décliné par le Conseil fédéral d'EELV. Et il y a un point très majoritairement soutenu par les adhérents d'EELV à l'époque, c'est de ne plus faire aucun accord électoral avec l'appareil du Parti Socialiste. Aucun accord EELV/PS ne peut être entériné pour la présidentielle et pour les législatives.

La désignation de Benoît Hamon comme candidat du PS à la présidentielle bouleverse le scénario prévu. A l'été 2016, le candidat naturel du PS était François Hollande. Et même si François Hollande ne l'était pas, l'histoire du mandat écoulé ne voyait pas d'autre candidat(e) qu'un(e) social-libéral(e) ; Manuel Valls était le remplaçant naturel. Benoît Hamon a remporté cette primaire sur un discours très à gauche, et aussi très écologiste ; mais a-t-il pour autant les moyens de réaliser ce qu'il a présenté lors des primaires ? Ma réponse est "non". Et pour une très bonne raison, c'est que la majorité parlementaire issue des rangs du PS reste très majoritairement social-libérale ; ils ont tous voté le TSCG, le CICE et voté des articles des lois Macron et El Khomry. Le 2 février dernier, l'Assemblée nationale avait à son ordre du jour un projet de loi du député Front de Gauche Marc Dolez demandant, entre autres, à ce que la ratification du CETA par la France fasse l'objet d'un référendum. Embarras chez les socialistes, car voter pour signifiait que la position constante du Gouvernement était contredise, et que voter contre ne serait pas conforme aux positions de Benoît Hamon pendant la primaire. Le groupe PS a donc décidé de s'abstenir :=(

Hamon_Jadot_Melenchon.jpg
Il fallait qu'au lendemain de sa victoire à la primaire Benoît Hamon appelle Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent et Yannick Jadot pour leur proposer dès le lundi une rencontre en vue de porter un projet commun à la présidentielle. Mais il a préféré rendre visite au Premier ministre, puis aux groupes PS à l'Assemblée et au Sénat, puis au Président de la République, ... bref de rentrer dans le rang de l'appareil socialiste. Benoît Hamon a répondu à Jean-Luc Mélenchon, le « dégagiste », qu'il ne lui « offrirait pas des têtes ».

Donc si Yannick Jadot avait bien raison dès le 29 janvier en soirée d'appeler à une rencontre pour se lancer dans « une grande aventure », les deux semaines qui viennent de s'écouler ont douché les espoirs de tous ceux qui refusent de voir Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron se disputer une place au second tour de la présidentielle. Alors pourquoi continuer à négocier avec Benoît Hamon ? Il y a le volet médiatique qui permet autant à Yannick Jadot qu'à Benoît Hamon d'occuper le terrain, surtout quand le candidat des Républicains est aussi peu audible sur son projet. Il y a évidemment quelques députés EELV à sauver, et puis une dizaine de sénateurs EELV en septembre prochain. Mais à part ça, je ne vois rien d'enthousiasmant. Pire, je vois surtout dans un éventuel accord le risque de dislocation d'EELV.

Car Yannick Jadot n'a pas de mandat pour signer un accord qui contredise les décisions adoptées par EELV en Congrès puis en Conseil fédéral ; même le vote des personnes qui ont participé à la primaire, seulement pour désigner un(e) candidat(e), ne peut nullement se substituer à la souveraineté des adhérents d'EELV. Le Conseil fédéral d'EELV se réunit le 11 mars, conformément à son calendrier initial, et je n'entends rien qui permette de penser que le Conseil fédéral validera un accord avec Hamon, et donc avec le PS. Benoît Hamon aura peut-être un accord avec Yannick Jadot, avec Cécile Duflot et quelques autres cadres et parlementaires qui ne représentent qu'eux-mêmes, mais jamais avec EELV.

Et puis il y a les législatives ! Le porte-parole d'EELV Julien Bayou qui participait aux discussions avec le PS reconnaît « qu’il ne sera pas envisagé ou envisageable d’avoir un accord complet sur toutes les circonscriptions. Je ne crois pas trop m’avancer en disant qu’il y aura des candidats écolo contre un certain nombre de sortants du quinquennat  ». Or, l'absence d'un Yannick Jadot pour porter le message des écologistes pendant toute la campagne de la présidentielle va démunir les candidats EELV aux législatives. Et puis ce sont les candidats PS qui porteraient ce message-là dans le sillage de Benoît Hamon (cornaqué par Yannick Jadot) ... Un tel scénario suicidaire est déjà celui que connaissent les candidats communistes aux législatives ; ils soutiennent Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, mais ils auront des candidats de la France Insoumise face à eux dans les circonscriptions législatives.

J'hésitais à répondre à cette consultation qui nous est proposée pour poursuivre les discussions avec Jean-Luc Mélenchon et avec Benoît Hamon, mais l'abstention favorise implicitement la majorité. Aussi, je voterai NON à cette tartufferie. Les maires que je contacte pour parrainer Yannick Jadot ou les sympathisants que je rencontre ne comprennent pas que l'écologie politique n'ait pas de candidat le 23 avril 2017, surtout pour une élection que les écologistes ont toujours dénoncé pour son mode de scrutin comme pour le statut de monarque républicain du Président de la République. En 2012, nous avions un accord EELV/PS et nous avions aussi une candidate à la présidentielle, ce qui nous a permis de faire campagne dans une perspective favorable de voir l'écologie irriguer les politiques publiques du mandat à suivre. Et puis nous avons vu ...

Donc ce sera NON !

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--  Message du 14 février 2017 à 17h40  ---

Chères amies, chers amis,

À compter de ce soir, vous êtes appelés à vous exprimer par un vote sur la poursuite des discussions avec Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, et toutes celles et tous ceux qui, dans les partis, dans les mouvements citoyens, dans les associations, souhaitent prendre part à cette démarche de rassemblement autour des idées écologistes.
Ce rassemblement, nous souhaitons le réaliser sur la base des idées écologistes, autour de quatre piliers :
– une France 100% durable, à terme 100% renouvelable, zéro déchet et zéro pesticide, avec notamment la transition énergétique et donc la sortie définitive du nucléaire, programmée, progressive et créatrice d'emploi, et la fin des grands projets inutiles et imposées;
– une refondation du pacte social et de la solidarité territoriale ; une réorientation de l'économie et de la fiscalité ainsi qu'un nouveau modèle agricole et alimentaire ;
– une nouvelle démocratie dans une sixième république parlementaire, exemplaire, qui reconnaisse la participation citoyenne, généralise le scrutin proportionnel et lutte contre toutes les formes d'exclusion et de discrimination ;
– une refondation de l'Europe recentrée sur l'écologie, la solidarité et la démocratie, avec la mise en place immédiate d'un plan massif d'investissement.
Nous sommes fiers que les écologistes innovent, et mettent en œuvre la consultation des adhérent-e-s et sympathisant-e-s au moment des choix politiques. C’est une première en France, et nous vous appelons à participer à ce vote, pour montrer que la politique autrement n’est pas qu’un slogan.

Nous vous appelons aussi à voter « OUI » à la question posée.
« Oui », parce que l’ouverture et le dialogue, c‘est le choix de la cohérence avec nos discours et nos pratiques
« Oui », parce que l’écologie peut être au cœur des débats de cette élection présidentielle.
« Oui », parce que nous avons une opportunité historique de mettre en œuvre nos idées en France et en Europe
« Oui », parce que ce vote n’est pas un blanc-seing : il constitue simplement une invitation à continuer les discussions. Tout accord, toute entente, tout changement de stratégie serait aussi soumis à votre approbation.
Ce que nous vous demandons, c’est un « oui » pour faire grandir l’écologie.

Amitiés,
Yannick Jadot, David Cormand.

19:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)