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16/12/2017

2020 - Objectif parité !

Nos collectivités locales et leurs regroupements en Cœur d'Hérault n'échappent pas à un constat national, celui de l'absence des femmes dans les exécutifs locaux. Le Sénat a d'ailleurs engagé un travail parlementaire en vue d'instaurer des règles apportant plus de parité dans les exécutifs locaux en 2020 ; le tirage au sort est même proposé pour désigner les communes de moins de 1000 habitants qui devront avoir un(e) représentant(e) femme ou homme dans leur conseil communautaire.

ellesaussi.jpgAujourd'hui en France, 8% des EPCI ont une femme présidente, et les exécutifs d'EPCI ne comportent que 18% de femmes (très très loin de la parité). 23% des exécutifs intercommunaux sont exclusivement masculins. Le site Web Elles aussi publie des informations très utiles pour mieux apprécier ce déficit de représentation féminine, mais c'est aussi un site militant(e) qu'il faut soutenir.

Femmes_Executifs_Communautaires.jpg

En Cœur d'Hérault, seul le Lodévois-Larzac avait une femme à la tête d'un exécutif intercommunal, jusqu'au décès de Marie-Christine Bousquet ; cet EPCI compte aujourd'hui 6 femmes dans son exécutif (20%), mais il y a aussi sur ce territoire 5 femmes maire de leur commune (21%). Sur la Vallée de l'Hérault, deux femmes sont au bureau de l'EPCI (18%), et 7 femmes y sont maire de leur commune (25%). La lanterne rouge est détenue par le Clermontais où aucune femme ne siège dans l'exécutif communautaire et aucune commune n'a de femme maire.

La loi est un vecteur important pour gagner en parité dans les assemblées d'élus ; ça a été un fait marquant pour la constitution des assemblées départementales, totalement paritaires, mais aussi pour les assemblées municipales des communes de plus de 1000 habitants. Ce premier pas législatif permet ainsi à plus de femmes d'exercer des responsabilités de premier plan, et ainsi de susciter des vocations.

Mais la loi ne fait pas tout, et il faut aussi y mettre de la volonté politique sur nos territoires. Alors 2020 pourrait se distinguer par un peu moins de testostérone dans les mandats exécutifs, et par une vraie représentation de nos populations ; la France comptait 34,5 millions de femmes et 32,4 millions d'hommes à fin 2016 ...

14/12/2017

H2030, l'eau en partage - Un Observatoire de l'eau sur le Coeur d'Hérault est nécessaire !

Comme toutes les Régions, celle d'Occitanie Pyrénées-Méditerranée n'a pas de compétence opérationnelle directe sur la thématique de l'eau, mais la loi NOTRe leur confère un rôle d'animation et de planification dans l'aménagement de leur territoire. Et c'est au travers du SRADDET (schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires) que la Région intervient sur les cycles de l'eau. Le SRADDET a un caractère normatif (il est prescriptif pour tous les documents infra comme les SCoT, les PCAET, ...), et il est intégrateur au sens où il n'est plus la juxtaposition de schémas mais la formalisation d'une politique régionale d'aménagement.

Le SRADDET de la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée est en cours d'élaboration, et l'exécutif régional jalonne sa démarche de concertations publiques. Sur l'eau, la Région déroule son projet H2O30 depuis maintenant un an, avec pour objectif de valider sa Stratégie régionale de gestion durable de la ressource en eau début 2018.

H2030.png

Cet automne, la Région a lancé une étape de concertation, tout le monde pouvant déposer un cahier d'acteur. Il y a 96 cahiers d'acteurs qui ont été remis, émanant de collectivités locales, d'établissements ou d'agences publiques, de chambres d'agriculture, de fédérations professionnelles, etc. Et c'est intéressant de les feuilleter (ils ont un format standard de 4 pages) pour appréhender les positions des uns et des autres sur l'eau.

Personnellement, j'ai déposé un cahier d'acteur pour le Cœur d'Hérault ; je l'ai fait au nom de mon parti politique parce qu'il fallait indiquer une structure porteuse, mais j'aurai préféré que ce soit en collaboration avec l'un des établissements où je siège (commune de Paulhan, communauté de communes du Clermontais, syndicat de développement du Pays Cœur d'Hérault). Je regrette d'ailleurs leur absence dans cette concertation. Et je suis même très étonné que le syndicat mixte du bassin du Fleuve Hérault  (SMBFH) n'ait pas contribué lui non plus ...

Tous les élus (et surtout les usagers) du territoire étaient pourtant mobilisés sur l'enquête publique autorisant le pompage du Syndicat du Bas Languedoc dans la nappe alluviale de l'Hérault à hauteur du complexe touristique de Lavagnac.  Et dans le même cadre local, la Commission Locale de l'Eau (CLE) du Fleuve Hérault devait produire d'ici la fin de l'année 2017 le Plan de Gestion de la Ressource en Eau (PGRE), un document avec des scénarios basés sur les débits d'objectifs d'étiage (DOE) pour partager et affecter les ressources disponibles entre les usages de l'eau et les secteurs géographiques.

Je ne dis pas ici que personne ne fait rien, mais ce sont souvent les mêmes qui sont au four et au moulin. Or, il faut partager les informations et concerter autant que possible. Et c'est pour cela que j'avais demandé au SYDEL du Pays Cœur d'Hérault de constituer un Observatoire de l'eau. Mais je suis têtu ;-)

13/12/2017

L'Auto de Noël du Clermontais, opération de communication qui ne laissera aucune trace dans le tissu économique local ...

Le soutien public au développement économique d'un territoire, ça doit nécessairement partir d'une vision de moyen terme. Quelles filières soutenir ? Quelles orientations ? Quels objectifs mesurables ? Etc. En l'occurrence, je ressasse souvent que la création d'emplois doit être l'un de ces objectifs majeurs sur le Cœur d'Hérault. Or, sur le Clermontais, tout ne se focalise que sur la Salamane, et avec le minimum que ne sache faire un EPCI, à savoir de commercialiser du foncier. Et la CCC vend des lots sur la Salamane, sans cohérence d'ensemble.

Or, ce focus sur les zones d'activité économique détourne les décideurs locaux des équilibres urbains ; les cœurs de ville se vident, et des commerces ferment, avec des emplois supprimés que l'on ne retrouvera pas dans les galeries marchandes en périphérie urbaine, ni en qualité et ni en quantité. Cela concerne malheureusement toute la France.

Mais ce défaut de réflexion stratégique peut-il se satisfaire d'une opération low-cost comme cette « Auto de Noël » financée par la Communauté de communes du Clermontais ? La CCC a attribué 15 000 € aux associations de commerçants Clermont Plein Cœur et l'ACA2P de Paulhan pour lancer une tombola de Noël (chaque commerçant qui vend un ticket 2 € garde 1 €) ; et à la clé pour un heureux gagnant une Opel Corsa Enjoy.

Tombola_Noel_2017_web.jpg

Quel beau message politique que d'offrir une voiture, en même temps que le Clermontais est engagé dans l'élaboration d'un Plan Climat Air-Energie de Territoire (PCAET), c'est à dire de réduire les gaz à effet de serre et de consommer autrement. Parallèlement, le vice-président à l'environnement exhume de temps en temps l'Agenda 21 local du Clermontais, celui-ci ayant pris depuis le début de l'année 2017 un tournant très ambitieux de « territoire en transition », ...

Clermontais_Territoire_en_Transition.jpg

mais en voiture ... de Noël :=(

Avec 15 000 €, la CCC aurait pu demander aux deux associations de commerçants de proposer des lots plus nombreux et destinés à faire découvrir des services ou des magasins du Clermontais (restaurant, épicerie, cave, librairie, bijouterie, ...). Et pour tous les commerçants, c'était une opportunité pour gagner des clients et pour rentrer un peu d'argent ... Par exemple avec 60 bons d'achats de 250 € par gagnant, on peut, en cette période de fêtes, faire un bon repas entre amis au restaurant, s'acheter de bons livres, offrir un bijou, etc. Et tout ça au cœur de nos villes.

La politique locale du commerce est une compétence obligatoire des EPCI depuis la loi NOTRe du 7 août 2015 et la question a été débattue en commission des moyens généraux du 29 novembre. Il en est ressorti que l'intérêt communautaire s'attache à soutenir les associations de commerçants pour mettre en œuvre des actions de rayonnement communautaire, à accompagner les initiatives visant à fédérer les commerçants, les artisans et les prestataires de service du territoire, à se concerter avec les associations de commerçants sur l'équilibre commercial du territoire, à définir et mettre en œuvre la politique de soutien à la modernisation des commerces, à gérer les implantations commerciales dans les parcs d'activités et à gérer la signalétique commerciales sur ces zones. Le cadre proposé il y a plusieurs mois par l'exécutif communautaire était de flécher vers le commerce de cœur de ville une part des recettes fiscales des zones d'activités, à l'image du FISAC.

Gageons que cette « Auto de Noël » n'était pas la meilleure idée de 2017 pour favoriser le commerce local, mais il ne faut pas tomber dans une « politique de guichet » et je fais le voeu que 2018 s'ouvre sur une « politique de projets ».

22:04 Publié dans CCC, Economie | Lien permanent | Commentaires (0)