17.05.2012
Le présent nous submerge et le futur nous échappe ... Mais ou sont les écologistes ?
Au travail, en famille ou devant la télé, ce sont les informations du moment présent qui captent toute notre attention et qui mobilisent toute notre énergie. Ces moments présents sont vécus avec curiosité mais aussi avec lassitude, ils suscitent du plaisir et de la souffrance ; ils alimentent l'essentiel de nos échanges comme une forme d'hypnose ...
La séquence politique qui vient de s"écouler et qui s'achèvera en France le 17 juin est toute entière consacrée à l'actualité économique et sociale du moment. Evidemment que le chômage, que le pouvoir d'achat ou encore que le logement et que les transports au quotidien nous préoccupent au plus au point, et mon souhait n'est pas que nous en fassions abstraction, mais le reste alors ? Et en premier lieu l'avenir de nos enfants et de leurs enfants.
Les sols, l'air et les océans sont pollués par les activités humaines, la température moyenne augmente au rythme de nos émissions de gaz à effet de serre, la biodiversité est sans cesse attaquée par la déforestation et par le développement urbain, le modèle économique dominant creuse année après année le fossé entre des pays à l'indécente opulence et d'autres pays qui semblent fatalement destinés à la famine, à la guerre ou aux épidémies, nous mettons chaque jour notre propre santé et celle de nos enfants en danger à cause de nos pratiques de consommation, etc. Bref, nous sommes scotchés à l'écran LCD du téléviseur ou de l'ordinateur, mais nous fermons les yeux sur l'état de la planète qui est sous nos pieds.
Toutes ces préoccupations écologiques que les scientifiques ou que des associations environnementales portent à la connaissance de tous depuis des décenies ont trouvé dans l'écologie politique une issue permettant d'apporter des solutions pérennes. En France, après René Dumont et après la création du parti Les Verts en 1984, l'écologie politique a fait son chemin. Des militants différents de ceux des autres partis, des évènements naturels ou industriels alarmants ainsi que la valorisation de la nature par des films ou par des émissions de télévision, tout cela a contribué par exemple au succès électoral des écologistes aux élections européennes de 2009.
Mais depuis trois ans, comment les campagnes d'Europe Ecologie Les Verts ont-elles contribuées à focaliser notre attention collective sur l'avenir de la planète et de l'espèce humaine ? La campagne d'Eva Joly, l'accord PS/EELV pour les législatives ou encore l'accès aux responsabilités parlementaires ou ministérielles de quelques uns a complètement anéanti la mobilisation de milliers de militants et de sympathisants écologistes.
La question reste posée, qu'est-ce qui permettra demain de susciter notre mobilisation pour protéger notre environnement ? Un nouveau film de Yann Arthus-Bertrand ? Une nouvelle émission télé de Nicolas Hulot ? Une nouvelle mobilisation de José Bové ou de GreenPeace ? Un autre Grenelle de l'Environnement ? Des politiques réussies de développement durable engagées par les collectivités locales ? Le respect de nos engagements internationaux signés lors des Sommet de la Terre ? L'écho qu'y donneront les partis politiques dans leurs campagnes ? C'est en tous cas une question que je me pose personnellement aujourd'hui, et qui guidera mon engagement politique à venir.
"La maison brûle et ils regardent ailleurs ..." [Jacques Chirac en 2002 au Sommet de la Terre de Johannesburg].
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13.05.2012
Le modèle allemand pas si vertueux que ça ...
Si tous les observateurs économiques vantent la rigueur Allemande, la puissance de son industrie, l'efficacité de son commerce extérieur et les efforts consentis depuis 20 ans pour la réunification, les réalités locales sont tout autres.
Le site 3Rives3Ufer a publié début mai un article très intéressant sur la solidarité entre régions Allemandes, article qui égratigne la belle image de réussite AAA de nos voisins d'outre-Rhin. On y décrouvre que les régions Allemandes s'appuient sur des mécanismes de péréquation, mais que 4 Länder sur 16 abondent la cagnotte commune, et que la Bavière qui contribue à elle seule pour la moitié de cette péréquation demande à changer le mécanisme ... La réunification a elle aussi mobilisé une solidarité entre les régions de l'Ouest et celles de l'Est, mais les premières réclament désormais d'y mettre fin. Autre exemple incroyable dans la région de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie (NRW) qui votait ce dimanche, seules 8 communes sur 400 ont un budget en équilibre !
Que François Hollande rappelle mardi prochain à Angela Merkel que les réalités Allemandes ne sont pas si exemplaires que ça ... Et les questions de solidarité entre régions au sein de l'Allemagne se posent de la même manière à l'échelle européenne. Un Land Allemand ou un Etat Européen peut-il évoluer seul en s'exonérant de toute solidarité vis-à-vis de ses voisins ?
L'autre difficulté Allemande, c'est sa démographie. Une population vieillissante et moins nombreuse aura à moyen terme plus de dépenses sociales que de recettes économiques ...
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Parti Pirate, la contestation ne s'exprime pas fatalement par le nationalisme.
Le score de Marine Le Pen le 22 avril, ainsi que la perçée du parti nazi l'Aube dorée le 6 mai dernier aux législatives en Grèce semblait accréditer que la contestation populaire s'exprimait principalement au travers de partis nationalistes (cf. Italie, Pays-bas, Autriche, ...). L'électorat de ces partis n'adhère pas à l'idéologie extrêmiste de leurs dirigeants, ils y trouvent surtout un moyen de se faire entendre ...
Election après élection, le Piraten Partei a le vent en poupe. D'abord à Berlin puis dans le Land de Sarre en mars 2012, le Parti Pirate a obtenu 8,2% dans le Land du Schleswig-Holstein le week-end dernier (et 6 sièges). Ce nouveau parti politique se rend désormais incontournable dans les coalitions gouvernementales ! Ce dimanche, c'est désormais dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie, le plus peuplé d'Allemagne que le Parti Pirate compte passer le seuil des 5%.
Ce parti mobilise les jeunes autour de nouvelles formes de vivre ensemble, plus participatives, moins traditionnelles, plus exigeantes sur le plan de la transparence démocratique, et pas du tout impactées par les modèles économiques. La culture numérique y joue un rôle essentiel, mais sans être une fin en soi. On retrouve de nombreuses similitudes avec le mouvement des Anonymous ou encore celui des Indignés. Le printemps Arabe avait lui aussi démarré de la même façon.
C'est donc plutôt une bonne surprise que la contestation des peuples puisse s'exprimer autrement que par des violences urbaines ou par des votes nationalistes. Ces nouveaux élus vont obliger les partis traditionnels à se remettre en cause, autant sur leurs pratiques d'exercice des mandats que sur le fond de leurs politiques publiques !
17:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




